L'AMALGAME FRANCO-BRITANNIQUE
L'unité de commandement a réalisé la parfaite fraternité des troupes alliées.
Uniformes kakis et bleu-horizon se trouvent mélangés an cours de la bataille. Il
n'y a plas qu'une armïe, luttant d'un seul cœur pour un même bat.
exercé sur l'état général des affaires' de modifications en rapport avec ce déploiement colossal. Les Anglais ont dû reculer, il est vrai, jusqu'à la route d'Ypres à Armentières, abandonner cette dernière ville qui n'est plus, hélas ! qu'un monceau de ruines, et repasser sur la rive gauche
et Wytschaete, des positions solidement organisées. Ils les défendent de toute leur énergie, si bien que l'ennemi n'a pu les entamer, quelque acharnement qu'il y ait mis. De l'autre côté de la Lys, la lutte s'est déroulée le long de la Lawe, entre Lestrem et Loisne. Il ne semble pas que nos
Lt-COLONEL ROUSSET
11 AVRIL isuiie)
LES FAITS
Le conflit Clemenceau-Czernin. — M. Clemenceau fait publier le texte de la lettre remise le 31 mars 1917 au président de la République française par le prince Sixte de Bourbon.
« Je te prie, dit l'empereur à son beau-frère,, de transmettre secrètement et non officiellement à M. Poincaré l'assurance que j'appuierai, par tous les moyens et en usant de toute mon influence personnelle auprès de mes alliés, les justes revendications de la France relatives à V Alsace-Lorraine...
i^i Quant à la Belgique, ajoute l'empereur Charles, elle doit être rétablie entièrement dans sa souveraineté, en gardant l'ensemble de ses possessions africaines... sans préjudice des dédommcgements quelle pourra recevoir poir les pertes quelle a subies. La Serbie doit être également rétablie dans sa souveraineté et nous sommes disposés à lui accorder un accès naturel à la mer. »
L offensive allemande. — Après une lutte acharnée, marquée par des alternatives diverses, l'armée Sixt von Arnim, enlève la crête Wytschaete-Messines, en même temps que le village et le bois de Ploegsteert, et oblige les troupes britanniques à se replier sur la ligne Wulverghem-NeuVe-tglise.
Au sud de Bailleul, von Quast atteint la voie ferrée d'Armentières à Hazebrouck- Merville, au confluent de la Lys et de la Clarence, a été occupé dans la nuit.
Sur notre front, de Hangard-en-Santerre à Hourges, une lutte violente se prolonge toute la journée. Les Allemands prennent pied dans Hangard, mais nos contre-attaques nous ramènent dans la partie ouest.
Paris. — Dans la soirée, un Gotha parvient à se glisser à la suite d'un de nos groupes de bombardement qui rentre dans nos lignes, et lance ses bombes avant que l'alerte soit donnée: 31 morts et 70 blessés.
alliés aient perdu du terrain du côté de Givenchy et de la Bassée, en sorte que les troupes allemandes engagées sur la basse Lawe apparaissent comme un peu aventurées. Il est vrai que, dans une pareille bataille, la situation est trop changeante pour que l'on se rende un compte exact de ce que peut devenir, entre deux communiqués, la position réciproque des combattants.
Je me borne donc aux constatations qui précèdent, en faisant remarquer que la lutte se développe sur une série de points depuis longtemps disputés, et dont les noms nous sont devenus familiers, depuis plus de deux ans qu'ils évoquent, devant nous, des mouvements constants de va-et-vient. Jusqu'à présent, donc, la bataille de mouvement que Hindenburg et Ludendorfi prétendaient déchaîner est toujours une bataille de position. Elle est, «n tout cas, parallèle et n'a comporté, de
la part de l'ennemi, qu'une seule manœuvre, et encore fort simpliste, à savoir le glissement peut-être excessif de l'aile droite vers le nord. Son issue dépend donc, à moins que les choses ne changent brusquement, des réserves que les Anglais pourront mettre en ligne pour amortir le choc. On assure qu'il en arrive de nombreuses. Elles seront certainement mieux à leur place en Flandre qu'en Grande- Bretagne, pour protéger le pays contre le danger d'ailleurs fort peu probable d'une invasion.
Sur notre front, à part quelques affaires locales, l'artillerie a seule donné. Les Allemands n'ont jamais renouvelé leurs attaques malheureuses sur Hangard, le bois de Castel et Suzoy. Néanmoins, je doute, qu'ils aient cessé de convoiter Amiens ou encore de songer à rompre la charnière de la ligne franco-anglaise. Mais ceci est une simple opinion.