BRILLANT FAIT D'ARMES
(1®' Janvier.)
L'événement du jour est le succès remporté en Italie par les troupes françaises <iui, dans le secteur du monte Tomba ont, avec le « mordant magnifique » que proclame le communiqué italien, pris d'assaut des positions ennemies d'autant plus importantes que l'adversaire comptait davantage sur elles. Nous n'avons pas encore assez de renseignements pour apprécier les résultats obtenus, mais, d'ores et déjà, il en est un que nous nous plaisons à si-
gnaler : c'est celui de l'héroïque émulation de nos soldats et de leurs frères d'armes italiens. Les Allemands ont dessiné samedi, dans la région de Cambrai, une série d'attaques assez énergiques, mais dont il est difficile de déterminer exactement le but ; leurs bulletins eux-mêmes ne semblent pas y attacher une grande importance et les traitent tout simplement de « combats de reconnaissance ». Il est possible qu'elles n'aient visé que le renseignement. Mais si
LuCOLONEL ROUSSET
LA GUERREiAV JOUR LE JOUR
]e prince Rupreçht a cherché autre chose, corome, par exemple, un de ces succès éphémères que l'on gonfle d'ordinaire jusqu'à éclatement pour alimenter la confiance de populations à qui on ne peut donner une nourriture plus substantielle, la vérité est qu'il a fait blanc de son épée. Et c'est pourquoi, sans doute, ses communiqués sont aussi peu flambants.
Ayant foncé à deux reprises sur la côte de Welsh, au sud-ouest de Cambrai, il avait réussi à pénétrer dans quelques tranchées d'ailes, le centre demeurant inébranlable. Mais de vigoureuses contreattaques qui ne se sont pas fait attendre ont obligé les assaillants à déguerpir des saillants et des tranchées qu'ils occupaient. Et cette affaire n'a plus, en somme, que la portée d'un simple incident, comme du
reste les escarmouches qui ont eu pour théâtre, en Belgique.^les deux côtés de la voie ferrée d'Ypres à Staden, le long de laquelle nos alliés, après avoir repoussé une attaque, ont encore légèrement avancé.
Plus intéressante et plus accentuée aussi est leur marche progressive en Palestine, le long de la route de Naplouse. Il est évident que les Turcs, bien qu'ils se soient renforcés, comm? je l'ai indiqué déjà, de presque toutes les forces qu'ils avaient en Europe, ne sont pas de taille à enrayer le mouvemsnt du général Allenby qui, avec beaucoup de raison, cherche à se donner de l'air autour de Jérusalem, où il se trouvait un peu serré.
Je m^ promsts d'ailleurs de revenir sur ce mouvement dont il ne faut pas négliger l'intérêt.