‹ La Guerre au jour le jourChapitre 348 sur 360 · DANS L'OISE · texte numérisé non relu

DANS L'OISE

1 Les «75» sont en action. Dissimulés derrière an léger camouflage, le télépho- \ niste ne quitte plus son poste, recevant et transmettant les ordres qui se mul- \ iiplient sans cesse au cours des opérations.

la continuation de la bataille dans les secteurs mêmes où les alliés se tiennent prêts à les recevoir.

Ces secteurs, il est vrai, sont vastes, et assez nombreux. Il y a d'abord celui de Poperinghe, qui paraît le plus menacé.

La coquette cité d'Ypres, survivante de tant de sièges, n'est plus malheureusement qu'un souvenir. Mais elle conserve pour les Allemands la valeur d'un symbole, étant le dernier reste d'un royaume qu'écrase la botte du Prussien. De plus, la ligne des alliés forme là un saillant dont l'encapuchonnage est tentant, et qui barre encore, à l'est, la plaine convoitée.

la ligne Arras- Albert, ou enfin la direction d'Amiens. Toute la question est maintenant de savoir s'il cherchera à les satisfaire par des assauts alternés, ou bien s'il lancera d'un seul coup ses forces, raffermies par cette longue accalmie, dans un embrasement général.

Pour hardie que soit cette hypothèse, elle n'est point à rejeter de plana. Les Allemands aiment à faire grand, toutes les fois qu'ils en ont le moyen. Reste à savoir s'ils ne courront pas auta nt et plus de risques en élargissant ainsi leur front d'action qu'en le limitant à des 'régions relativement restreintes, comme

Lt-COLONEL ROUSSET

6 MAI (suite)

LES FAITS

Les offensives de paix. — Le gouvernement ailemand, obligé de soutenir le moral des populations déçues par les minces résultats de l'offensive de Picardie et des Flandres, commence une démonstration ostentatoire en faveur de la paix. Guillaume II, qui n'espère pas que l'Entente réponde favorablement à ses offres insidieuses, tient à montrer à son peuple que, si la guerre continue, les Alliés en sont seuls responsables. Selon son habitude, il s'arrange de manière à donner à l'Allemagne l'impression que ses ennemis Veulent sa destruction et s'obstinent à poursuivre la guerre pour atteindre ce but.

Les efforts du kaiser tendent aussi à diviser les Alliés, à les tromper et à troubler leur opinion publique. Les Alliés répondent en resserrant les liens qui les unissent, en éclairant l'opinion et en prenant position d'une façon très nette sur les conditions de la paix. (Larousse Mensuel.)

Sur le front. — Aucune action importante: échec d'un coup de main tenté par les Allemands au sud de l'Hartmannswillerkopf.

Traité de Bucarest. — Le traité de paix des empires centraux avec la Rouman'e est signé aujourd'hui. D'importantes rectifications de frontière au profit des Austro-Hongrois dans les Carpathes et la constitution de la Dobroudja en condominium des 4 puissances centrales en forment la partie politique; les causes économiques, fixées par une série de traités additionnels, assurent à l'Allemagne des avantages considérables et consacrent le contrôle du vainqueur sur tous les rouages de l'administration du pays asservi.

Nicaragua. — Déclaration de guerre de la République à l'Allemagne et à ses alliés.

Prisonniers de guerre. — La France et l'Allemagne ratifient un nouvel accord, préparé à Berne, pour l'échange et le rapatriement.

nous le leur avons vu faire jusqu'ici.

Ce qui n'est pas douteux, c'est que, comme a dit, retour du champ de bataille, le président du Conseil, dont l'ardeur infatigable paraît insensible au poids des années, les troupes alliées, maintenant parfaitement homogènes, sont dans un état matériel et moral magnifique. Elles sauront donc résister

à l'attaque, d'où qu'elle vienne. Et si, comme nous sommes en droit de l'espérer, une aviation de bombardement très puissante prend dans l'affaire la part qu'elle doit avoir en s'attaquant résolument aux artères vitales de l'ennemi, alors nous verrons rapidement, je ne crains pas de le dire, les derniers espoirs de l'Allemagne s'effondrer.

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