A L'EST D'YPRES
L'attaqvie exécutée hier par nos alliés britanniques a été covironnée d'un plein succès. Elle les a rendus maîtres des positions extrêmement fortes que les Allemands occupaient encore entre Menin et Roulers, depuis le nord de Langemarck jusqu'au sud d'Hollebeke. Elle élargit donc très sensiblement les avantages obtenus le mois dernier . Au nord de Lille s'accuse une progression qui va peut-être devenir gênante pour- l'ennemi.
Celui-ci, naturellement, a réagi avec force au cours de la journée d'hier, mais, malgré de lourds sacrilîces, il n'a pu reprendre un seul des points d'appui perdus. A peine ses troupes se mettaient-elles en formation de combat, qu'elles étaient prises de plein fouet et d'écharpe par des feux de toute nature, que réglait une aviation vigilante, et décimées avant d'avoir achevé leur déploiement. Rebutées par ces efforts inutiles, elles ont fini, la nuit venant, par se tenir tranquilles et procéder à des reconstitutions dont elles paraissaient avoir grand besoin.
Un sort pareil a atteint les soldats du kronprinz, qui ont esquissé sans plus de succès quelques assauts sur le Chemin des Dames, au sud-est de Cerny, et en Champagne, contre le mont Haut. Je ne parle pas des escarmouches sans importance qui
n'ont pas manqué de divers côtés. Il de»vient évident que la capacité offensive de l'ennemi a diminué partout dans des proportions très sensibles et que le concoursprêté par les éléments dits d'assaut nesuffit pas à donner le cran nécessaire à des unités composées d'hommes ou trop jeunes ou trop vieux.
On a pu voir, hier, dans quelle proportion les dernières classes étaient jetées au feu avant d'avoir pu suffisamment s'aguerrir par un entraînement progressif. On a appris également combien était rapide l'usure des pièces allemandes,, obligées de répondre à une artillerie trèssupérieure en nombre, en portée et eri justesse. Tout cela réalise un ensemble deconditions qui justifie l'inquiétude avec laquelle l'État-major ennemi voit venir les attaques anglaises, toujours si soigneusement préparées et menées avec une sivigoureuse énergie. Les petits ruisseaux, font les grandes rivières. A force d'échancrer les lignes adverses et de creuser à. leurs deux extrémités des brèches de plus en. plus larges, les alliés finiront bien, je pense, par en rompre le centre, surtout s'ils semettent à frapper avec une sorte de cadence des coups qui se répondent régulièrement.
Je ne cesserai de le répéter, parce quer
U-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Dans les Flardres. — Nouvzau combat autour a; Tower-Hamlet et des points d'appui voisins enlevés hier par les troupes britanniques: l'ennemi qui a amené d'importants renforts de troupes fraîches attaque avec violence à trois reprises différentes et parvient à reprendre quelques éléments avancés.
En Champagne. — Echec d'une tentative allemande sur nos positions entre Maisons-de-Chcanpagne et la main de Massiges.
Verdun. — Le roi Albert de Belgique passe en revue l'armée du général Guillaumat. Le président de la République, le général Pétain, le général Fayolle, commandant le groupe d'armées du Centre, accompagnent le souverain.
Le président de la République remet la médaille militaire au général de Castelnau.
Athènes. — Arrivée d'une mission militaire française, dirigée par le général Braquet.
de la connaissance de l'ennemi dépend la façon de le combattre, la coalition germanique accuse en ce moment une inertie dont nous sommes en droit de conclure
Dans les Flandres. — Échec d'une attaque lancée par les troupes d'assaut allemandes au nord-est de Langemarck. Les régiments de fusiliers anglais infligera de grosses pertes aux assaillants.
Procédés allemands. — Le secrétaire de la légation américaine à Bucarest révèle, dans un rapport officiel, qu'avant la déclaration de guerre de la Roumanie à l'Autriche, le personnel de la légation allemande, violant toutes les règles de la neutralité et les obligations des missions diplomatiques, avait introduit à Bucarest des quantités considérables de puissants explosifs et des caisses de bacilles de l'anthrax et de la morve. Après la déclaration de guerre de la Roumanie et quand l'Amérique se fût chargée des intérêts allemands, ces explosifs et ces caisses restèrent cachés à la légation allemande sans que bien, entendu, l'Amérique pût soupçonner le honteux abus qu'on faisait de sa protection.
qu'elle est touchée dans ses œuvres vives. Il est donc possible d'entrevoir l'heure où, agissant avec toutes nos forces réunies, nous arriverons à l'achever.