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ILS NOUS TAXENT

(3 Mars.) Les attaques allemandes ont pris hier l'ofiensive soit commencée. Les objectifs un développement assez considérable dont visés ne sont point de ceux dont la conquête on ne peut cependant inférer encore que pourrait donner à l'ennemi de sérieux avan-

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

En Champagne. — Au cours de la nuit nos contreattaques ont rétabli la situation au fort de la Pompelle et repris l'ouvrage avancé de la ferme d'Alger.

Fronts britannique et portugais. — Coups de main et raids allemands dans le secteur de Saint- Quentin et vers Hargicourt.

En Roumanie. — L'armistice est dénoncé par l'Allemagne et i Autriche-Hongrie. Le gouvernement roumain se voit forcé de consentir à reprendre des pourparlers de paix sur la base des conditions posées par les puissances centrales.

Iles d'Aland. — Le ministre d'Allemagne à Stockholm annonce le débarquement prochain des troupes allemandes, tout en affirmant que l'Allemagne n'a pas l'intention d'occuper les îles définitivement.

Garros et Marchai. — Nos deux aviateurs se sont évadés d'Allemagne et arrivent à Boulogne-sur- Mer, venant de Londres.

La paix russe. — Le traité de paix est signé aujourd'hui à 5 heures du soir à Brest-Litovsk, en présence du général Hoffmann, représentant du haut commandement allemand. Par suite, les mouvements militaires sont suspendus en Grande-Russie.

Les délégués russes ont accepté sans discussion la paix déshonorante : ils publient une longue déclaration dans laquelle ils reconnaissent leur impuissance à résister aux exigences et aux violences du plus fort.

Aux termes du traité, la Russie doit procéder sans délai à la démobilisation complète de son armée, y compris les nouvelles organisations formées par le gouvernement actuel. Elle s'engage à signer la paix avec l'Ukraine, à reconnaître le traité signé par cet Etat et les puissances de la Quadruplice et à évacuer immédiatement le territoire ukrainien.

L'Esthonie et la Livonie seront également évacuées immédiatement par les troupes russes.

tages stratégiques, et, d'autre part, les fronts de combat sont trop restreints pour servir d'amorcé aux engagements décisifs. Jusqu'à preuve du contraire, il est donc permis de croire que tout se borne à des opérations de reconnaissance, plus largement exécutées que les précédentes, mais tendant à un but identique, qui est de nous tâter. L'état-major allemand avait pu évidemment se faire renseigner par ses avions sur Ik constitution matérielle de notre appareil défensif. Mais il lui restait à faire l'épreuve de notre état moral, ainsi que de la valeur des soldats américains. Il doit être aujouird'hui complètement fixé sur ces deux points.

Voyons maintenant le bilan de cette aventure. Je passe sur les coups de main ordinaires, qui furent assez nombreux, aussi bien devant nous que devant les Anglais, et je ne retiens que les combats, d'une importance plus accusée, dont la région des Monts et les environs de Reims ont été le théâtre, aussi bien vers la pointe de Neufchâtel que du côté de la Pompelle.

Les communiqués nous apprennent que, comme ceux de la veille, ils se sont terminés partout à l'avantage de nos troupes. Toutefois, sur le dernier point, elles ont dû contre-attaquer pour rester en possession de la partie nord d'un petit ouvrage détaché du fort.. Incident de valeur médiocre, et qui rentre dans la catégorie des inévitables oscillations.

En Champagne, l'ennemi semble avoir apporté moins d'énergie à ses assauts.

Il a essayé d'aborder le mont Cornillet, l'est du Téton et le sud-ouest de la Butte du Mesnil, mais en dessinant des tentatives isolées plutôt qu'un grand mouvement d'ensemble. Il a d'ailleurs été repoussé partout, avec des pertes sensibles. Si donc ce fut vraiment un début, il peut passer pour peu encourageant. Mais est-ce bien un début ? Nous ne tarderons pas à le savoir.

Le seul fait certain est que l'État- major allemand n'a pas renoncé à ses grands desseins. Il dicte à,ux journaux des articles comminatoires où la menace s'affiche en termes formels. Seulement, un sentiment d'inquiétude perce à travers ces déclarations de guerre prochaine. On s'efforce visiblement de préparer l'opinion germanique aux énormes sacrifices que l'offensive coûtera, sans qu'on puisse affirmer qu'ils suffiront à assurer la victoire. « Toute la question, écrit le Berliner Tageblatt, est de savoir comment les Franco-Anglais soutiendront le choc. » C'est un truisme. Le même journal constate avec étonnement que l'éventualité d'une guerre de mouvement où, dit-il, les Allemands sont passés maîtres, ne semble pas impressionner les « statèges » de l'Entente. C'est évidemment parce que ces stratèges se souviennent que. pendant le peu de temps que nous avons pu la faire, ce ne sont pas les généraux du kaiser qui y ont pris définitivement le dessus.

U-COLONFL ROUSSET

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