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L'ENNEMI VA REAGIR

(26 Octobre.)

Nos troupes, après s'être emparées de la crête qui s'étend de la pointe de Vauxaillon à celle de Chavignon, entre la voie ferrée de Soissons à Laon et le canal de l'Oise à l'Aisne, ont conquis la forêt de Pinon, le village de Pargny-Filain et d'importantes positions, et accentuent leur avance dans la plaine plus ou moins mamelonnée de Laon.

C'est, pour les Allemands, une perte à peu près irréparable, dont ils conviennent

avec déplaisir, mais qu'ils ne se sont pas sentis en état de corriger. Les dures leçons reçues en Flandre, où un huitième assaut contre la forêt d'Houthulst vient encore d'être repoussé, celles qui ne leur sont point ménagées ailleurs, les ont invités à la prudence, et ils jugent sainement que ce serait une opération mauvaise d'ajouter inutilement de nouveaux sacrifices à ceux qui déjà se chiffrent par l'abandon de plus de II 000 prisonniers, et d'au moins une

Tanks français en réserve, attendant le signal de l'attaque.

(Cl . B ranger.)

Ll-COLONEL ROUSSET

centaine de canons, des mitrailleuses, des mortiers, etc.

Le communiqué d'hier citait le fort de la Malmaison parmi les points d'appui occupés. C'en est un, en effet, mais sur la valeur duquel il convient de ne point se méprendre, car il n'est en aucune manière comparable, par exemple, aux forts de Douaumont ou de Vaux appartenant au camp retranché de Verdun. L'ouvrage de la Malmaison faisait autrefois partie du système défensif de la place de Laon, considéré comme inopérant dès le début de la guerre. Mais, depuis longtemps, il n'existait plus que de nom, car en 1887, si j 'ai bonne mémoire, il avait servi de champ d'expériences aux nouveaux explosifs, qui, en le réduisant à l'état de ruines, avaient ouvert la voie aux cuirassements et autres systèmes défensifs. Les Allemands ont donc

pu utiliser tant bien que mal ses ruines presque informes, dont la situation restait quand même avantageuse. Mais il ne constituait à aucun degré un ouvrage permanent. Il a d'ailleurs été largement dépassé par nos troupes.

Tandis qu'en France les Allemands sont refoulés de cette façon vigoureuse, ils ont trouvé le moyen, grâce à l'inertie à peu près absolue du front russe, de donner, en Italie, un coup d'épaule aux Autrichiens dans l'embarras. Des troupes, dont nous ne connaissons pas l'importance, et surtout sans doute, de nombreux canons, ont traversé l'Europe centrale pour gagner les pentes abruptes du Carso, où une grande attaque a eu lieu. On veut à tout prix écarter le danger qui, depuis les derniers succès de nos alliés, menace Trieste ou Laybach, peut-être même les deux.

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