Revue aux \ Invalides
Lt-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Au nord de l'Aisne. — Vifs œmbats à l'est de Cemy, des deux côtés de la route dAilles à Paissy: des Allemands parviennent à occuper dans la matinée une ligne de tranchées nivelées par le bombardement ; un retour offensif nous y ramène dans la soirée et le terrain de l'offensive allemande, couvert de cadavres, témoigne de l'imporfancedespertes subies par l'ennemi.
Région de Lens. — Les troupes britanniques s emparent des défenses allemandes sur tm front de 800 mètres, immédiatement au sud-ouest et à l ouest d ■ la ville.
En Galicie. — L'armée russe rentre en scène : elle attaque au sud-est de Lemberg entre les deux voies ferrées qui, de Tarnopol et de Brzezany, convergent vers la capitale de la province.
M. Keremky, ministre de la Guerre, dans un ordre du jour annonce « qu'en pleine conscience de sa respon- ^bilité devant la Patrie il a ordonné l'offensive. '
Au nord de l'Aisne. — La lutte reprend des deux côtés de la route d'Aillés à Paissy sur le terrain déjà disputé pendant toute la journée du 30 juin : elle se termine après un vif combat par l'échec complet des Allemands.
En Russie. — L'offensive russe continue et le bulletin du général Ludendorff reconncât que les troupes russes ont réussi à élargir la brèche faite hier. Ces succès soulèvent à Pdrograd et dans toute la Russie un grand enthousiasme : M. Kerensky ministre de la Guerre demande au président du Conseil, l'autorisation de donner aux régiments qui ont pris part à la bataille le nom de « Régiments du 1®' Juillet».
Le lieutenant IVladimir Lebedef est chargé de l'administration du ministère de la Marine; cet officier a servi au début de la guerre, dans les rangs de notre Légion étrangère, puis dans ceux de nos chasseurs à cheval, il est décoré de la Croix de guerre.
premier ordre, ils ont déjà laissé apparaître leur grande importance morale. Les échos de la bataille si brillamment engagée par Broussiloff ont semé l'effroi jusqu'en Hongrie, où l'on demande que soient rappelées en hâte, pour garder les frontières, les troupes envoyées récemment sur le front occidental. Et ils apportent un renouveau de confiance et d'espoir à nos âmes, qui ont tressailli de joie en voyant s'ébranler enfin ces masses redoutables dont le réveil indispensable était si impatiemment attendu
Quant à l'arrivée des premières troupes américaines, elle inaugure un nouveau cycle de guerre, et c'est ce qu'avec son jugement naturellement droit, que n'ont pu fausser les semeurs de panique ou les propagandistes de la défaillance, le peuple parisien, qui s'apprête à faire à nos nouveaux alliés un accueil enthousiaste, comprend fort bien. Il voit là, d'abord, une riposte cinglante aux rodomontades de l'Allemagne, qui prétendait frapper d'interdit les mers où elle nageait entre deux eaux. Mais aussi, il se rend compte que le concours des États-Unis ' devient, une réalité tangible, effective et concrète, et que ce n'est point seulement avec son argent ou son matériel que l'Amérique nous aidera. C'est avec ses poitrines et son sang.
Et là où nous ne nous trompons pas, les Allemands ne se trompent pas davantage. Ils savent que pour eux commence
une ère de difficultés nouvelles, et finalement insurmontables, parce que lorsqu'un pareil peuple se lève tout entier, dans un effort de volonté aussi formellement accusé, il faudrait, non point pour l'abattrei c'est impossible, mais seulement pour lu, tenir tête, autre chose qu'une armée déjà épuisée, traquée de toutes parts, et qui a manqué successivement, jusqu'ici, tous les objectifs en vue desquels on l'avait constituée à grands frais.
Ni le kaiser, ni Hindenburg ne se font d'illusion, et, pour cacher leur trouble, ils font répandre le bruit que le débarquement de la première avant-garde américaine est une invention, que les États- Unis ne peuvent pas nous soutenir efficacement avant une année et que, d'ici là, la guerre sous-marine... vous entendez bien ! Il faut à tout prix remonter les énergies chancelantes d'une nation de proie, profondément déçue dans ses appétits anormaux et qui déjà déchante devant la rigueur des faits.
Pour nous, qui connaissons ceux-ci et n'y trouvons que des motifs d'espérance, livrons-nous aujourd'hui sans contrainte à l'allégresse que nous cause la venue de nos amis d'outre-mer. Déployons ,côte à côte les drapeaux de l'Entente qui, sur les champs de bataille, représentent la défense de la dignité humaine et du droit. L'étendard étoUé de l'Union y mêlera désormais ses couleurs éclatantes.
U-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Au nord de l'Aisne. — Offensive allemande sur tout l'ensemble de nos positions au nord de Jouy et j'jsqu'à l'est du plateau de Californie. L'ennemi engage de gros effectifs et les efforts de ses troupes d'assaut se portent particulièrement au nord de la ferme Froidmont, au sud et au sud-ouest de Cerny, au nord d'Aillés et sur le plateau de Californie. Après une série d'attaques et de contre-attaques qui se renouvellent toute la nuit, nous resta s partout maîtres du terrain disputé.
Paris. — Arrivée du bataillon américain qui vient prendre part à la fête de l' < Indépendence Day. »
En Belgique. — Les Allemands ont arrêté et déporté un certain nornbre de fonctionnaires belges qui ont refusé de donner leur concours à la séparation administrative des Flandres et de la Wallonie. Tous les . énaleurs et çéputés belges restés en territoire occupé protestent auprès du gouverneur allemand.
Sur la Meuse. — Échec d'une attaque allemande dirigée sur nos lignes au sud-ouest de la cote 304.
Sur mer. — Un sous-marin allemand bombarde la ville de Ponta-Delgada, dans l'île San Miguel, du groupe des Açores. C'est un sous-marin d'un nouveau type, jaugeant mille tonnes au moins et portant 3 pièces de canon de 1 50 millimètres. Ce fait, rapproché de l'attaque des convois américains en plein L céan, montre le développement considérable que les Allemands donnent à leurs sous-marins.
En Angleterre. — Raid d'une escadrille d'avions ennemis sur Harwich. Deux des appareils, attaqués au retour par les avions navals britanniques partis de Dunkerque, sont précipités à la mer.
Grèce et Serbie. — M. Pachitch et M. Venizelos, échangent de longs télégrammes de cordialité confiante. «^Le peuple irec, dit M. Venizelos. luttera pour la libération de la Serbie < mie et ciliée. ■