‹ La Guerre au jour le jourChapitre 312 sur 360 · AVI! IL · texte numérisé non relu

AVI! IL

L'ofïensive allemande. — La pression de l'ennemi continue sut la rive gauche de l'Oise: nos troupes se replient au sud-ouest de la basse forêt de Coucy et au sud de Coucy-le-Château. Les combats livrés par leurs arrière-gardes font subir de grosses pertes aux Allemands.

Prisonniers français sur la ligne de feu. — Notre gouvernement déclare avoir acquis la preuve que des prisonniers français sont employés par l'ennemi à 3 kilomètres de la ligne de feu, alors que les conventions signées obligent à les maintenir toujours à 30 kilomètres au moins en arrière.

Protection de Paris. — La défense de la capitale contre les avions ennemis, dit le Temps, est maintenant renforcée par l'emploi de ballonnets reliés par des fils métalliques. C'est comme un collet tendu dans l'espace à des altitudes variées: dispositif utilisé avec succès sur le front.

L'offensive allemande. — Hindenburg et Ludendorff poursuivent leur plan de destruction ou tout au moins de dislocation des forces britanniques : ils entament aujourd'hui des opérations contre l'aile gauche du dispositif de nos alliés. L armée von Quast, portée entre Armentières et le canal de la Bassée, marche à iassaul des lignes anglaise et portugaise jalonnées par les points d'appui de Givenchy, Neuve-Chapelle, Fauquissart et Bois-Grenier. Menée avec une énergie extrême et sans souci des pertes subies, l'attaque progresse rapidement, et aprèsla perte des positions avancées, les villages de Richebourg, Laventie, Fleurbaix sont enlevés à leur tour. Dans la soirée, l'ennemi atteint la Lys et la franchit même au bac Saint-Maur. Heureusement, aux deux extrémités du front d'attaque, Givenchy et Bois-Grenier tiennent bon.

Une poche se forme sur la Lys, d'Estaires au bac Saint Maur mais il n'y a pas de rupiwe.

peuvent surgir, qui auront une importance particulière. De l'autre, il s'agit surtout de tenir, et l'on voit que nous tenons.

Sur le front anglais, la résistance est également tenace. Si nos alliés ont légèrement reculé du côté du Hamel, ils ont brisé toutes les attaques qui se sont produites depuis l'Avre jusqu'au Bucquoy.

Les Allemands, en effet, qui, d'abord, avaient essayé de pénétrer comme un coin dans l'angle formé par les routes de Montdidier et de Saint-Quentin à Amiens, ont rapidement étendu leur front de bataille et élargi leurs assauts dans la direction du nord. L'état-major germanique oscille entre deux méthodes : celle des coups de bélier compacts, et celle des larges déploiements. La seconde est assurément moins coûteuse que la pre-

mière, mais, jusqu'à présent du moins, elle n'a pas atteint, plus que l'autre, l& but indiqué et, à la tournure que prennent les choses, il est permis d'espérer qu'elle ne l'atteindra pas. Car nous n'en sommes plus, ici, ni à la bataille parallèle, ni à la guerre de positions.

Les débuts de cette colossale offensive ayant montré* que la prétendue invulnérabilité des fronts fortifiés était une faribole à remiser aux vieilles lunes, ce serait folie de revenir aux anciens errements. Le champ s'ouvre à la manœuvre, dernier mot de la guerre et solution plu» opérante que toutes les résistances statiques. Attendons patiemment qu'elle se dessine. Certains indices nous laissent supposer que ce ne sera peut-être plus très long.

Page 1