LES GRENADIERS DE CHAMPAGNE
(23 Juin.)
La série continue. Je veux dire que les Allemands du kronprinz répètent avec line fureur sauvage, et véritablement irraisonnée, leurs attaques contre notre front de
Champagne et du Laonnois. S'agit-il, comme certains semblent le croire, du grand effort qui, à défaut de la guerre sous-marine en état de demi-faillite, doit,
uM
^rfi
HHé^
(Cl. Secti >
n phot. de 1" Armée.)
Le général Sarrait, M. Jonnart et M. Venizelos reçus à Athènes,
Lt'COLONEL ROUSSET
Rapatriés attendant le convoi
jLes Allemands, chassés de nos villages qu'ils occupaient, depuis bientôt trois ans, o> assouvi leur rage sur les inoffensives habitations de ceux]^qu'ils avaient opprimé Non contents de martyriser le sol, de voler tout ce qui se pouvait emporter, ces barban ont, en maints endroits, détruit jusqu'à la plus humble chaumière. Mais qu'impôt cette dernière douleur aux Français rendus enfin à la patrie. Ils ont supporté l'escl
î doit les conduire à l'arrière.
^gesans perdre l'espérance : ils savent que les foyers de leurs frères s'ouvriront tout -ands devant eux ; ils attendent patiemment le convoi qui doit les y transporter, et, \>ec eux, le mince bagage de ce qu'ils ont pu sauver, reliques sacrées de la maison faiîiale anéantie. La Joie de la libération sèche les larmes versées sur ce qui n'est plus, , le cœur raffermi, nos rapatriés vont se réchauffer au sein maternel de la France. — —
d'après les calculs présumés d'Hindenburg, nous mettre définitivement en posture de vaincus? Je l'ignore. Mais ce que je sais bien, et ce dont tout le monde peut se rendre compte, c'est que, dans ce cas, l'ennemi préluderait de la façon la plus singulière, et la moins sensée, à ses vastes desseins.
Ce serait, en effet, la première fois que, pour enfoncer une muraille qui résiste, et rompre l'ordonnance des forces opposées, on procéderait, non point par une attaque centrale, ou une attaque d'aile, ou même par la combinaison des deux, mais bien par une série de coups de massue incohérents et épars. Tous les points importants de notre ligne sont successivement assaillis par des masses plus ou moins épaisses, mais opérant séparément. Et le dénouement est toujours le même, encore que le drame comporte parfois quelques variations. Il accuse chez l'ennemi une impuissance formelle à vaincre notre résistance et à triompher de notre ténacité. Quand je dis nous, je parle, bien entendu, également des Anglais.
Et alors, à quoi cela mène-t-il? A faire tuer du monde sans doute, plus encore du côté de l'agresseur que de l'autre ; mais quant à entamer la brèche par laquelle on aurait le désir de passer, il ne saurait en être question. Des divisions amenées de
Russie viennent successivement combler les vides, c'est vrai. I.e tout est de savoir combien ce petit jeu pourra durer, car un jour viendra peut-être où, sur le front oriental, les discours feront place à des actes, — du moins on ne cesse de le promettre, et nous l'espérons. — Or, ce jourlà, Allemands et Autrichiens, cjui se gardent bien en ce moment dé réveiller le chat qui dort, pourraient fort bien être moi'dus par lui.
Quant à nos soldats, ils ont une façon héroïque de montrer combien sont mal fondées certaines rumeurs insidieuses que nos ennemis devraient être les derniers à accueilUr, puisqu'ils se chargent euxmêmes de les répandre, l^es leçons quotidiennes que ces derniers reçoivent infligent lé plus glorieux démenti à tous les misérables agents boches qui se font les colporteurs patentés des idées de défaillance. Etaient-ils donc atteints de neurasthénie, ces grenadiers magnifiques, et toujours malheureusement anonymes, qui, après avoir repoussé l'attaque en Champagne, chassèrent les Allemands jusqu'au delà de leurs tranchées de départ et les occupèrent sans sourciller ?
Non ! nos soldats n'ont point cessé d'être ceux de Vei-dun et de la Somme. Que cela soit dit une fois pour toutes, à l'adresse des trembleurs et des gens de peu de foi.
(Cl. Chusseau-Flaviens.)
Cuisine anglaise pour le ravitaillement des premières lignes.
Lt-COLONEL ROUSSET