L'ASTUCE ALLEMANDE
(8 Juillet.)
T.es événements militaires sont aussi dénués d'intérêt aujourd'hui qu'hier. Combats d'artillerie, coups de rfiain sans importance, voilà tout ce que nous signalent les communiqués. Tout au plus mentionnentils, sur le front russe, un certain nombre de combats courts et violents, qui indiquent seulement que l'accalmie actuelle ne ressemble en quoi que ce soit, chez nos alliés, à un signe de renoncement.
Au reste, l'ennemi, sentant que la supériorité lui échappe partout, essaye de tous les stratagèmes, même les plus usés, même les plus grossiers. L'autre jour, sur le Chemin des Dames, il plantait çà et là devant lui des pavillons à la croix de (ienève, espérant sans doute qu'ils lu' serviraient de boucliers. Il comptait sans nos poilus q\ii, depuis trois ans, ont eu le
temps de percer à jour ses pesantes malices. Et ce qu'il croyait être de l'astuce n'a été, au fond, que de la puérilité.
On comprend après cela que, voyant la ferme attitude des armées de l'Entente, il déplore que nous ne soyons pas tombés, les uns ou les autres, dans le piège qu'il a essayé de nous tendre à plusieurs reprises. Avant-hier, le président dti Reichsta-j;, M. Kaempf, .se plaignait de ce cpie les «offres magnanimes du kaiser» étaient restées incomprises et de ce (jnc nous n^avions pas voulu d'une paix <■ i^arantissant l'honneur et les intérêts de toutes les nations ».
Le hoir apôtre, qui a attendu, jXJiir verser ces larmes de crocodile, révanoiiisscnicnt définitif des espoirs que l'on avait conçus là-bas, de nous avaler tous !