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LES HÉCATOMBES DES FLANDRES NOUS VALENT UNE JOURNÉE DE RÉPIT

(2 Mai.)

Les Allemands n'ont pas engagé, dans la dernière bataille, moins^de quinze divisions. Huit, sous les ordres de Sixt von Arnim, attaquaient à l'est ; sept, commandées par von Quaast, attaquaient à l'ouest. Si l'on ajoute à cela celles qui ont essayé de refouler les Belges au delà du canal de l'Yser, on voit que Ludendorff avait mobilisé plus de 150 000 hommes. C'est beaucoup pour un échec aussi complet que le sien.

La nouvelle a dû en être mal accueillie de l'autre côté du Rhin, si l'on en juge par la peine que^se donnent les journaux pour la pallier. Ils suent sang et eau pour lui trouver des excuses. Après les dithyrambes qui avaient salué la prise de Kem • mel, ils sont obligés de faire une pénible et pitoyable retraite. Je ne sais si l'Allemagne est toujours d'humeur à se laisser tromper.

Le kronprinz, se mettant lui aussi de la partie, a essayé de donner une fiche de consolation à ses futurs sujets, alarmés par tant de sang inutilement versé, en se ruant sur nos positions du mont Renaud, près de Noyon. Du moins,, est-ce la seule explication que comporte cette tentative isolée, qui apparaît comme un hors-d'oeuvre dans le grand drame dont Ludendorfï est le metteur en scène et le principal acteur. Inutile de dire que nos

troupes ont tenu ferme et conservé aui barrage de l'Oise toute sa rigidité.

En somme, on peut dire que la bataille livrée lundi, contre les positions alliées de Flandre, est une des plus importantes, mais aussi peut-être la plus désastreuse que les Allemands aient livrée depuis le début de leur offensive. A défaut de la coupure qui n'a pu être faite entre Français et Anglais, la marche à la mer était devenue une sorte d'obsession, comme en témoignent maints documents ramassés sur le champ de bataille, et qui jalonnent pour ainsi dire les étapes à parcourir. Le malheur est que ces étapes sont singulièrement retardées, tellement qu'on n'est plus du tout assuré de pouvoir les couvrir. Je ne crois pas cependant qu'on y renonce. Mais il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'on cherchât à en entamer d'autres, supposées moins fermées.

En tout état de cause, la ruée allemande, si largement préparée, et à laquelle les appoints procurés par le front oriental devaient donner une si redoutable puissance, est dès maintenant réduite à des opérations parcellaires, effectuées sur des champs de bataille relativement réduits.

La force des choses oblige l'ennemi à se contenter désormais d'objectifs géographiques successifs, au lieu de viser, comme il en avait d'abord l'intention, la sépa-

Lt -COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Sur le front. — Les oommuniqués ne signalent que des engagements de détail et de vives actions d'artillerie.

Les propositions de paix de l'Autriche. — LaCommission des Affaires extérieures entend les explications de M. Clemenceau, de M. Briand et de M. Pichon sur les questions soulevées par la publication de la lettre de l'empereur Charles I". Il résulte de toutes ces déclarations catégoriques qu'il n'y a jamais eu de propositions sérieuses et qu'à aucun moment on na pu entrevoir une possibilité réelle de paix.

La guerre aérienne. — Les aviateurs britanniques survolent réclusedeZeebrugge,sur les portesde laquelle ils jettent à faible hauteur plusieurs très grosses bombes.

Le canon de Crépy. — Plusieurs obus de nos contre-batteries atteignent la plate-forme bétonnée du canon à longue portée qui tirait sur Paris. L'ennemi est obligé d'arrêter son bombardement.

Secteur de Béthune. — A4 kilomètres au nord de la ville, le mamelon d'Hinges, placé sur la rive suà du canal de la Bassée, commande la plaine où serpentent la Clarence et la Lawe. Avec lacollinede Givenchy, située à 10 kilomètres dans le sud-est, il constitue un système naturel bastionné sur la courtine duquel estassisela villedeBéthuneiCommandantde Civrieux.)

C'est sur ce mamelon d'Hinges que les Anglais, au cours de la nuit, ont exécuté avec succès une attaque qui a amélioré leurs positions.

Dans les Flandres. — Bombardement intense de tout le front franco-britannique de Locre jusqu'aux abords sud d'Ypres: l'artillerie des alliés riposte vigoureusement et l'infanterie allemande ne sort pas de ses tranchées.

En Palestine. — L'ennemi a reçu d'importants renforts. L'armée Allenby est obligée de se replier sur la rive ouest du Jourdain.

ration et la destruction des forces anglaises par manque de ravitaillement. C'est dire que son plan primitif a échoué, et personne,

pas même lui, ne niera qu'il y ait là, déjà, quelque chose de très avantageux pour nous.

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