NOUS REPOUSSONS UNE VIOLENTE ATTAQUE AU NORD DE SOISSONS
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Les Allemands s'obstinent dans des attaques stériles avec l'entêtement qui est le propre de leurs têtes carrées. Tantôt en Champagne, tantôt sur le plateau de Laffaux, tantôt sur le Chemin des Dames, tantôt aussi sur le front anglais, ils foncent brutalement, aveuglément, presque stupidement, dirai-je, quand ils nous croient suffisamment désagrégés par le feu de leurs canons. Et toujours ils se heurtent
Juin.)
à une barrière inflexible, dont c'est à peine s'ils peuvent parfois écorner quelques légei's morceaux.
J'avoue que cet emploi simpliste du coup droit indéfiniment répété dépasse mon entendement, car, fiît-il couronné de quelques succès partiels, il ne donnerait jamais que des résultats médiocres dans l'ensemble. Toutefois, comme ce n'est point notre afl'aire de corriger les erreurs
Carte du mont des Singes, secteur de Vauxaillon.
Li-COLONEL ROUSSET
adverses, mais plutôt d'en profiter, je nie contenterai d'en signaler les conséquences actuelles, lesquelles ne sont point pour nous mécontenter.
Donc, au mont Cornillet comme devant la ferme de la Royère, les assauts du kronprinz ont été complètement brisés. Celui qui était mené contre nos positions du plateau de I>alïaux a eu un sort moins complètement malheureux, puisqu'il nous a fait perdre momentanément, à l'est de Vauxaillon, quelques éléments de tranchées avancées. On sait que cela arrive de temps en temps, et que l'aventure ne tire guère à conséquence. On sait également que, très souvent, elle n'a que des résultats passagers, ce qui s'est produit encore cette fois-ci.
Sur le front anglais, l'autre kronprinz a également subi certaines déceptions assez amères. D'abord, les Anglais lui ont enlevé tout ce qu'il avait pris, le i8, sur les pentes orientales de 1' « Infantry-Hill ».
Ensuite, les quatre attaques successivement lancées par lui contre les positions que nos alliés avaient récemment con-
quises au nord de la Souchcz ont été repoussées avec de fort grandes pertes. Mais quel contraste entre ces efforts perpétuels et sanglants que prodigue l'Ëtat-major allemand pour recouvrer le terrain perdu, et les papiers pleins d'obscurités ou de réticences par lesquels il s'eiforce de persuader l'univers que ce terrain était sans importance et sans valeur !
Bonnes nouvelles d'Italie. Le général Cadorna, devançant les Autrichiens qui, dans le Trentin, faisaient mine de s'agiter, leur a infligé, sur le plateau d'Asiago, une verte leçon. Bien que les difficultés de terrain aient été considérables, et que la résistance de l'ennemi eût rendu la lutte fort sévère, la ^2^ division italienne qui, plus heureuse que les nôtres, peut bénéficier d'une glorieuse publicité, a non seulement bouleversé les lignes ennemies, mais sensiblement avancé sur le mont Ortigara, en cueillant, chemin faisant, 936 prisonniers, dont 74 officiers. Fait intéressant, les avions, agissant en masses, l'ont puissamment aidée. N'en soyons point surpris, mais plutôt un peu jaloux.