ITALIE, FLANDRE ET PALESTINE
(2 Janvier.)
Nos vaillants soldats d'Italie ont clôturé par un succès d'importance l'année qui finit. Bon augure pour celle qui commence. La prise d'assaut du monte Tomba, situé à l'est du Grappa, sur le bord oriental du plateau des Sept-Communes, a une valeur particulière, parce qu'elle dégage les lignes alliées, un peu resserrées sur les contreforts dominant directement la Piave. Elle s'accompagne d'ailleurs de la capture de plus de i 400 prisonniers, dont 44 offi-
ciers, et d'un matériel très abondant.
Les communiqués allemand et autrichien l'enregistrent avec une sécheresse qui n'est point exempte de mélancolie,, caj: l'ennemi a maintenant la preuve que non seulement le barrage établi devant lui est solide, mais encore que les alUés n'ont point l'intention de le réduire au simple rôle d'un obstacle passif.
Du côté des Flandres, les Allemands ont renouvelé, lundi, les attaques de la
(CI. Loy».)
Le général Maistre passe la revue d'an contingent français en Italie.
U-COLONEL ROUSSET
veille contre le plateau de "Welsh. Furiexix de n'avoir pu encore reconstituer leurs lignes comme elles étaient avant l'offensive du général Byng, ils se sont dit, sans doute, que la neige aveuglante qui tombe avec tant de malfaisante persévérance gênerait les vues de la défense et leur permettrait de jouer quelque coup heureux. Ils se sont trompés. Nos alliés se tenaient sur leurs gardes et avaient des réserves prêtes ; en sorte que, malgré quelijues succès de début, d'ailleurs fort restreints, l'ennemi n'a pu s'établir où il voulait, ayant été forcé, par des contreattaques très vigoureuses, d'abandonner à peu près tous les points sur lesquels il avait pu, un moment, s'établir.
Entre temps, nos braves alliés avancent toujours en Palestine et, s'étendant vers leur gauche, approchent de Jaffa. Si l'on veut se faire une idée de l'émoi que jettent en pays boche leurs succès continus et la faiblesse chronique des Turcs, il sufht de s'en référer à l'étrange nouvelle — qui a
été apportée, paraît-il, par des prisonnière — d'une sorte de croisade israélite organisée en Allemagne et en Autriche pour aller reconquérir Jérusalem.
Elle ne mérite évidemment aucune créance et prête surtout à rire. Mais le seul fait qu'elle ait pu être lancée n'indiquet-il pas d'une façon significative le peu de compte que l'on peut faire actuellement du concours ottoman? Après avoir bâti sur lui bien des projets insensés de domination orientale, après avoir rêvé la conquête de l'Egypte et l'ouverture d'une voie allemande vers les Indes, on s'aperçoit brusquement qu'un coup de griffe du léopard britannique a renversé tout l'échafaudage, et que là où l'on espérait trouver un appui solide, il faut maintenant traîner im poids mort. Le singulier ménage à trois de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Turquie est un peu comme le mariage de la carpe et du lapin. Or, on sait que celui-ci n'a jamais donné de produits convenables, ni pour l'un ni pour l'autre des conjoints.