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LES ANGLAIS PROGRESSENT ENCORE AU [SUD D'YPRES

(Il Juin.)

II faut lire les journaux allemands, (jui suent en ce moment sang et eau pour excuser le pénible événeme t de Messines. Si copieusement fournie que soit leur réserve d'arguties, je ne crois pas qu'ils en aient encore extrait des explications plus cocasses ni plus tirées par les cheveux que celles dont ils nous régalent en ce moment. Rendons-leur cependant cette justice qu'ils ne nous parlent pas, cette fois, de recul volontaire ou de manœuvre préalablement décidée. Bon gré mal gré, ils accusent le coup, mais comme s'il n'avait aucune importance et constituait seulement un de ces incidents de guerre auxquels on ne prête qu'une attention distraite. Ils glissent et n'appuient pas.

Voici, par exemple, la Gazette de Francfort qui déclare avec gravité qu'on n'avait pas à défendre des positions destinées à être anéanties par des explosions de mines. Et ceci s'appelle proprement faire une pétition de principes, car les explosions se sont produites avant l'attaque et au moment où les Allemands s'y attendaient le moins. Elles avaient été préparées dans un si grand secret que rien n'était fait pour les empêcher. On ne les prévoyait donc pas, ou, si l'on soupçonnait un péril quelconque, celui-ci peut s'étendre à toutes les tranchées boches, sans exception.

La même Gazette ajoute, avec une naï-

veté vraiment comique, que les Allemands n'ayant formé contre Ypres aucun noir dessein, le saillant de Messines ne pouvait avoir d'intérêt que pour les Anglais. Mais, bonne Gazette, c'est précisément pour cela que ceux-ci l'ont pris ! Ils y trouvent parfaitement leur compte, de votre aveu même, et doublement encore, puisqu'ils ont ruiné ainsi les derniers espoirs qui pouvaient subsister, dans l'État-maj or impérial, de s'ouvrir la route de Calais.

La Strasburger Post, beaucoup moins ingénue que son confrère des bords du Mein, essaie de nous présenter quelques vessies pour des lanternes. Elle prétend que, comme on veut surtout économiser ici hommes et matériel, « on a renoncé à tenir devant les Anglais, pour reculer sur la corde de l'arc désavantageux formé par les positions allemandes ». Voilà, si j'ose dire, de la géométrie posthume. Mais je ne serais pas fâehé de savoir comment il se fait que la tactique du kronprinz en Champagne et dans le Laonnois soit absolument l'opposite de celle que la Post nous donne comme étant devenue la règle sur le front occidental.

Économiser des hommes et du matériel, Guillaume le jeune n'y pense guère,, lui qui fonce en aveugle, à peu près tous les jours, contre le Chemin des Dames ou le plateau de Laflfaux. Et si la feuille

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

11 JUIN rsuiic)

Front britannique. — Progression anglaise au sud-est de Messines: enlèvement d'un système de tranchées appuyées à la ferme de la Poterie, à 2 kilomètres à l'ouest de Warneton.

Sur mer. — Le transport auxiliaire Annam des Messageries Maritimes est torpillé et coulé dans la mer Ionienne. Dans la msr du Nord, combat d'un chalutier anglais contre 5 hydravions ennemis dont deux sont détruits et les trois autres mis en fuite. Dans la Méditerranée, un torpilleur japonais attaque un sousmarin allemand qui plonge sans qu'on puisse connaître le résultat de l'attaque. Le navire japonais, torpillé, perd 55 hommes, mais parvient à regagner le port.

Les Alsaciens-Lorrains d'Amérique. — Adresse de remerciements à M. Rihot pour ses déclarations à la Chambre des députés et pour l'affirmation si nette et si patriotique, que la paix est imposible sans le retour de i Alsace-Lorraine à la France.

strasbourgeo ise ne nous a pas raconté des histoires, c'est qu'alors une singulière anarchie préside aux décisions suprêmes de l'État-major tudesque, ou bien encore que Hindenburg, malgré toute sa puissance, ne parvient pas à se faire complètement obéir. On peut évidemment choisir entre

En Grèce. — Dans une seconde entrevue avec M.Zaïmis, M.JonnarlJiaul commissaire des puissances protectrices, lui remet une note relative à l'abdication du roi Constantin trop complètement sorti de ses attributions et de son rôle constitutionnel pour qu'il puisse Continuer à régner. M. Zaïmis n'essaye pas de présenter la justification du passé et se déclare personnellement disposé à conseiller au roi dedéférer àl invitation des puissances. M. fonnart ajoute que le roi ne saurait se faire illusion sur le résultat de sa résistance éventuelle et il demande une réponse pour le 12 juin à midi, au plus tard. Le général Regnault, qui commande les forces alliées mises à la disposition du haut commissaire, fait occuper par un détachement l'isthme de Corinthe. En Thessalie, la colonne détachée de l'armée d'Orient par le général Sarrail, entre à Elnssona où elle est accueillie avec enthousiasme par les populations.

ces trois hypothèses ; mais la première me paraît être celle qui a le plus de fondement. Quant à la conclusion de tout ceci, elle est fort claire. La victoire anglaise a produit en Allemagne un émoi considérable, et tel qu'on en vient à dire des sottises pour ne pas le laisser trop voir.

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