‹ La Guerre au jour le jourChapitre 238 sur 360 · BOLCHEVIKS EN COLERE · texte numérisé non relu

BOLCHEVIKS EN COLERE

(18 Janvier.)

Les maximalistes, qui ont toutes les audaces, essayent en ce moment d'intimider la Roumanie. Ils se livrent contre elle tantôt à de véritables voies de fait, comme l'arrestation de M. Diamandi, tantôt à des menaces insolentes, comme le factum adressé par eux au gouvernement de Jassy. Ils prétendent empêcher nos alliés de molester leurs comités régimentaires et de se garantir contre l'invasion de la gangrène anarchiste que cherchent à propager ceux-ci. C'est leur affaire. Seulement, pour revendiquer avec tant de hauteur ce qu'ils prétendent être leur droit, il faut pouvoir s'appuyer un peu sur la force. Or, celle-ci est ce qui leur manque le plus.

Les restes de l'armée russe — et il n'en

subsiste guère moins pourries

que des épaves plus ou — sont menacés de mourir de faim. Un cri de détresse s'est élevé de Petrograd. « Plus de ravitaillement, gémit Lénine. De nombreux régiments sont sans pain et les chevaux sans fourrage. » Tels sont bien les résultats douloureux de la désorganisation sans exemple qu'a créée le régime bolchevik.

Les maîtres de l'heure, qui, dans l'affaire Diamandi, ont été obligés de céder devant le quos ego des représentants de l'Entente, s'imaginent conjurer la disette en appelant toute la Russie au ravitaillement. Leur voix clame dans ce désert, comme autrefois celle du pauvre Kerensky, quand il adjurait de se battre des soldats qu'il avait autant que personne contri-

Lt-C.OLONEL ROUSSET

En Argonne. — A ]5 heures, après une intense préparation d'artillerie, nos détachements font irruption dans les tranchées allemandes du Four de Paris, y pénètrent sur une profondeur de 500 mètres, détruisent les abris et les galeries de mines, et regagnent leurs lignes en ramenant 3 mitrailleuses. Ce coup de main ne nous coûte que quelques blessés, sans aucun tué.

Les Empires centraux et l'Ukraine. — M. de Kiihlmann et le comte Czernin ont annoncé hier que les négociations séparées avec la République de l'Ukraine suivaient un cours très favorable et qu'un accord était intervenu qui établissait les bases de la paix à conclure. Mais aujourd'hui une seconde délégation ukrainienne, appartenant au parti maximaliste, arrive à Brest-Litovsk et déclare que la Rada de Kief ne représente plus l'Ukraine et ne saurait traiter au nom de la nouvelle République.

Sur mer. — Torpillage du vapeur Louvain.

En Champagne. — Dam un coup de main rapide' ment exécuté, un détachement français pénètre jusqu'à la troisième parallèle des lignes allemandes à l'ouest de la ferme Navarin, y opère de nombreuses destructions et ramène des prisonniers.

En Italie. — Le communiqué du général Diaz signale aussi une incursion heureuse de nos soldats dans les lignes autrichiennes au sud de Quéro .

En Esthonie. — Les troupes russes qui parcourent la province commettent des déprédations systématiques contre lesquelles les autorités de Reval protestent énergiquement. Des collisions sanglantes ont eu lieu entre les Russes et des détachements esthoniens envoyés de Reval.

Les violences et les pillages des troupes maximalistes irritent les populations et ont pour résultat d'augmenter le nombre des partisans d'une Esthonie complètement indépendante de la République russe.

bué à égarer. Au surplus, ni les objurgations pathétiques, ni même l'instauration, dont il "est question, du travail obligatoire ne peuvent maintenant écarter le danger. Il faut d'abord que le blé pousse et, quand il a germé, qu'on le transporte. Or, les chemins de fer, déjà insuffisants par eux-mêmes, sont désorganisés comme le reste, et les cheminots ont aussi leurs soviets.

Qui pourrait donc affirmer que l'armée russe, réduite à la famine, ne va pas bientôt regretter le temps où, moins gavée de

sophismes, elle trouvait du moins quelque chose à se mettre sous la dent?

Ses bandes indisciplinées et si profondément dissociées ne sont guère capables d'intimider l'armée roumaine qui, demeurée compacte et obéissante, ferait d'ellesune bouchée si les maximalistes avaient l'audace de l'attaquer, et s'ils le pouvaient, en traversant l'Ukraine. Il n'y a donc là, à tout prendre, qu'une forfanterie de gens ne sachant plus où donner de la tête, et une complication de plus dans l'imbroglio oriental.

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