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COUP D'ŒIL SUR LA BATAILLE

(3 Septembre.)

Je n'ai que fort peu de chose à dire aujourd'hui des opérations militaires, sous peine de tomber dans les redites. Sur le Chemin des Dames, les Allemands ont contre-attaque sans succès nos nouvelles positions d'Hurtebise, dont la perte est bien faite pour les inquiéter. Les voici maintenant, en effet, accrochés aux crêtes septentrionales du plateau dont les pentes, fort raides, descendent vers la coupure de Vauclerc. Une poussée violente pourrait les précipiter dans Labîme. Ils en ont conscience, et s'efforcent de conjurer le péril, afin de ne pas perdre le peu qu'ils tiennent •encore de ces hauteurs tant regrettées. Mais ils n'y réussissent guère, et c'est nous, au contraire, qui les refoulons lentement vers le trou béant derrière eux.

Danslemêmetemps,àl'estdçrisonzo,les Autrichiens s'épuisent en efforts sanglants pour sauver le San Gab^riele, que nos amis italiens enserrent étroitement et soumettent à un feu infernal. Les contre-attaques succèdent aux contreattaques. Mais elle coûtent terriblement cher. On parle de plus de loo ooo hommes que l'ennemi aurait déjà perdus, sans compter 26 531 hommes et 720 officiers prison-

niers. C'est un chiffre sur l'éloquence duquel il n'est pas besoin d'appuyer. Aussi Boroevic réclame-t-il des renforts, qu'on aura, je crois, grand'peine à lui fournir.

Car il ne saurait être question, au moins jusqu'à nouvel ordre, de dégarnir le front oriental, où Mackensen lui-même, assuret-on, crie à l'aide. La vérité est que les Austro-Allemands non seulement n'y progressent pas, mais même semblent contraints de modérer leur offensive. Leurs bulletins, à cet égard très significatifs prennent, depuis quelques jours, un ton de modestie auquel nous n'étions pas habitués.

Il est certain donc que, si l'armée russe redevenait capable de quelque chose, la situation pourrait se retourner assez rapidement. Malheureusement, tant que les soviets n'auront pas été mis à la raison, sinon complètement jugulés, il est à craindre que labonne volonté deM. Iverensky et du général Kornilof ne s'exerce dans le néant L'opposition qui leur est faite ne cédera qu'à la force, et nous en avons la preuve dans ce fait que les comit.'s anarchiques viennent encore, en un moment aussi tragique que celui-ci, de pro-

U -COLONEL ROUSSET

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