LE FRACAS DE , L'ARTILLERIE IRETENIIT FURIEUSEMENT DANS LES FLANDFES
(28 Juiîlef.)
Le kronprinz corse ses attaques, comme on peut le voir d'après les communiqués. C'est maintenant par corps d'armée entiers qu'il procède, au moins sur le Chemin des Dames, sans que les résultats qu'il obtient deviennent meilleurs. Et cette persistance meurtrière serait absolument incompréhensible, si une phrase du dernier radio allemana ne nous en donnait, jusqu'à un certain point, l'explication. « La furieuse lutte d'artillerie qui fait rage dans les Flandres, dit-elle, laisse à l'arrière-plan tous les autres événements. [» C'est bref, mais clair. Impossible d'accuser plus nettement les craintes que fait naître la reprise éventuelle d'une offensive anglaise, que cette terrible canonnade semble annoncer. Ludendorff met en garde l'opinion contre des événements qu'il redoute sans pouvoir les empêcher, car, malgré les nombreux
efforts faits pour pénétrer les desseins britanniques, ceux-ci ^restent entourés de mystère et d'un inconnu inquiétant.
Quant à Hindenburg, il évalue à leur juste mesure les avantages que nous donneraient, le cas échéant, notre situation actuelle et les positions conquises dans l'offensive d'avril. La domination que nous exerçons sur son aile gauche lui paraît à bon escient, dangereuse, et, pour y échapper, il a invité le kronprinz à foncer sur nous tête baissée, sans se soucier de la casse. Celui-ci, qui ne rêve que plaies et bosses, n'a pas eu besoin qu'on le lui répétât deux fois.
Je l'accusais de folie furieuse et j'avais tort, car sa justification tient tout entière dans la petite phrase citée plus haut.
Mettons donc, si vous voulez, que, dans son obédience aux ordres du dictateur.
4J-C0L0NEL ROUSSET
LES FAITS
Au nard de l'Aisne. — Une attaque allemande à loizil de la fermz Hirtebiie est repoussée aorès un vif combat.
Front britannique. — Nombreux raids sur différents points des lignes allemandes, notamment vers l'usine de produits chimiques de Rxjx et dans le secteur d'Ypres. « Continuons à garder les yeux ouverts sur l'ouest, dit la presse allemmde. Là, l'Angleterre se lijre à aie de ces préparations d'artillerie que nous connaissons et qui est éoidemnent le prélude d^une 00 i isivs puissante... A Y près hier, 40 ballons captifs anglvt étaient en obszroation. »
G terre aérienne. — Le capila'm Giyiemer abat dans la journée 2 avions ennemis, l'un 'au nord i'Vpres, l'autre à lalisière de la forêt dHoitulsl et mregistre ainsi :a 50* victoire.
En Russie. — Le ouJernement provisoire décrète la fermeture des frontières jusqu'au 15 août.
Au nord de l'Aisne. — Dans l'après-midi, après un court mais très violent bombardement, l'ennemi lance sur Hurtebise des vagues d'assaut qui sont bientôt arrêtées par nos feux et regagnent en désordre leurs tranchées de départ.
Front russe. — Au nord du Dniester, les Austro- Allemands atteignent la frontière russe et franchissent la rivière Zbrucz à Husiatine et à Skjala. Au sud du Dniester, ils arrivent entre Horodenkfl et Zaleszicki. En Bukpvine, ils progressent dans les vallées du Czeremosz et de la Moldava.
M. Kerensky se rend au grand quartier général et convoque pour une importante conférence les commandaits d'armies, l'ancien généralissime Alexetef, le général Roussky et l'ancien ministre de la Guerre Goutchkof. Des mesures énergiques sont décidées pour le miintien de la discipline et la peine de mort est rétablie sur le front.
il ne cherche pas midi à quatorze heures et frappe comme un sourd, ou comme wn aveugle. Chacun agit en ce monde suivant ses facultés. Mais il n'en reste pas moins que quelqu'un de plus avancé que lui dans la technique rejetterait bien loin de tels procédés d'écolier.
Faut-il maintenant parler du front russe? Hélas 1 je ne vois pas grand'chose à ajouter aux bulletins tragiquement éloquents qui nous viennent de Petrograd, sinon que, tandis que la bataille de Lithua-
nie paraît apaisée, la Galicie est évacuée progressivement, et la Bukovine risque de l'être bientôt à son tour. Déplorables effets d'un délabrement moral qui ne peut être conjuré que par des moyens héroïques.
Ceux-ci, le gouvernement et le commandement sont certainement disposés à les prendre. Espérons qu'ils ne viendront pas trop tard pour sauver la liberté de la Russie çt, comme a dit M. Kerensky, d'un mot énergique pour « conjurer l'opprobre qui menace le pays ». ♦