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AU NORD DE VERDUN

Les soldats de notre deuxième armée, avec une vaillance inlassable, poursuivent et achèvent peu à peu le rétablissement intégral des anciennes avancées de Verdun. Encore un dernier coup de collier, et il ne restera plus rien aux Allemands de ces crêtes fameuses dont la conquête leur avait coûté tant d'efforts prolongés et sanglants.

Les combats de samedi ont amené nos troupes jusqu'à proximité de la route de Beaumont à Ornes, le long de laquelle se trouvent des sommets qui étaient extrêmement gênants pour les occupants du bois des Fosses. Ces sommets, nous les tenons maintenant, si puissamment fortifiés qu'ils aient été, et nous tenons également tout le

Li-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front occidental. — La canonnade reste très violente sur la rive droite de la Meuse, dans les secteurs de la cote 344 et du bois des Fosses, mais la bataille d'infanterie a cessé.

Quelques coups de main exécutés près de Vauxaillon et dans la région du Casque, en Champagne, nous permettent de détruire des abris allemands et de ramener des prisonniers et des mitrailleuses.

Devant les lignes britanniques, l'activité des troupes de nos alliés est incessante. ■< // est impossible, dit leur communiqué, de rendre compte des nombreux événements qui surviennent tous les jours, en dehors et dans l'intervalle des grandes opérations, mais ces actions de détail imposent souvent de durs combats et exigent de hautes qualités de courage et d'endurance. »

En Russie. — Le général Kornilof relevé de son commandement par M. Keremky, a refusé de se soumettre et marchz sur Petrograd.

Front occidental. — Incursions de nos troupes dans les lignes allemandes en Champagne: l'une au nord-est d Aubérive, l'autre à l'est de la route de Saint-Hilaire à Saint-Souppht : sur ce dernier point nos détachements pénètrent jusqu'à la troisième ligne ennemie et engagent un vif combat au cours duquel la garnison allemande est décimée.

Le capitaine Guynemer est tué dans un combat aérien sur le front des Flandres.

Armée d'Orient. — L'armée Sarrail a commencé dans la région des lacs Prespa et d'Ochrida, à l'ouest de Monastir, une offensive destinée non seulement à dégager Monastir, mais à assurer, dans des conditions stables la liaison avec les troupes italiennes opérant dans l'Albanie du iud. Le village de Pogradec, sur la rive sud-ouest du lac d'Ochrida, a éfé enlevé hier brillamment et nos troupes occupent aujourd' hui des pcsitions à 15 kilomètres au delà.

bois Le Chaume, qui était bondé de mitrailleuses. C'est-à-dire que les positions dominantes passent de notre côté.

Le communiqué allemand . prétendait bien hier que nos attaques avaient été repoussées avec de grandes pertes, mais il prenait soin aussi de se ménager une ]^orte de sortie, en parlant seulement des assauts lancés le 7 au soir, et en ajoutant que, le 8 dès le matin, le combat avait recoriimencé. C'était se réserver la possibilité de dire ultérieurement, si cela devenait nécessaire, que celui-ci avait moins liien tourné.

En effet, il a donné à l'ennemi juelques déboires,, dont sa résistance ! arouche ^ ne 'la point garaiiti. Des contre-

attaques très violentes sont venues ensuite, qui n'ont pas été plus heureuses. Après une lutte fort dure et passablement mouvementée, nous sommes restes maîtres de toutes nos nouvelles positions. Quant aux pertes subies par les Allemands, elles sont grandes, si l'on en juge par le nombre des cadavres repérés en avant du bois des Fosses. Il faut y ajouter encore environ 800 prisonniers, dontune vingtaine d'officiers. Ainsi s'achève peu à peti, avec une méthode très vigoureuse et très sûre, le dégagement de notre grande forteresse. Bientôt la gigantesque entreprise de Verdun passera à l'état de souvenir : un souvenir mêlé d'irréparables regrets.

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