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POUR NOS SOLDATS

(8 Décembre.)

L'hiver est commencé, et il a déjà donné des journées rudes. C'est le quatrième que nos soldats passent dans les tranchées, il ne faut pas l'oublier. Le devoir qui s'impose à nous tous, ceux de l'avant, ceux de l'arrière, ceux qui sont par état les dispensateurs de tous les objets utiles et nécessaires, est de ne rien négliger pour donner à nos braves le maximum de bien-être que comporte l'état de guerre, avec la consolation de savoir que rien de ce qui les touche ne nous laisse indifférents.

.Toutes les précautions ont été prises par le service central en vue de constituer les approvisionnements d'effets d'hiver.

Il y a de tout dans les magasins, vêtements de laine, galoches et chaussons, voire même vêtements imperméables dont ont tant besoin ceux qui piétinent, la nuit, sous la pluie. Il y a des braseros de tranchées, comme il y a des mortiers de tranchées,

et les matériaux destinés à la confection de gourbis confortables pour les troupes de seconde ligne ne manquent pas. Il y a de tout, en un mot, et cependant, certains secteurs sont encore si mal servis qu'ils réclament les objets les plus essentiels.

Le fait est rare, je m'empresse de le reconnaître, mais eût-il un seul exemplaire que ce serait déjà trop. Tous nos soldats ont droit à la même sollicitude, et il faut que partout ils trouvent, à moins de quelqu'une de ces circonstances exceptionnelles et passagères auxquelles personne ne peut rien, un habitat suffisant, une nourriture saine et des garanties contre les morsures du froid. C'est au commandement d'y pourvoir, et je suis assuré que s'il y a eu quelque part négligence, il saura la redresser et en éviter le retour.

Une autre question se présente, qui résulte uniquement du peu de clarté des

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Rive droite de la Meuse. — Echec d'un coup de main sérieux tenté par les Allemands au nord de Beaumont : l'ennemi laisse entre nos mains des prisonniers et une mitrailleuse .

Front d'Italie. — Les nouvelles positions tenues par nos alliés sur le plateau d'Asiago, à la suite de l'évacuation du massif des Meletta, s'appuient au mont Melazo et au col d'Asiago.

Entre la Brerita et la PiaVe, les Italiens occupent le col Moschin, le col de la Berretta, le mont Grappa.

A leur droite, les troupes françaises du général- Duchêne sont accrochées aux pentes du Mont Tomba, dont l'ennemi tient le sommet, et font un crochet au sud-est, le long de la Piave, pour se raccorder aux troupes britanniques installées sur le Montello, long éperon dressé dans la plaine et dominant le cours de la Piave. L'altitude magnifique de nos soldats d'Italie frappe tous les correspondants de guerre.

Prise de Jérusalem . — Le général Allenby annonce qu'après avoir pttaqué le 5 décembre, les positions ennemies au sud et à l'ouest de la ville, il a pu s'établir sur les routes de Jérusalem à Jéricho et à Naplouse. La ville sainte s'est trouvée ainsi isolée et les Turcs l'ont évacuée en se retirant vers le nord-est. L'événement a été quelque peu retardé par suite des précautions prises pour éviter tout dégât, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de la cité.

« La prise de Jérusalem, dit Le Temps, termine la campagne de Palestine, dont le but est atteint. La campagne de Syrie va commencer. »

Finlande — Le Sénat finlandais fait remettre au gouvernement français une déclaration dans laquelle « se fondant sur les généreuses assurances de la France au sujet du droit des petits peuples à la souveraineté nationale, il demande au gouvernement de la République de reconnaître la République finlandaise.

décisions ministérielles et des interprétations diverses qui leur sont données çà et là. C'est celle de l'indemnité de tranchée. J'ai sous les yeux une note, signée d'un commandant d'armée, qui exclut de son bénéfice « les unités de ravitaillement (échelons de batteries, sections de munitions, trains de combat et trains régimentaires) qui ne viennent dans la zone favorisée {sic) que pour y effectuer un travail momentané ». Mais ce travail n'est-il pas, pour ces unités,, extrêmement pénible et dangereux? Et quand des conducteurs rivés à leurs chevaux pendant des nuits entières viennent, sous les marmites, convoyer au front des munitions ou des vivres, n'ont-ils pas droit à la même allocation que ceux auxquels ils apportent le viatique et les moyens de subsister? Vraiment, l'anomalie est choquante, et j'en appelle à l'esprit si juste et si net de M. le ministre de la Guerre pour la faire cesser, comme aussi pour allouer l'indemnité de tranchée aux sol-

dats de Salonique qui, j'ignore pourquoi, ne la touchent pas.

Autre chose encore. Voici un sous-lieutenant, père de famille, qui, blessé ou malade, est évacué à l'intérieur, puis envoyé après guérison à son dépôt. On lui alloue généreusement 240 francs par mois pour vivre lui et sa nichée, sans aucun supplément. J'en sais qui en sont réduits à ne manger qu'une fois par jour, et quelle pitance ! L'indemnité de vie chère, dont on n'est guère chiche, et avec raison, ne pourrait-elle pas s'étendre jusqu'à ceux qui ont versé leur sang.

Je ne veux pas allonger aujourd'hui cette liste de revendications légitimes, désirant me cantonner exclusivement dans les cas généraux. Mais je prie instamment les autorités que cela regarde, de porter leur attention sur elle, afin que soient également sauvegardées la santé physique et la santé morale des vaillants qui luttent avec tant de constance pour le salut du pays.

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