LA BATAILLE S'ÉTEND
(2 Septembre.)
Les attaques se succèdent sur le front occidental. Seulement, elles viennent maintenant de notre côté.
Après la bousculade de Verdun, dont l'ennemi ne semble pas encore remis, en voici une autre, qu'il subit sur le Chemin des Dames. Nos soldats l'ont fait reculer, au nord-ouest d'Hurtebise, sur un front de I 500 mètres et une profondeur de 300. Ils lui ont tué, paraît-il, pas mal de monde et pris 150 prisonniers, dont cinq officiers, plus sept mitrailleuses. Affaire de deuxième ordre, évidemment, mais qui montre qu'un renversement s'est produit dans la position des deux adversaires, et que l'assaillant çst maintenant assailli à son tour.
Comme le fait est général, au moins sur le front occidental, chaque groupement des forces ennemies est obligé maintenant de se suffire à lui-même. Le kronprinz Ruprecht ne peut pas plus'^our son confrère Frédéric-Guillaume que celui-ci pour lui. Et, en Italie, les Autrichiens de Boroevic, si rudement houspillés, explorent vainement l'horizon pour y chercher des renforts qui ne se montrent pas.
Mieux encore. Nul n'ignore plus, hélas ! combien mal se défendent les troupes russes et que leurs défaillances constantes sont pour les héroïques Roumains un sujet
de craintes, d'inquiétude et de douleur. Eh bien, malgré les succès locaux qu'elles procurent aux Austro-Allemands, ceuxci ne font que des progrès insensibles. Mackensen d'un côté, l'archiduc Joseph, de l'autre enlèvent bien quelques pitons ou quelques villages, mais ces conquêtes ne les empêchent pas de piétiner. On se rend parfaitement compte qu'ils manquent de l'élément propulseur indispensable, lequel consiste en des réserves suffisantes en nombre et en qualité. J'ai tout lieu de croire que, sans l'attitude énergique des Anglais, des Français et des Italiens, il en irait autrement.
Débusqués de leurs positions de Verdun, serré s étroitement dans Lens qu 'ils essayent vainement de dégager, convaincus que, sur le plateau de Bainsizza, leurs acolytes autrichiens, déjà entamés au San Gabriel e, arrivent peu à peu au terme de la résistance,
— leurs communiqués, si arrangés qu'ils soient, en donnent nettement l'impression,
— les Allemands vont-ils essayer d'autre chose? On pourrait le croire en voyant se rallumer tout à coup le front de Macédoine, qui, depuis longtemps déjà, semblait endormi.
L'artillerie est redevenue très bruyante devant Monastir comme aux entours du Doiran, et les Bulgares, sortant de leurs
U-COLONEL RCUSS F
LES FAITS
Front occidental. — La lutte d'artillerie est très violente au nord de Verdun, sur le Chemin det, Dames, en Champagne et devant les lignes britanniques dans les Flandres, mais il n y a pas d'opsraiicn importante à signaler.
En Russie. — Les Allemands développent leur succès sur la rive droite de la Dwina et débordent complètement Riga par le sud-est : /• Russes achèvent en toute hâte l'évacuation de la ville. Le communiqué de nos alliés reconnaît que les contre-attaques de leurs troupes sont restées sans succès.
Front raumain. — La pression allemande est toujours contenue malgré les attaques violentes lancées encore dans la journée d'hier au nord de Focsani, près d'Ireschti. Le général Berthelot, chef de la mission française et les officiers qui l'accompagnent donnent à l'armée roumaine un concours hautement apprécié.
A Sapigneul. — Nos reconnaissances pénètrent par surprise dans un saillant de la ligne ennemie: un vif combat s engage au cours duquel la garnison allemande est décimée et faite prisonnière.
En Champagne. — Un autre coup de main exécuté aux abords de la route de Souain à Scmme- Py mène nos soldats dans les tranchées allemandes sur un front de 800 mètres. Ils font sauter les abris de l'ennemi et ranèient du matériel .
L'usure allemande. — Une note officielle du commandement français établit que, pendant les combats du mois d'aoiît, les offensives alliées sur le front occidental ont mis hors de combat 40 divisions ennemies qui ont dû être retirées du front.
En Angleterre. — Nouveaux raids d'avions allemands dans les soirées d'hier et d'aujourd hui : nombreuses victimes à Douvres et à Chatham.
Front Russe. — Entrée des Allerraids à Riga.
^epaires, ont attaqué à plusieurs reprises, d'ailleurs sans succès, nos positions de la Serka. Si c'est une diversion que veut
tenter là la coalition, on conviendra qu'elle est bien excentrique. Je crois néanmoins qu'il- y faut faire attention...