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LA TENACITE CONTRE L'OBSTINATION

Si les événements militaires présentaient un intérêt quelconque, il est indéniable que les affaires Caillaux leur feraient beaucoup de tort. Mais ils sont depuis plusieurs jours déjà au calme presque plat, sauf toutefois en Italie, où la bataille conserve un caractère particulier d'acharnement. L'ennemi vise tout spécialement le monte Grappa, dernier point d'appui des troupes alliées sur le plateau des Sept- Communes. Il essaye de l'envelopper, en cheminant par les cols de Beretta, del Orso et par le monte Solaro. Il a déployé des masses d'artillerie énormes et fait le plus large usage des gaz asphyxiants.

Depuis le ii courant, les Allemands de von Below, dont on n'entendait plus parler, ont été remis en ligne. Ils opèrent dans la zone du monte Spinoncio, à l'est, pendant que l'Autrichien von Krauss attaque le col de Beretta. Cela fait environ trente-cinq bataillons, qui mènent une bataille fort rude. Elle a malheureusement, bien que non encore terminée, obligé les Italiens à un certain recul, qui se mesure

à la perte du monte Caprile et du col de Beretta.

Constatons toutefois, car nous trouvons là un motif de confiance, que cette défense pied à pied, à laquelle coopèrent les troupes franco-anglaises, a une très belle allure. L'ennemi ne peut mettre le pied sur une position quelconque sans s'y reprendre à deux ou trois fois, et son acharnement lui coûte de grosses pertes. Je sais bien qu'il ne se préoccupe guère des sacrifices, ayant le moyen de combler ses brèches avec les éléments qu'il ramène du front oriental. Il poursuit ses buts, c'est une justice à lui rendre, avec une obstination redoutable, et sans jamais céder aux suggestions de la sensibilité. Dans le cas présent, il veut atteindre Bassano et descendre dans la plaine pour tourner d'un coup les défenses de la Piave qu'il n'a pas pu forcer. Il n'est pas contestable que cela lui coûte beaucoup de temps et beaucoup de sang.

Le sang, il est vrai, se renouvelle, mais le temps qui passe emporte un peu de la force agressive de la coalition. C'est un

Ll-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front d'Italie. — Les Auslro'AUemands gagnent un peu de terrain au sud du mont Caprile et du col de la Beretta : ils occupent le mont Assolone à 1 500 mètres de ce dernier.

Le général Alfieri, ministre de la Guerre, dit à la Chambre des députés : < i7 faut répéter en public ce qui a été affirmé en comité secret, à propos des soldats qui se battent entre la Brenta et la Piave : ce qui se passe là-bas est simplement merveilleux et les récits en !ont plutôt atténués qu'exagérés; le Grappa est notre Verdun et cette comparaison seule est une gloire; les plus jeunes fils de l'Italie arrêtent victorieusement depuis plusieurs jours, devant une position presque improvisée les meilleures troupes d'un ennemi fort, nombreux, grisé par ses succès. La Patrie écrit là, avec le sang pur de ses soldats, la plus glorieuse page de l 'histoire de l'Italie nouvelle. »

Front occidental. — Simples coups de main.

Communiqué Portugais. — Activité d'artillerie très vive et continue sur notre front au cours de la semaine: nous avons repoussé deux violentes attaques de l'ennemi.

Armée Tchéco-Slovaque. — Le Journal Officiel publie un décret portant création en France d'une cirméç Tchéco-Slovaque qui combattra sous son propre drapeau tout en étant placée sous l'autorité du haut commandement français-

Le rapport de MM. Clemenceau et Pichon au président de la République expose que la France a toujours soutenu de tout son pouvoir les revendications nationales des Tchèques et des Slovaques.

Le nombre des volontaires de ces nationalités qui sont venus se ranger sous le drapeau français au moment de la déclaration de guerre est important; les vides produits dans leurs rangs prouvent sans conteste l'ardeur avec laquelle ils ont lutté.

fait aujourd'hui avéré que la situation économique devient critique dans les pays centraux, et il n'y a, pour s'en convaincre, qu'à lire les articles du Vorwaerts. « La plus grande patience a des bornes, écrivait hier le journal socialiste. Les choses ne peuvent plus continuer ainsi. »

Si ce n'est point là de l'exagération — et bien d'autres renseignements permettent de le croire — nous pouvons nous donner l'assurance de prendre définitivement le

dessus, en nous opiniâtrant simplement dans la constance. Assurément, l'heure présente n'est point des plus propices, comme a dit M. Lloyd George fort loyalement. Mais elle doit changer sans beaucoup tarder, par le seul fait de notre ténacité inébranlable. Il s'agit seulement, en serrant les coudes, de briser le choc qui nous menace. Ensuite, les Américains et nous aurons beau jeu pour faire surgir les événements décisifs.

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