L'OFFENSIVE VICTORIEUSE DE KORNILOF
(12 Juillet.)
On lisait, le mardi lo juillet, dans tous les journaux, l'information suivante, venue de Jassy :
« L'action de l'artillerie a été particulièrement active, depuis deux jours, dans les secteurs de Serbesti et de Siliesti, dans la vallée de la Putna et du Latinul, ainsi que sur tout le front de la Sereth. Des batteries ennemies ont violemment riposté au tir - des canons roumains, qui ont atteint, selon les observations des aviateurs, des résultats satisfaisants. »
Je ne croyais donc pas hier, en relatant le fait, commettre une indiscrétion dangereuse. C'est compter, il est vrai, .sans les fantaisies de la censure, auxquelles je
devrais cependant être habitué. Mais pas sons, jusqu'à la prochaine occasion. Personne ne s'expliquera, au reste, que si une nouvelle de cette importance est fausse, on n'en arrête pas au préalable la publication, ou que, si elle est vraie, on nous interdise d'en tirer les plus simples conclusions. Je pense maintenant qu'on me permettra d'enregistrer le nouveau et brillant succès que vient d'obtenir l'armée du général Kornilof. Il a accentué tellement le mouvement débordant qui visait manifestement la ville d'HaUcz, très importante tête de pont, que celle-ci a succombé peu après. Pendant ce temps, la cavalerie moscovite poussait, à l'ouest, jusqu'à la
(Cl. Rol.)
Expériences de Jets de liquides enflammés sur le front fran'çais.
U-COLONEL ROUSSET
Lomnica, dont le confluent est précisément à Halicz. Les Austro- Allemands, qui ont encore perdu plusieurs milliers de prisonniers et du butin en conséquence, font, dit-on, un nouvel appel aux Bulgares et aux Turcs. Pour le moment, ils ont dû se replier assez hâtivement en arrière et paraissent débordés sur leur droite par les Cosaques. C'est à peu* près la situation oii se trouvait déjà Bothmer l'an dernier, quand Broussiloff dut interrompre son offensive.
Sur le front occidental, l'ennemi, prévenant l'offensive anglaise, a lancé, mardi
soir, à sept heures, une vigoureuse attaque contre les positions de nos alliés, devant Nieuport. Ceux-ci, pliant sous le premier choc qui avait été amorcé par une longue préparation d'artillerie, ont dû abandonner, sur une longueur de r 300 mètres.leurs tranchées les plus septentrionales, complètement bouleversées, et reculer près de la mer, jusqu'au delà de l'Yser. Par contre, les Allemands n'ont pu garder ce qu'ils avaient pris en face de Lombaertzyde.
Il n'y a donc là, à tout prendre, qu'un accident, fâcheux évidemment, mais circonscrit et très certainement réparable.
Nous ne doutons pas un instant qu'il ne doive être prochainement réparé.