LA BATAILLE EN FRANCE ET EN ITALIE
(27 Octobre.)
Notre victoire de l'Aisne s'est encore, comme on l'a vu, élargie dans la journée de jeudi, au point de mettre en posture fort difficile les Allemands, rejetés dans la vallée de l'Ailette, que les dernières pluies ont transformée en un véritable bourbier. Nous touchons, d'une part, à la voie ferrée de Soissons à Laon par la forêt de Pinon, de l'autre au canal de l'Aisne à l'Oise. La ligne de défense ennemie est définitivement rompue à Vauxaillon, point de charnière, si bien que la moindre trouée consécutive peut rendre la situation de Laon fort précaire.
Tout cela en dehors du butin considérable que nous avons conquis.
C'est donc sans exagération aucune que la Gazette de Francfort a pu qualifier le fait de douloureux. Il doit l'être, en effet, pour l'ennemi, tant par lui-même que par ses conséquences présumables. Il l'est encore par le prestige supérieur qu'il confère au commandement français et à nos incomparables soldats. Enfin, on se rend compte qu'il sera exploité j usqu'au bout.
Ceux-ci montrent une ardeur infatigable, aussi bien dans la défense que dans l'attaque. En Belgique, comme devant
Ferme de la Malmaison située à proximité da fort.
(CI. Roi.)
Li-COLONEL ROUSSET
En Italie, devant la menac
A travers les plaines du Frionl, l'armée italienne bat en 'retraite. Les habitants d villages menacés se sont joints aux soldats. Femmes, vieillards, enfants se pressent t
ceie Poccupation allemande
ilieu. des canons. Les scènes lamentables des exodes belge, français, serbe et roumain renouvellent sous un autre ciel. Mais, là encore, l'invasion ne sera pas la victoire.
LtXOLONEL ROUSSET
Verdun, ils repoussent tous les assauts qu'on leur livre, et, quand le moment est venu d'aller à la rescousse, ils le font avec un brio incomparable. Hier matin vendredi, ayant de l'eau jusqu'aux épaules, ils refoulaient encore l'ennemi, de concert avec nos vaillants alliés anglais, à l'est, au nord-est et au nord d'Ypres. Ces offensives conjuguées procèdent d'une méthode sûre et d'une technique irréprochable. Je n'en dirai pas autant de celles, si parfaitement décousues et sporadiques, qui ont, au cours de ces derniers mois, ca-
ractérisé la manière des deux kronprinz.
Mais peut-être que la coalition espère prendre en Italie la revanche des déboires éprouvés sur notre front. Elle a, comme je l'annonçais hier, attaqué, avec des forces, combinées, les troupes du général Cadorna sur les crêtes qui dominent la rive gauche de l'Isonzo, et il est vrai que, sous la puissancedu premier choc, les Austro-Allemands ont remporté un succès en obligeant nos vaillants alliés à évacuer le plateau de Bainsizza.