DE SAINT-QUENTIN AU BOIS D'AVOCOURT
(20 Juillet.)
Les attaques allemandes changent de place, mais conservent le même caractère, et aboutissent aux mêmes sanctions.
Avant-hier mercredi et hier jeudi, l'ennemi a opéré dans un secteur qui depuis longtemps était au calme, celui de Saint- Quentin. Des vagues d'assaut, embrassant un front de 800 mètres environ, ont été lancées contre le mamelon du moulin de Touvent, à l'est de Gauchy, sur un terrain où, le 19 janvier 1871, la 16^ division prussienne avait déjà livré des combats sanglants. Et rien n'a été changé au scénario usuel. Je veux dire qu'après avoir pris pied dans quelques-unes de nos tranchées de première ligne, les Allemands ont été chassés, sauf sur un petit nombre de points qui ne tarderont pas à être repris à leur tour.
Sur l'Aisne, c'est la 5e division de la garde qui a donné. Le léger bénéfice de
terrain qu'elle a pu obtenir ne compense pas les lourdes pertes qu'elle a essuyées.
Une autre tentative faite au sud du bois d'Avocourt pour reconquérir les positions perdues, — c'est la huitième, — a échoué avant même que nos lignes aient été abordées. Et c'est tous les jours à peu près la même antienne. Je ne crois pas qu'il y ait, dans toute l'histoire des guerres, exemple d'une obstination aussi obtuse, aussi inutilement coûteuse, aussi dénuée de sens militaire pratique que celle à la quelle le jeune Guillaume doit son renom justifié de massacreur impénitent. Si le vieux Moltke était encore là, il lui ferait donner les étrivières. Haeseler lui-même, pourtant bon courtisan, en a pris sa retraite sans visée de retour.
Rien de nouveau sur le front russe. I.a bataille de Galicie est toujours assez dure, surtout au sud de Kalusz. De vagues
(U. ivleurwse.)
Pfessé s'açheminant vers l'ambulance, après^ un premier pansement.
Ll-COLONEL ROUSSET
Un coup de surprise
Alors qu'un autobus londonien, mobilisé comme tant de ses anciens voyageurs, complissait sa tâche journalière et ramenait du front les combattants, une attaque^
1 retour des tranchées
déclencha. Faisant face à l'embuscade, les soldats anglais reprirent la lutte qu'ils venaient de quitter. Surpris par cette prompte riposte, leurs agresseurs lâchèrent pied.
U-COLONEL ROUSSET
LA GUERRE AU JOUR Lk JOUR
rumeurs circulent encore sur les regains «l'activité qui se seraient manifestés devant Riga et Dwinsk, d'une part, et, de l'autre, vers la frontière roumaine, où le roi Ferdi-
nand vient d'aller visiter son armée. Mais elles n'ont pas assez de consistance pour que nous nous croyions autorisés à en faire état.