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L'ATTAQUE ALLEMANDE AU NORD DE MONTDIDIER

(6 Avril.)

La bataille, qui a recommencé jeudi, a pris tout de suite un caractère de violence extraordinaire. Onze divisions allemandes d'abord, puis quinze, ont été, engagées sur un espace de 15 kilomètres, ce qui fait plus de dix hommes par mètre courant. Resserrement effroyable, qui donne bien la sensation du coup de massue, mais aboutit fatalement à des boucheries sans nom.

Nous n'avions pas déployé à beaucoup près autant de monde, pour d'excellentes raisons dans lesquelles le manque d'effectifs, je crois, n'entre pas. Et dès l'instant que l'ennemi, malgré ses énormes sacrifices, n'a pu atteindre son but, qui était de nous crever pour atteindre ensuite le chemin de fer, ce qui a été fait est bien fait. L'art consiste, non pas à prodiguer ses forces, ni à répondre au nombre par le nombre, mais à ne dépenser en chaque point du champ de bataille que le strict nécessaire, pour garder en mains la masse destinée à frapper les grands coups.

Inutile d'entrer dans les détails, que l'on connaît suffisamment par les com-

muniqués. Il suf&t de les résumer comme suit : un léger recul au nord, à l'ouest de Castel, qui se trouve sur l'Avre, dans le nord-Quest de Moreuil, et une avance assez marquée, tant vers Mailly-Raineval, à l'est du bois de l'Arrière-Cour, que sur la ferme de Saint-Aignan, au sud-est de Grivesnes. Ce sont là des balancements naturels, sans grande amplitude, mais dont certainement l'assaillant, qui ne se ménage point, a plus à souffrir que le défenseur.

Autre fait digne d'attention. La lutte d'artillerie qui, depuis deux jours, avaitpris une grande intensité entre Montdidier et Noyon, "à eu pour corollaire une brillante attaque de nos troupes, dans le nord d'Orvilliers. qui se trouve au sudouest de Lassigny, sur le chemin de fer de Compiègne à Roye. Nous avons pénétré là dans un bois dont l'ennemi n'a jamais pu nous chasser, tandis que, plus à droite, nous nous installions plus solidement encore sur le mont Renaud, que 1( s Allemands prétendaient mensongèrement avoir repris. De ce côté, des événements

Li-COLONEL ROUSSET

Pendant la bataille : Installation rapide d'une batterie de 155 Schneider.

(Cl. Sect. phot- de l'Armée.)

Réfugiés descendant la route de Montdidier, an plus fort de VoJfens:ve.

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

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