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LA QUESTION DE LA BALTIQUE

Tandis qu'à part des luttes d'artillerie plus ou moins vives, l'accalmie persiste sur la plupart des fronts, elle vient de se rompre, à l'est d'Ypres, devant les positions de nos amis anglais. Cette nouvelle attaque paraît avoir heureusement débuté, et les dernières nouvelles nous apprennent qu'elle se poursuit dans des conditions avantageuses. Les troupes britanniques nous ont habitués à compter sur elles en toute occasion.

Revenons maintenant aux anciennes affaires. L'arrêt à peu près complet que von Eichhorn a imposé à ses troupes, après la prise de Riga, semble avoir quelque peu impressionné l'opinion allemande. Sans doute, les bons junkers berlinois rêvaient-ils déjà d'une entrée à grand orchestre dans Petrograd et d'une paix qu'auraient signée immédiatement les Russes épouvantés. Or,

il n'est plus question ni de l'une ni de l'autre, et à ces imaginations alléchantes succède une stagnation qui même s'agrémente de quelques reculs.

Un journal d'outre-Rhin s'est donc misen devoir d'expliquer comment les choses avaient pris cette tournure, et il l'a fait, je dois le dire, avec une certaine franchise. « Nous ne pouvons pas, écrit-il, allonger de 500 kilomètres notre ligne de communication. » C'est précisément ce que j'avais indiqué ici même. Seulement, il n'est toujours question, dans l'article précité, que de la voie de terre, et on nous laisse entendre que, sur mer, les mêmes inconvénients n'existent pas.

Le danger, de ce côté, est donc très réel. On sait en quel piteux état est la flotte de la Baltique, et M. Kerensky, dans un de ses derniers manifestes, s'est chargé lui-

Lt-COLONEL ROUSSET

même de le signaler, quand il a adjuré les équipages de rentrer dans l'ordre et dans la discipline. Mais ces équipages entendront-ils sa voix, et la stricte prudence ne lui commanderait-elle pas de tenir en réserve quelque autre remède plus immé-

Elle est contrainte de renoncer aux actions conquérantes pour se tenir uniquement sur la défensive, et, en somme, la Baltique est le seul champ encore ouvert à ses desseins. Peut-on croire que, dans un moment ou dans un autre.

(Cl. Section phot. de l'Arinte.)

Façade d'un château, en Belgique reconquise.

diat et plus ejfïicace, au cas où celui-ci ne réussirait pas?

Il ne faut pas se dissimuler que la situation maritime est très préoccupante. C'est même la seule qui le soit réellement, car, partout ailleurs, la coalition germanique donne des signes manifestes d'affaiblissement et de lassitude. Elle ne peut plus nulle part diriger la lutte à son gré.

elle ne songera pas à l'exploiter.

C'est, je crois, une erreur de n'avoir pas forcé, par quelque moyen, la flotte allemande à sortir de son inertie pusillanime. Elle y gagne de pouvoir maintenant, s'il lui plaît, chercher des succès faciles, et qui ne seraient point sans profits étant donné la valeur intrinsèque des navires russes. Nous voulons croire que, même à l'heure actuelle, il n'est pas impossible de la paralyser.

U-COLONEL ROUSSET

Pendant un bombardement, sur la route de Menin.

(Cl. Roi.)

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