LA VICTOIRE DE KORNILOF SE DEVELOPPE
(13 Juillet.)
La prise de Halicz est pour les Russes d'une grande importance. Elle leur confère la libre disposition des deux rives du Dniester, et fait que la liaison entre les deux armées qui opèrent de chaque ( ôté du fleuve çst désormais complète. I^n outre, elle ouvre une trouée entre les troupes du Bavarois von Bothmer et celles de l'Autrichien von Kirbach, refoulés, le premier vers le nord, le second vers le sud, où sa situation risque de devenir délicate par suite de l'occupation de Kalusz, devenue un fait accompli, et qui donne à nos alliés tout le cours de la Lomnica.
L'ennemi va être obligé de reculer jusqu'à la Strij. Enfin, les vallées perpendiculaires au Dniester, par lesquelles on peut prendre Brzezany à revers, sont ouvertes à Kornilof.
Comprenant toute la valeur de cette tête de pont, les Austro-Allemands l'avaient sérieusement fortifiée et solidement occupée. On ne parle de rien de moins que de 200 pièces de canon qui constituaient son armement. Et elle était défendue par plus de deux divisions allemandes, ayant en réserve le 15^ corps ottoman. L'avance foudroyante des Russes
(Cl, Beaufrère.)
Vue du plateau de Californie (au fond), Craonne se trouve au pied.
Ll-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Au nord de 1 Aisne. — Echec d une forte attaque allemande lancée, dans la soirée, sur nos positions du monument d'Hurtehise et du Cragon.
Front russe. — A l'ouest de Stanislau, l'armée Kornilof développe son succès d'hier et les Austro- Allemands se replient, d'abord sur la Lukpwica puis sur la Lomnica.
Sur mer. — Le service de l'aviation navale britannique dans la Méditerranée orientale attaque la flotte turco-allemande ancrée dans la Corne d'Or, devant Constantinople, et jette plusieurs bombes sur le croiseur Gœben qu'il aperçoit entouré de navires de guerre et de sous-marins.
LedreadnoughtanglaisWanguarà sombre t. q :clqM s secondes à la suite d'une explosion, dans un port de la Grande-Bretagne ; la catastrophe, qui rappelle celle du Bulwark, coûte à l'Angleterre 38 officiers e/ 804 hommes d'équipage.
En Woëvre. — Au nord de Flirey, dans un secteur resté d:piis longtemps assez calme, les Allemands tentent une attaque sur nos positions, mais ne réussis' sent pas à nous surprendre.
Sur l'Yser. — Les troupes britanniques qui tiennent le secteur des Dunes, surla rive droite, entre la mer et Lombaertzyde, sont assaillies dans la soirée, après un bombardement violent qui a détruit leurs organisations défensives et rompu derrière elles les ponts de l'Yser; elles sont obligées de se replier et l'ennemi atteint la ligne du fleuve.
Front russe. — Prise d'Halicz par les troupes du général Tchérémissef (armée Kornilof) ; les avantgardes russes franchissent le Dniester et les armées des deux partis sont en contact sur la Lomnica.
Sur mer. — Le ministre de la Marine annonce la perte du paquebot Calédonien coulé le 30 min dans la Méditerranée orientale.
vers la Lomnica a rendu inutile ce puissant appareil.
On se rappellera peut-être qu'une première fois, au mois de septembre 1914, Broussiloff, avec la 8^ armée, ^avait occupé la ville. C'était le temps où les Russes marchaient en Galicie et vers les Carpathes ])ar grandes enjambées, qui donnaient aux I longrois la sensation terrifiante d'ime invasion prochaine. La grande offensive de Mackensen refoula nos alliés, privés alors des moyens de lutte nécessaires et délaissés nar le gouvernement, qui avait en tête d'autres vues. Plus tard, dans l'été de 191 6, les deux armées de Tcherbatchef tt de l.etchisky revinrent bien auprès de la ville, mais des raisons identiques, encore aggravées, forcèrent la seconde à battre en retraite. Nous savons aujourd'hui qu'avec Kerensky, ces raisons ont cessé d'exi.ster.
Ne nous étonnons pas, maintciiaiil, i\\\ silence prudent qu'Allemands et Aiiliichiens gardent sur cette aventure. Dans létat présent de leurs affaires intérieures.
ils ne se soucient guère d'avouer une défaite de cette gravité, qu'accompagne la perte, en trois jours, de 10 000 prisonniers et d'un copieux matériel. On croirait, à les entendre, que l'abandon de Halicz est le fait de leurs propres combinaisons ; même, les' bulletins de Vienne poussent l'effronterie jusqu'à prétendre que le mouvement de rt-cul n'a pas été troublé par les Russes. A cpiels subterfuges se raccrocheront-ils, c|uand sera connue l'exacte vérité?
Ici, les troupes du prince Ruprecht ne semblent pas avoir pu donner une suite quelconque à leur petit succès local de mardi dernier. Elles se heurtent inutilement aux positions de Lombaertzyde.
On peut être assuré d'ailleurs que nos alliés, dont les avions \ iennent, à l'autre l)out de l'Europe, de faire à Constantinople besogne ^i méritoire, sauront bien vite prendre leur re\anche d'un revers purement accidentel.