‹ La Guerre au jour le jourChapitre 333 sur 360 · L'ENNEMI NE PEUT PROGRESSER DANS LES FLANDRES · texte numérisé non relu

L'ENNEMI NE PEUT PROGRESSER DANS LES FLANDRES

Dans la double bata^ille qu'il livre simultanément, mais avec des objectifs distincts et même très sensiblement divergents, LudendorjEEa obtenu un succès partiel et subi un grave revers. Nul doute que le premier ne soit largement exploité en Allemagne, pour effacer le second. Mais nul doute, aussi, qu'en son for intérieur, l'État-major allemand ne doive convenir qu'il n'y a point entre les deux absolue compensation.

L'ennemi s'est emparé du mont Kemmel, grâce à son nombre et à l'odieux emploi de liquides enflammés. Neuf divisions allemandes ont mené l'attaque, par un mouvement d'infiltration qui a abouti à une sorte d'enveloppement. Et ce fâcheux accident a entraîné le recul de toute la ligne alliée, qui. coupant la route de Bailleul à Ypres, s'appuie maintenant sur Locre, la hauteur du Scherpenberg et la Clytte, points contre lesquels sont venus se briser les efforts de l'assaillant.

Je ne chercherai pas à pallier la portée de cette mésaventure. Les hauteurs qui viennent d'être entamées ainsi constituent la dernière barrière qui protège la plaine de Poperinghe et la route de Dunkerque. Leur chute totale mettrait en posture difficile les forces anglo-belges qui tiennent toujours la ligne de l'Yser, couvertes par

des inondations qu'une prise à revers rendrait désormais inutiles. 'Il y a donc dans la perte du Kemmel quelque chose de plus qu'un simple incident de bataille. Mais autant il serait puéril de contester son importance, autant il faut se garder d'exagérer sa gravité. D'autres positions nous restent, dont la valeur tactique n'est pas contestable, et qui sont diflicilement abordables de front. L'ennemi va probablement essayer de les tourner, et c'est précisément ce que nous devons empêcher, si nous voulons que l'avance effectuée par lui vendredi demeure sans conséquences sérieuses.

Quant à la bataille d'Amiens, Ludendorff doit être maintenant convaincu qu'il n'en tirera ni profit ni gloire. 11 avait foncé à la façon du taureau sur le plateau de Villers-Bretonneux, croyant ptat-être aller d'une traite jusqu'à Amiens. Or, ses conquêtes initiales viennent de lui être ravies, encore qu'il ait fait pour les garder des efforts surhumains. Refoulées vers les pentes qu'elles avaient gravies à grand'peine, ses troupes piétinent actuellement sur place, dans le trouble. qui suit des actions si chaudes. Et Amiens a encore une fois échappé à leurs convoitises, payées de quelques milliers de cadavres de plus.

' Gode^ersveWe^ /' MTDESCATS

Boeschèpe \

Westouber ^ ,. , ■

tl B^ y\ L g I/Q tJ E

Page 1