LES CHEFS DU BOLCHEVISME
Ilianof Lénine.
Braunstein dit Trotzky.
près, conservé toutes leurs récentes conquêtes.
Cependant, son offensive était montée suivant la formule des grands coups, et avec des effectifs dépassant cinq divisions. Elle affectait deux directions convergentes, l'une allant du nord au sud, l'autre de l'est à l'ouest, tout comme à Sadowa, bien qu'en petit. Ces gens-là sont fidèles aux principes, même quand ils sont mauvais, et c'en est un détestable que celui qui prescrit la concentration sur le champ de bataille même. Le général de Marwitz doit en être aujourd'hui convaincu, puisqu'il n'a pas pu, malgré de lourdes pertes, boucher la brèche
bien. Les garder malgré de furieux assauts, c'est extrêmement louable. On me permettra de dire, cependant, que ce n'est pas suffisant pour amener le dénouement, à moins qu'on ne se résigne à attendre celui-ci jusqu'à ce que nos poilus de la classe ig aient tous des cheveux blancs. Tl faut donc faire autre chose, et cette autre chose est d'en finir avec les actions localep, éparses, distinctes, à objectifs plus ou moins limités, pour revenir à la méthode napoléonienne, qui vise uniquement à la concentration des efforts.
« La défaite de l'Allemagne, écrit à ce sujet la New-York Tribune, que je cite intégralement en forme de conclusion.
Lt-COLONEL ROUSSET
sera sérieusement retardée si l'on ne cherche pas à réaliser l'unité de commandement dans toutes les directions et la concentration des ressources sur un seul front... Il s'agit de réaliser la mise en commun de toutes les forces de l'Entente et la subordination des plans de campagne particuliers au plan général de la coalition. Une alliance qui n'a pu sauver la Belgique, la Russie, la Serbie et la Roumanie n'a sûrement pas besoin d'autres exemples, pour illustrer la faiblesse de sa stratégie et de sa diplomatie. »
Ah ! certes, la leçon que nous donne
là notre confrère américain est sévère ; mais qui oserait dire qu'elle n'est pas méritée? Sur l'immense front qui s'étend de la mer du Nord à la mer Egée, un point seul est actuellement animé, tandis que le calme, comme disent les communiqués, s'étend à tout le reste. Vraiment, la conférence des alliés n'aurait été qu'une inutile palabre, si elle ne coordonnait pas mieux les opérations futures, et si elle négligeait d'y associer un élément de première importance qui pourrait fort utilement intervenir à Salonique. Je veux parler du Japon.