LE RENFORCEMENT DE L'ARMEE ANGLAISE
(18 Décembre.)
L'Angleterre, comprenant la nécessité qui s'impose de renforcer autant que possible ses forces combattantes, va procéder à une revision de tous ses mobilisés. Un projet dans ce sens sera développé au cours de cette semaine devant la Chambre des communes. Il comporte la levée et l'utilisation, pour 191 8, de nouveaux contingents destinés soit à la guerre même, soit aux industries qui contribuent à alimenter celle-ci.
Je voudrais l'examiner, au moins d'une façon rapide, d'abord parce qu'il me semble moins compliqué que notre loi Mourier, faite dans un but similaire, mais qui ne l'atteint pas toujours, ensuite parce qu'il est intéressant pour nous de savoir que nos alliés songent à employer toutes leurs ressources pour augmenter, en effectifs
et en matériel, la puissance de leurs armées combattantes. On évalue, paraît-il, à tout près d'un million, le nombre des hommes qui restent disponibles ou qui pourraient être mieux employés. C'est un chiffre. Il est clair qu'en mettant tout ce monde à sa place, on donnera à la bataille les aliments dont elle a besoin, tant à l'avant qu'à l'arrière. « Beaucoup de techniciens devraient être rappelés du front, dit un journal anglais, et beaucoup de prétendus ouvriers pourraient être, avec fruit, rendus à leurs régiments respectifs. » C'est ce que nous avons essayé de faire nous-mêmes.
Je ne me porte pas garant que nous y ayons complètement réussi.
Quoi qu'il en soit, le nouveau projet aura cette conséquence que tous les hommes reconnus complètement aptes seront ver-
Lt-COLONEL ROUSSET
ses, soit dans l'armée combattante, soit dans les industries de guerre. Quant aux demi-aptes, ils remplaceront dans les industries d'importance secondaire ceux qui peuvent et doivent être employés ailleurs. On voit combien est simple
dit, en nombre assez restreint, — mais des hommes assez valides destinés à boucher les trous creusés dans les armées de l'Ouest, des techniciens de spécialités diverses, enfin un matériel copieux. Il est fort possible, en outre, que grâce à ce> afflux,