COMBATS ACHARNÉS AU PLATEAU DE CRAONNE
(21 Juillet.)
Il y a plus qu'une simple coïncidence entre les attaques furieuses que le kronprinz prodigue contre nos positions et les événements qui se passent au Reichstag.
Les premières sont faites, à n'en pas douter, pour influencer les seconds, en tâchant de justifier cette parole un peu hasardée de M. Michaëlis, que « la force des troupes allemandes est restée intacte; tandis que leur savoir militaire est supérieur à celui des alliés ». Seulement, on n'a réussi Jusqu'à présent qu'à démontrer le contraire, car, pour la force, passe encore à la rigueur, mais pour le savoir, il suffit, si l'on veut le juger, de s'en rapporter aux résultats. Le savoir consiste à tromper son adversaire, à le surprendre, à le manœuvrer en un mot, de façon à pouvoir l'écraser ensuite-. Bien osé, ou bien prévenu, celui qui prétendrait accorder de tels mérites au kronprinz, dont les bourrades continuelles, mais divergentes et dissociées, se recommandent surtout par l'absence de conception raisonnée et de toute espèce de coordination.
Ayant foncé par deux fois, et sans suc-
cès, contre le moulin de Touvent, au sud de Saint-Quentin, il est ensuite revenu au Chemin des Dames, d'un côte vers Cern}-, qu'il n'a pu aborder, de l'autre entre Hurtebise et Craonne, où il a dû payer fort cher la prise de quelques boyaux avancés, dans lesquels il étouffe. Là, s'v i-eprenant à deux fois, d'abord avec la 5® division de la garde, sortie fort éclopée de la bagarre, puis avec d'autres forces plus considérables encore, il a fait l'impossible pour nous débusquer du fatal plateau, dont la perte lui tient tant au cœur. Mais, en dépit des plus lourds sacrifices, il ne l'a pas repris. Dira-t-on que c'est là faire la guerre? Alors, il suffirait de confier le commandement à un boucher.
Pendant ce temps, à l'autre extrémité du front, l'autre héritier, celui de Bavière, essa^^ait d'enlever aux Anglais leurs positions de Lombaertzyde, sans la possession desquelles les gains qu'il a faits dernièrement du côté de Nieuport demeurent incertains et précaires. Il n'a pas été plus heureux et en reste pour sa tentative de devancement. Au reste, la canonnade,
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