‹ La Guerre au jour le jourChapitre 193 sur 360 · ILS SONT PRESSES · texte numérisé non relu

ILS SONT PRESSES

(7 Décembre.)

Une nouvelle offensive s'est produite en Italie, sur le plateau des Sette Comuni. Elle n'a rien qui nous surprenne. Lénine et Troztky fournissant aux Austro-Allemands le moyen de réparer leurs pertes, ceux-ci devaient en profiter pour remettre en chantier le travail inachevé. Et ce travail consiste à déborder, par la plaine de Bassano, les défenses jusqu'ici inviolées du monte Grappa, qui barrent l'espace compris entre la Piave et la Brenta.

Cependant, cette fois encore, l'affaire a manqué, comme on peut s'en convaincre en lisant, dans le communiqué autrichien, ces mots qui ne claironnent guère : « Les troupes du maréchal von Conrad ont pris quelques positions des hauteurs. » Je pense bien que ce n'est point pour un résultat aussi minime que l'ennemi avait dessiné une double offensive, faite pour obtenir l'enveloppement global au moyen d'un enveloppement particulier. Car c'est là le fin du fin de la tactique allemande. Sans se préoccuper des contingences, elle cherche d'abord, et quelle que soit la situation, à tourner un des flancs de l'adversaire. Dans le cas présent, les bolcheviks se chargent de lui procurer la supériorité numérique dont elle a besoin pour cela.

Donc, mardi, après une préparation d'artillerie congruente, deux attaques ont

été lancées simultanément, l'une frontale, dans la direction de Foza, l'autre latérale et débordante, le long de la route qui mène d'Asiago à Borgo. Seule, la' première a donné quelques profits, et encore assez maigres, les Italiens s'étant repliés au sud des monts Tondarecar et Bardenecche, mais n'ayant point été débusqués du plateau. La seconde est venue se heurter, an sud de Gallio, contre le mont Sisemol, où elle a été brisée net. Renouvelée le lendemain, elle a eu plus de succès, puisque le Meletta di Gallio a été tourné par l'ennemi. Néanmoins, on s'explique parfaitement le ton modeste du bulletin autrichien, d'autant plus que les pertes subies par les assaillants ne sont point à négliger.

Cet essai de forcement avait eu, d'autre part, son complément naturel. Tandis qu'il s'effectuait au nord, Boroevic en dessinait un autre à Zenzon, sur la Piave moyenne, qu'il essayait de forcer. Nous somjnes assez mal renseignés sur l'issue de cette affaire. Toutefois, la destruction de cinq passerelles par le canon des Italiens semble indiquer qu'elle n'a pas eu beaucoup de gravité.

Mais il est peu probable que l'ennemi s'en tienne là. Il est visiblement pressé d'en finir avant l'entrée en scène des Américains, qu'il redoute infiniment mal-

Lt-COLONEL ROUSSET

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