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NOS RAIDS AERIENS, LES ATTAQUES ALLEMANDES ET L'ACTION RUSSE

(9 Juillet.)

J'ose espérer qu'après la dernière leçon qu'ils viennent de recevoir, les Allemands apporteront quelques tempéraments à leurs criminelles bravades.

Enfin, ils commencent à connaître la peine du talion.

Trêves, bombardée poui la troisième fois, et qui doit en porter les traces, la Badische Anilin incendiée à Ludwigshafen, puis

l'usine de Krupp et toute une série d'installations militaires plus ou moins sérieusement «amochées», depuis Dun-sur-Meuse, jusqu'à Coblentz, voilà de quoi montrer j'imagine, que si notre aviation avait pu, un moment, prêter à certaines critiques, elle vient d'en rappeler brillamment.

Grâces soient rendues à ceux qui ont accompli ces prouesses et à ceux qui.

Lt-COLONEL ROUSSET

[jcir une direction aussi ferme qu'avisée, les y ont si puissamment aidés.

La guerre aérienne doit prendre, dans l'avenir, une importance capitale, et peutêtre même prépondérante. C'est elle qui ]:)ortera définitivement la dévastation et -la terreur derrière les obstacles résistants que l'ennemi a accumulés devant nous. C'est |)ar elle seule que peuvent être sinon

Parfois, ils donnent un coup de dent dans nos tranchées de première ligne, mais pour bientôt lâcher prise.

Inutile donc d'entrer dans le détail.

Que les choses se passent sur le plateau de Laffaux ou vers le Chemin des Dames, elles ont pareil aspect et mêmes conséquences. Nous autres savons au contraire conserver ce que nous avons pris, comme à Cerny,

(Cl. Beaufrère.)

Blessés français arrivant dans un poste de secours près du front.

détruits, au moins très diminués de puissance, les moyens matériels par lesquels ou chei-che à compenser la valeur fléchissante des troupes allemandes. On ne lui <ionnera donc jamais trop de développement et on n'élargira jamais trop non plus son rayon d'action.

Quant aux opérations militaires pro- ])rement dites, elles se résument en une lormule très simple, qui devient une sorte (le lieu commun. Les Allemands, revenus >i leur ancien décousu, attaquent sur des points divers, qu'ils semblent varier intentionnellement, et sont constamment repoussés.

et niveler, comme près du Mort-IIomme, quelques saillants gênants.

En Rus.sie, la bataille s'est rallumée avec une grande violence. Llle s'étend même sensiblement vers le nord, car on dit que Pinsk est en feu. D'après les derniers renseignements, la lutte, très ardente, passé par des fluctuations diverses, dont il n'est pas encore possible de prévoir la conclusion. Du côté de Monioukli, .surtout, les points d'appui sont disputés avec fureur. Mais plus bas, vers Stanislau, nos alliés ont assez sensiblement avancé. Il faut, dans ïme rencontre de cette étendue, ne point s'arrêter aux détails, qui sont

essentiellement changeants, et attendre la fin. Nous verrons d'ailleurs ce qui se passera quand l'incendie gagnera la fron-

tière roumaine,, où l'armée royale prépare ses armes, avec, auprès d'elle, les troupes de ïcherbatchef.

VICTOIRE DE KORNILOF A L'OUEST DE STANISLAU

(10 Juillet.)

Sur le front russe, l'incendie gagne de proche en proche. L'offensive de nos alliés s'est étendue au sud et immédiatement elle a obtenu un gros succès que les Allemands sont obligés d'avouer; particulièrement : 7 ooo prisonniers, 40 canons, ce qui est un joli coup de filet pour un début.

Faut-il maintenant envisager l'hypothèse d'une diversion puissante que les Allemands tenteraient dans la direction de Riga? Certains journaux russes la donnent comme probable et, en effet, elle n'aurait rien d'anormal. Mais rappelons-nous qu'annoncée plusieurs fois déjà, elle a été amorcée à deux reprises et e<5t toujours restée à l'état d'ébauche. C'est une opération difficile et si aléatoire, en raison de son excentricité même, qu'Hindenburg a toujours reculé devant elle.

Nous saurons bientôt s'il croit trouver dans les complications intérieures dont souffre la Russie une aide lui permettant maintenant de la tenter. Il est bon, en tout cas, que nos alliés se tiennent sur leurs gardes, comme d'ailleurs il apparaît qu'ils le font.

Au surplus, les Allemands s'aperço:vent chaque jour qu'ils n'ont plus à escompter la désorganisation de l'armée russe. Leurs journaux reconnaissent que cette armée est plus redoutable que jamais, comme effectifs et comme artillerie. « On ne peut pas dire que l'armée républicaine se batte moins bien que celle du tsar », écrit le colonel Gaedke. Voilà une constatation qui s'impose aux méditations d'Hindenburg.

Quant au kronprin/, autant d'attaques, autant de déboires, tel est son lot. Ce jeune homme, qui paraît ne posséder sur l'art de la guerre que des notions absolument embryonnaires, frappe l'enclume avec l'entêtement d'un maniaque, au risque même de se casser les bras. Seulement, cette enclume est résistante, plus sans doute qu'il ne se l'était figuré. Si bien que, de tous ces essais meurtriers de récupération, lui demeure le mauvais marchand. Non seulement il n'y gagne jamais rien, mais i] y perd, outre des hommes en grand nombre, quelques morceaux de l'enceinte derrière laquelle il est tapi. Et c'est, au

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