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LE TRAVAIL DE LA PIOCHE

(5 Janvier.)

« A l'effort américain dont nous sommes •en mesure d'attendre autant qu'il faudra le plein développement, — ■ a dit récemment le général Guillaumat, qui est bien placé pour le savoir, — l'ennemi, dans cette guerre d'usure, est incapable de résister, ■soit qu'il l'attende, soit qu'il cherche à le prévenir. » C'est là une affirmation indiscutable, et qui s'impose tellement à l'ennemi lui-même que celui-ci s'efforce de trouver une échappatoire dans la paix russe, qu'il voudrait étendre ensuite avi monde entier.

Mais cette paix, l'obtiendra-t-il? On sait qu'elle se présente, assez mal et que les exigences germaniques rencontrent certaines résistances. Né nous berçons pas, cependant, de vaines espérances. Entre compères, tout finit par s'arranger ; seulement, l'affaire est plus ou moins longue à -conclure. Plus celle-ci le sera, mieux nous nous trouverons en état de résister au choc suprême, et plus près nous serons de l'heure où le concours américain doit s'affirmer dans toute sa plénitude. Puis-

qu'il est entendu que les soldats russes, oublieux de leur passé, de l'honneur militaire et même du sort qui les attend quand ils seront sous la botte allemande, ne veulent plus se battre — ils viennent encore de le montrer à Salonique - — ■ nous nous battrons sans eux, mais avec des forces plus concentrées et des moyens accrus.

Ah ! sans doute, la trahison maximaliste impose à l'Entente un surcroît d'efforts et de sacrifices. Si l'offensive de Broussilof avait pu se poursuivre en Galicie, nous n'aurions pas connu les journées pénibles de risonzo, et peut-être que nos alliés italiens seraient à Laybach et à Trieste. Mais il n'y a point à lutter contre l'irréparable, sinon pour en réduire au minimum les effets malfaisants. Et déjà ce but a été atteint dans une certaine mesure, puisque les Austro- Allemands, qui se voyaient déjà dévalant dans les plaines de la Vénétie, sont encore, et pour longtemps, perchés sur des hauteurs qu'ils n'arrivent pas à franchir, ou arrêtés devant la barrière de la Piave,

Li-COLONEL ROUSSET

1 . Canons capturés par les troupes d'Allenby. — 2. Avions de bombardement anglais en Palestine. — 3. Marchands d'oranges vendant leurs fruits aux soldats.

d.t-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front occidental. — Les événements militaires se bornent à une attaque locale de l'ennemi sur les lignes britanniques à l'est de Bullecourt, à un coup de main de nos soldats sur les tranchées allemandes au nord de la Main de Massiges, et à une échauffourée au sud Je Juvincoart.

En Albanie. — Les bandes albanaises au service de l'Italie, surprises par le choc d'un détachement bulgare aunori de Monastir, sont sur le pjint décéder, quand l'arrivée dzs troupes régulières italiennes rétablit promptement la situation.

Finlande. — Le gouoernemint français a reconnu l'indépendance de la République finlandaise.

Londres. — M. Lloyd George, dans un discours prononcé devant un auditoire qui représente les masses ouvrières du Royaume-Uni, expose les buts de guerre de son pays et définit la paix future, telle que la comprennent tous les peuples de l'Empire britannique.

Guerre aérienne. — Les escadrilles françaises de bombardement ont effectué au cours de la nuit plusieurs opérations : les usines d'aniline deLudwigshafen, la gare de Fribourg-en-Brisgau, les terrains d'aviation de Neuf-Brisach, les usines de Rombach, Maizières, Hazondange, ont reçu de nombreux projectiles.

L'activité de notre aviation de chasse a été particulièrement heureuse pendant le mois de décembre: 76 avions allemands ont été abattus ou mis hors de service ; nos pertes se montent à 7 avions abattus ou ayant disparu dans les lignes allemandes, 3 dans les lignes françaises, et 9 autres endommagés; au total 20 appareils français mis hors de service contre 76 appareils allemands.

Les pilotes britanniques ont tiré cette nuit près de 6 000 cartouches de mitrailleuses sur des troupes ennemies et divers autres objectifs. Us ont bombardé la gare et les voies de garage de Confions.

<iui résiste à toutes leurs tentatives de for- ■cement.

De là, pour Hindenburg qui comptait nous submerger sous le flot de toutes les forces coalisées, un premier mécompte.

Un second lui vient des désastres turcs, et dirai -je encore, un troisième pourrait bien surgir de la lenteur subie par les négociations de Russie, sans compter l'in- •connu des événements qui sont possibles dans le sud. Rien, cependant, ne le fera renoncer à ses projets d'offensive, parce que ceux-ci constituent ses derniers espoirs de vaincre. Il nous attaquera, avec toutes

les troupes qu'il pourra réunir. Nous 1 ■ savons et nous nous tenons prêts.

Mais sachons aussi que le travail de la pioche constitue en pe moment la meilleure assurance contre les dangers à venir Il est la garantie la plus solide de notr sécurité et de notre indépendance. Construi sons des tranchées à force suivant le programme que le ministre de la Guerre a si clairement exposé. Après, nous pourrons nous en remettre à nos soldats, toujours admirables de constance dans les souffrances que leur impose cet hiver implacable, du soin d'en assurer l'inviolabilité.

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