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VIFS COMBATS LOCAUX DANS LES FLANDRES

(9 Mai.)

Bien que l'artillerie continue .à gronder un peu partout, et peut-être à cause de ■cela, le point d'attaque choisi par Ludendorfî demeure toujours mystérieux. Cependant, la question d'Ypres se pose encore. Ce saillant sera-t-il ou non évacué? Je ne saurais trop répéter qi>e cette affaire est absolument connexe au dispositif de -défense générale qu'aura adopté le haut commandement. Ce dernier seul est en état de décider si la cité belge doit être abandonnée au préalable, ou si sa conservation peut servir à la résistance de nos lignes. Et sa décision ne relève point du sentiment, mais d'exigences concrètes devant lesquelles, le cas échéant, les regrets, même très légitimes, doivent tomber.

C'est précisément au-dessous d'Ypres, «ntre Clytte et Voormezeele, que l'ennemi vient, de livrer un nouvel assaut aux positions franco-britanniques ; mais, ^auf développements imprévus, on ne

peut considérer cette affaire, quelque chaude qu'elle puisse avoir été, que comme une tentative locale, que comme un essai d'acheminement, d'ailleurs avorté, semblet-il, dans la direction de Poperinghe.

Il est, par contre, hors de doute, réellement, que nous allons avoir -bientôt à soutenir une nouvelle ruée, laquelle sera au moins aussi violente que la première. Mais qu'elle se produise en Flandre, en Artois ou en Picardie, le facteur surprise lui manquera. Et c'est déjà un grand point. J'ajoute qu'en dehors de la valeur éprouvée des troupes alliées et des sages dispositions qui auront été prises, nous tiendrons en mains une arme redoutable, dont l'emploi intensif, développé jusqu^aux extrêmes limites, doit nous donner des bénéfices profitables autant qu'immédiats. C'est l'aviation de bombardement.

Elle ne doit plus être considérée à l'heure actuelle comme un simple in-

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Dans les Flandres. — Une attaque allemande, : lancée dans le secteur La Clytte-Voormeezele, donne lieu à un vif combat : l'ennemi prononce son effort des deux côtés de la route de Vierstraat à Dickebush et arrive jusqu'au bord de la crête, qui s'élève légèrement au-dessus de l'étang de Dickebush et donne des vues sur les environs.

En même temps il parvient à s infiltrer dans les villagesde LaClytte et de Voormezeele. Mais les deux divisions engagées dans l'affaire ne sont pas en mesure de pousser plus loin leur avance.

Les contre-attaques, des troupes françaises Vers La Clytte, et des troupes britanniques vers Voormezeele, arrachent rapidement aux assaillants le terrain gagné par eux et, à la tombée de la nuit, la ligne alliée est complètement rétablie.

Sur le reste du front, les communiqués ne signalent que des luttes d'artillerie.

Grivesnes. — Le village de Grivesnes occupe le centre d une ligne de croupes qui dominent la rive gauche de l'Avre, entre Moreuil et Le Monchel. Nos soldats l'avaient enlevé et victorieusement défendu Contre les retours offensifs del' ennemi , dans la journée du 31 mars, mais les Allemands avaient conservé une partie importante du parc accolé au village: ils en sont rejetés aujourd'hui, au cours d'une opération vivement menée, qui nous rapporte en outre 300 prisonniers et un matériel important.

Guerre aérienne . — Le communiqué français fignole l'exploit du lieutenant Fonck qui abat dans la journée six avions biplaces allemands.

Guerre sous-marine. — En janvier, février, mars et avril, les Alliés ont détruit chaque mois plus de sous-marins que les chantiers allemands n'en ont construit. {Déclaration officielle du ministre de la Marine.)

strument de représailles, même nécessaires. Elle est aussi un puissant élément offensif. Il s'agit d'interrompre, par des raids nombreux et compact^, le trafic des voies ferrées dont les Allemands disposent à l'arrière en si grand nombre, et qu'ils utilisent avec un large profit. La destruction des ponts du Rhin serait de même une opération stratégique de la plus haute importance. Les écluses des canaux, les lourds chalands que la Hollande, dans sa faiblesse, ne peut empêcher de circuler sur ses cours d'eau, et qui transportent la chaux, le sable, les cailloux, le ciment dont l'ennemi se sert pour bétonner ses tranchées et ses platesformes de grosse artillerie, tout cela doit être bombardé à jet continu. C'est là, une œuvre de guerre indiscutable et qui se recommande particulièrement à l'activité des alliés. Nul doute que, si elle était exé-

cutée avec vigueur et persévérance, elle ne vaille pour nous le gain d'une bataille, ou tout au moins empêche notre adversaire de livrer celle-ci avec tous ses moyens.

Trop longtemps la guerre de l'air a été considérée comme une sorte de horsd'œuvre, n'exerçant sur les événements qu'une importance "toute de circonstance et incapable de les maîtriser. La voici qui devient, sinon l'affaire principale, du moins une partie essentielle de la lutte générale, et non la moins considérable en soi. Elle doit donc avoir, elle aussi, sa stratégie et sa tactique. Elle doit posséder ses gros bataillons, et opérer par masses. Les alliés, je ne saurais trop le redire, seront bien près de la victoire finale quand ils auront pris, dans l'espace, l'ascendant qu'ils doivent avoir.

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