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SERRONS LES RANGS

(21 Février.)

Tl a suffi que les Allemands occupassent, d'aiUeurs sans coup férir, Dvinsk au nord et Loutsk au sud, pour que Lénine et Trotzky missent immédiatement les pouces. Leur ardeur belliqueuse, qui n'était peut-être que de la frime, n'a pas résisté à cette démonstration. Je ne vois rien là qui puisse nous surprendre, la guerre ne se faisant pas

avec des phrases, fussent-elles grandiloquentes et pétries d'idéologie. Rien ne sert de se donner des airs de matamore, quand on a soi-màme détruit systématiquement tous ses moyens d'action, car un jour vient fatalement où l'on est forcé de baisser le ton et de subir toutes les avanies, sans autre défense que de vaines et ridicules

Li-COLONEL ROUSSET

protestations. C'est ce qui est arrivé aux étranges despotes de Petrograd, lesquels, après quelques crâneries de façade, viennent aujourd'hui à la botte avec docilité.

moins honteuse, la conquête d'un état social tout différent de l'ancien. Cette conquête dépend d'abord de la bonne volonté de l'Allemagne qui ne paraît pas,

(CL Beaufrére.)

Langage optique à l'aide duquel nous conservons le Contact avec nos avions.

Est-ce à dire que, du fait de cette capitulation prévue, la situation militaire générale soit beaucoup modifiée? Il faut, avant de se prononcer, connaître l'effet qu'elle produira dans les masses profondément démentalisées auxquelles on avait promis, en échange d'une paix plus ou

jusqu'à nouvel ordre, vouloir prêter les mains à une révolution démocratique dont elle serait exposée à subir les éclaboussures. Elle dépend également des intentions du Japon, que nous ne connaissons pas.

En réalité, les vainqueurs prétendus pénètrent en ce moment dans un pays

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

En Champagne. — Dans la matinée et au cours de l après-midi les Allemands font de vaines tentatives pour reprendre les positions qui leur ont été enlevées le\3 février.

Front britannique. — Le communiqué de nos alliés indique que les Portugais ont fait quelques prisonniers dans un coup de main près de Neuve- Chapelle.

Guerre aérienne. — Londres vient d'être attaqué trois jours de suite par les avions allemands. Le raid d'hier soir dimanche était le centième depuis le début de la guerre.

En Russie. — Sur le front de la grande Russie les hostilités reprennent aujourd'hui à midi. « Dans la marche sur D:.ins^, dit le communiqué allemand, la Dtoina a été atteinte sans combat » En Volhynie, les troupes allemandes partent de Kovel pour marcher Vers l'Ukraine et la libérer des bandes maximalistes.

Trêves. — Les escadrilles britanniques effectuent en plein jour un raid sur la ville : c'est le troisième depuis trente-six heures. <■<■ Nous avons lancé, dit le communiqué anglais, plus d'une tonne de projectiles et nos pilotes ont observé 1 1 éclatements sur la gare et 6 sur des bâtiments voisins où de grands incendies se sont déclarés ».

En Russie. — En apprenant la marche en avant des troupes allemandes et la reprise décidée des opérations, Trotzkn adresse au gouvernement allemand un radiotélégramme dans lequel il déclare que » le Soviet des commissaires dit Peuple se voit dans l'obligation de consentir à souscrire aux conditions proposées par les délégués de laQuadruple alliance à Brest-Litovsk. »

Le général • Hofmann répond en exigeant l'envoi immédiat àDoinskd'une confirmation écrite du. radiotélégramme avec les dénatures de Lénine et de Trotzky.

absolument bouleversé, moralement et matériellemsnt. Quel accueil y trouverontils ? C'est le secret de demain. Mais il est très évident que, pour s'installer en maîtres dans les régions qu'ils veulent exploiter, il leur faudra un certain temps, et peut-être des efforts encore insoupçonnés. La Pologne, déçue dans ses espérances, est tout entière frémissante. Il existe une armée polonaise, des régiments polonais-russes, qui peuvent encore jeter des chaussetrapes sur la route triomphale qui conduit aux terres d'abondance. Il y a aussi des cosaques et des Tchèques, dont l'envahisseur devra peut-être se méfier.

Sans doute, tout cela compte peu au regard de la puissance militaire allemande. Mais s'il est impossible de briser celle-ci, il serait du moins possible de la ralentir, en actionnant congrumeut ces velléités éparses de résistance. J'imagine que l'influence del'Ent^nte pourrait, danscet ordre d'idées.

se faire sentir utilement. En tout cas, il y a beau temps que nous n'avions plus àcompter sur la Russie. Protocoles et manifestes ne changent donc rien à un état de fait contre lequel nous avons dû déjà prendre nos précautions.

Or, si j'en crois les déclarations faites par M. Lloyd George à la Chambre des communes, ces précautions sont complètes à l'heure qu'il est. « Serrons les rangs ! » s'est écrié le premier ministre anglais après avoir précisé le rôle assigné an comité de Versailles et indique les pouvoirs effectifs qui lui étaient dévolus pour l'exercer. Voilà bien le mot d'ordre auquel il faut, obéir désormais sans aucune réticence. Et alors l'arrogance tudesque, si grandie qu'elle soit par l'effondrement de la Russie, se brisera devant la mise en commun, désormais assurée, de toutes les forces et de tous les moyens mis en jeu par une alliance qui compte encore quatre grandes nations.

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