L'ATTAQUE A VENIR
(16 Décembre.)
Le seul événement militaire, digne aujourd'hui d'être signalé, est une nouvelle série d'attaques autrichiennes entre Piave et Brenta. Elles se sont terminées par un gain minime au col Caprile et ont
entraîné des pertes tout à fait disproportionnées à celui-ci. L'ennemi a décidément beaucoup de peine, depuis que certains moyens extra-militaires ne sont plus utilisables, à achever une manœuvre dont il
Carte des monts, entre Piave et Brenta, où se brisa l'offensive autrichienne.
Lt-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
En Belgique. — Une attaque allemande lancée au lever du jour sur les positions britanniques Voisines du château de Polderhœck, dans le sud-est du bois du Polygone, amène les assaillants dans les tranchées de première ligne sur un front de 250 mètres. Les Anglais reprennent l offensive dans la soirée et réoccupeht une partie importante du terrain perdu.
Sur mer. — Un de nos croiseurs anciens. Le Châteaurenault, affecté aux transports en Méditerranée, est torpillé et coulé par un sous-marin. Les passagers^ tous militiares, sont sauvés, mais dix marins de l'équipage disparaissent.
Les torpilleurs d'escorte du croiseur engagent le combat avec le sous-marin ennemi et réussissent à le détruire. Le capitaine et une partie de l'équipage sont faits prisonniers.
En Russie. — La République ukrainienne est proclamée à Kief et se déclare indépendante.
avait pu croire un moment le succès plus rapide et plus assuré.
Quant à la situation générale, elle se présente comme suit. Tout d'abord, la tournure prise par la révolution russe paraît, comme je l'indiquais hier, de moins en moins favorable à la bande Lénine et ne donne que des garanties insuffisantes aux Allemands qui ont l'indignité de traiter avec celle-ci. Hindenburg a déjà retiré à peu près tout ce qu'il pouvait du front oriental, et écrémé, au profit de l'autre, les unités qu'il y maintient, soit 115 divisions, dit-on, formées surtout maintenant de troupes de landsturm et de très jeunes soldats. Il a également fait venir vers l'ouest un matériel considérable. Pourra- t-il faire davantage? Je ne le pense pas, car il pourrait courir d'assez gros risques, si jamais les maxinialistes venaient à être bousculés.
Quant aux éléments ainsi ramenés de notre côté, ils ont servi surtout à restaurer des unités que de fréquentes et dures saignées avaient singulièrement anémiées, et qui avaient grand besoin de recevoir un peu de sang nouveau. Malgré tout, ces unités conservent des effectifs assez maigres, chaque division comptant au plus 12 000 hommes tout compris. Si, comme nous l'apprennent des documents dignes de foi, il y en a 152 sur le front qui s'étend de la mer du Nord aux Vosges, cela fait un total maximum de deux millions de combattants, chiffre assurément inférieur
L'armistice général sur le front russe. — Le communiqué officiel allemand du 16 décembre contient une note additionnelle ainsi conçue:
^^Les représentants plénipotentiaires du haut commandement russe, d une part, et les hauts commandements allemand, austro-hongrois, bulgare, et ottoman, d'autre part, ont signé le 15 décembre 1917, à Brest-Litovsk, un traité d'armistice.
L'armistice commencera le 1 7 décembre à midi et sera valable jusqu au 17 janvier 1918. A moins d'une dénonciation faite sept jours à l'avance, il continuera automatiquement. Il s'étend à toutes les forces terrestres, aériennes et navales des fronts communs. >>
Front d'Italie. — La bataille se prolonge depuis quatre jours entre la Brenta et la Piave; l'ennemi est maître du mont Spinoncio, des sommets du col Caprile et du col de la Beretta : il est encore tenu en échec au mont Solarolo.
à celui que les alliés peuvent mettre en ligne. Restent, je le sais bien, les Autrichiens. Mais ceux-ci n'en ont pas fini avec le front italien, et peut-être seront-ils forcés, un jour ou l'autre, d'implorer une fois de plus l'appui allemand. Ou bien encore, qui sait? devront-ils aller au secours de leurs bons amis les Turcs, ce qui ne serait, après tout, qu'un rendu pour un prêté.
C'est donc avec les forces dont j'ai parlé ci-dessus, et qui ne pourront guère être augmentées que dans de faibles proportions, que les Allemands devront faire le gros effort dont ils espèrent merveille avant l'intervention des Américains. De quel côté cet effort se produira-t-il? Je l'ignore. Mais il se produira indubitablement, et il s'accompagnera, on peut en être assuré, d'un débordement formidable d'activité aérienne, que font parfaitement prévoir la hâte fébrile apportée par les Allemands aux fabrications d'avions et les concentrations d'appareils de bombardement opérées en arrière des lignes. A ce point de vue, il est indispensable que nous nous pressions nous-mêmes, afin de n'être point distancés.
Or, pour cela, la première chose à faire, la plus pratique et la plus urgente à la fois, est de créer l'unité de direction dans un service qui est actuellement tricéphale. Aucune usine n'a jamais bien marché avec trois directeurs.
Ceci dit, je reviens à la grande attaque qui nous menace et que tout le monde sent