‹ La Guerre au jour le jourChapitre 332 sur 360 · acte de l'offensive, a dépassé le demi-million · texte numérisé non relu

acte de l'offensive, a dépassé le demi-million

d'hommes, — je peux l'affirmer de bonne

source, — les attaques massives seront

toujours sa seule ressource, tant qu'il n'aura

pas changé le tempérament de ses soldats. Il a donc lancé à nouveau, jeudi, des

bataillons épais sur le bois l'Abbé et Cachy,

d'une part, sur les pontes de Domart, de

l'autre, le tout inutilement, car non seulement il n'a pu s'ouvrir, par Hangard, la

route de Boves, mais encore il a perdu

Villers-Bretonneux, brillamment reconquis

par les Anglais. Et ce dernier échec a dû

hii être particulièrement sensible, tacti-

quement et matériellement, parce qu'il

marque une étape difficile à franchir.

On dirait même que, dans sa hâte de

donner quelque pâture à l'impatience

DE VILLERS-BRETONNEUX

germanique, il procède maintenant, non plus par actions logiquement ordonnées, mais par simples à-coups débridés. Ainsi, jeudi, il faisait attaquer en même temps que les positions de la Lucc, celles que les alliés tiennent au nord-est de Bailleul, depuis Flêtre jusqu'à Wytschaete, engageant ainsi deux affaires complètemen ' distinctes, très distantes l'une de rautr( et n'ayant entre elles aucun lien. Il allait même jusqu'à esquisser une petite diversion en Woëvre, du côté de Regnévillc, où ses troupes ont été durement repoussées.

Cette méthode, assez incohérente, ne peut s'expliquer, si elle ne cache pas quelque projet encore mystérieux, que par la recherche irraisonnée d'un résultat quelconque coûte que coûte et n'importe où.

Cependant, celui-ci n'a pas été atteint. Je reconnais que la poussé 3 allemande a fait insensiblement reculer les alliés au nord de la ligne Dranoutre-Kemmel- Vierstraat. Son but est de mettre la main sur les hauteurs en arrière, qui lui barrent la route de Poperinghe et que, pour cette raison, il convoite depuis le premier jour. Le bénéfice qu'il a réalisé n'est pas suffisant et nous pouvons nous attendre à le voir bientôt encore une fois à bout de souffle, s'il continue à aller d'un train aussi pénible et avissi ralenti.

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