RIGA, LES FLANDRES ET LMSONZO
(4 Septembre.)
Voici qu'en Courlande les Russes abandonnent, sous la pression allemande, des positions qu'ils tenaient depuis près de deux ans et que, malgré des efforts maintes fois renouvelés, l'ennemi n'avait pu emporter. Ce sont les Russes eux-mêmes qui, devançant Ludendorff, annoncent la grave nouvelle. Jusqu'à la dernière minute, on se refusait à croire à l'abandon du secteur de Riga, encore qu'il fût considéré comme probable depuis plusieurs jours.
Hier, les Russes reconnaissaient sans ambages qu'ils n'avaient pu empêcher l'ennemi ni de franchir la Dwina à .Ixull, 25 kilomètres au sud-est de Riga, ni de s'étendre assez loin sur la rive droite. D'autre part, une offensive allemande se dessinait le long de la chaussée de Mitau, dans la direction du nord, et tout cela semblait présager l'attaque concentrique de Riga.
Que se passera-t-il demain ? On a bien changé le commandement suprême, mais on n'a point changé encore le fâcheux
état d'esprit qui le contrecarre et le rend impuissant. Dans ces conditions, il est impossible de préjuger quoi que ce soit touchant les événements à venir.
Une grande activité de l'artillerie est signalée partout sur le front franco -anglais, ce qui indique peut-être une reprise prochairte des actions offensives. Mais, pour le moment, on en est toujours aux coups de mains. Il est vrai que les Allemands ont essayé, à plusieurs reprises, de nous reprendre les positions perdues au nordouest d'Hurtebise.
En Italie, la bataille semble s'être un peu apaisée. Nos vaillants alliés ont sans doute besoin de reprendre haleine, après le rude coup de collier qu'ils viennent de donner, et, de l'autre côté, les Autrichiens sont obhgés de panser leurs blessures, qui sont profondes. Ils ont encore perdu un peu de terrain sur le Carso et dirigé contre les abords du San Gabriele plusieurs contreattaques infructueuses. Enfin, des avions italiens se sont chargés d'aller annoncer
U-COLONEL ROUSSET
aux habitants de Vienne les sanglants échecs qu'avaient subis sur l'Izonzo les armées de la monarchie. Façon héroïque
et galante à la fois de corriger les inexactitudes voulues dont fourmillent les bulletins de von Hœtzendorf.