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ÊTRE MENACÉE D'UN DÉBARQUEMENT ENNEMI

Nous possédons aujourd'hui sur la retraite de Livonie quelques renseignements, dont on peut déduire que les arrière-gardes russes opposent à la cavalerie de poursuite une certaine résistance. Et le ton même des communiqués allemands semble indiquer que, à part quelques grosses pièces prises à Dunamunde, le général von Hutier n'a récolté , qu'un assez médiocre butin.

Au reste, son rôle devient assez compliqué. Celui-ci comporte à la fois la destruction totale ou partielle des forces russes — ce-qui serait l'affaire principale — ■et la conquête du littoral dont les Allemands espèrent tirer un grand parti.

D'où l'obligation de se scinder au moins en deux colonnes, dont l'une est engagée

à la suite de l'ennemi sur la route de Pskow^ dont l'autre remonte vers le nord en suivant la côte. Cette dernière aurait atteint avant-hier le petit port d'Espar.

Mait il faut aussi surveiller Dwinsk, et déborder, si possible, la ville, afin de contraindre ses défenseurs à la retraite. D'où une troisième fragmentation, qui réduit sensiblement la masse centrale. Si les Russes étaient en état d'arrêter celle-ci devant le massif relativement accidenté dont le relief coupe la route de Petrograd, les deux autres seraient contraintes, elles aussi, de stopper, sinon définitivement, au moins pour un temps indéterminé.

Mais tout cela est soumis à des aléas que l'on devine, et une égale incertitude règne sur les événements maritimes, qui

U-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Verdun. — Attaque française sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur: bois des Fosses, bois des Caurières. Malgré la résistance acharnée de l'ennemi, nos troupes élargissent leurs positions au nord du bois des Fosses, emportent le bois Le Chaume en entier et occupent la ligne de crête qui domine le bois des Caurières. 15 officiers et 800 hommes restent entre leurs mains.

Région de Riga. — Les troupes russes qui se replient dans la direction de Wenden semblent se ressaisir et contiennent la poussée de l'ennemi. Il est d'ailleurs hors de doute quelles sont supérieures en nombre aux forces de la 8® armée allemande et que, par conséquent, leur capacité de résistance ne dépend que de leur état moral.

Afrique orientale. — Défaite des Allemands à Mpondas à 83 milles au sud de Mahingue . Les colonnes anglo'belges continuent leur avance combinée.

Verdun. — Vifs combats, au cours de la nuit, devant nos nouvelles positions du bois des Fosses, du bois Le Chaume et du bois des Caurières: les Allemands font Ae grands efforts pour reprendre le terrain perdu dans la journée d'hier et, sur certains points, nos troupes ont à repousser jusqu'à 5 assauts successifs.

Une autre action violente se déroule dans l'aprèsmidi sur les pentes de la cote 344, à l'est de Samogneux : l'ennemi n'est pas plus heureux et doit rcggner ses lignes après quelques succès passagers.

L'Allemagne et l'Argentine. — Le département des Affaires étrangères des Etats-Unis dévoile le rôle joué à Buenos-Ayres par M. de Luxbourg, ministre d'Allemagne, qui conseillait à son gouvernement de couler les navires argentins « sans laisser de traces » et qui se servait de la Légation suédoise four faire paster s:s téL'gramrres, également sir.s laitszr de traces.

peuvent à l'occasion modifier grandement la situation. On nous dit bien que la flotte russe garde l'entrée du golfe •de Riga et est prête à accepter la bataille. Il n'en est pas moins vrai que des sousmarins ont forcé cette garde et sont allés bombarder la côte sur trois points différents. Ne s'agit-il pas là d'une reconnaissance préalable, préludant à quelque essai de débarquement, du côté de Pernow, par •exemple, où les zeppelins sont allés faire incursion ? Et, si le coup réussissait, ne s'empresserait-on pas, comme l'insinue le correspondant du Daily News à Petrograd, d'en tenter un autre dans le golfe de Finlande, afin de combiner deux mouvements convergents vers la capitale?

Au cas où les Allemands voudraient réellement obtenir un résultat de conséquence avant la mauvaise saison, ils n'auraient pas à hésiter uninstant devant un semblable parti, et peut-être l'ont-ils pris déjà.

La flotte, comme l'armée, va donc avoir probablement un grand rôle à jouer. On sait malheureusement qu'elle est également intoxiquée par le virus anarchique. Mais, à l'heure tragique qu'elle traverse, la Russie, si elle veut survivre, n'a plus à barguigner. Elle se doit à elle-même, elle doit aux nations qui lui ont fait confiance, de se débarrasser sans pitié des lâches, des fuyards et des traîtres. Il paraît que son organisme militaire contient encore des éléments sains qui demeurent prêts à faire leur devoir. Qu'on les débarrasse de la honteuse promiscuité des autres. Une poignée de botis soldats vaudra toujours mieux que la tourbe impuissante des révoltés ou des capons. Et, au moins, si ceux-là doivent succomber, la douleur leur aura été épargnée de se sacrifier pour que puissent palabrer à leur aise, dans le calme de l'arrière, les responsables de tant d'ignominieuses défections.

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