LES ALLEMANDS ONT PRIS RIGA. DWINSK EST TOURNÉ
(5 Septembre.)
Les troupes russes, ou tout au moms certaines d'entre elles, sont décidément en proie à un désordre moral qui semble devenir irrémédiable. Elles refusent de combattre, elles lâchent piedavant même
la Dwina, jusqu'ici inviolée, a été forcée uniquement parce que ceux qui en avaient la garde se sont "enfuis volontairement, dit leur propre bulletin, et Tparce que les essais de réaction furent trop tardifs ou
(Cl. Section phot. de l'Arinte italienne.)
Matériel de guerre autrichien capturé pur les troxpes italiennes.
d'avoir été engagées. Elles abandonnent, sans vouloir les défendre, des positions de première importance, dont la perte compromet l'existence même de leur pays.
C'est un spectacle navrant et qui n'a pas, je crois, d'antécédents dans l'histoire. Mais aussi, on en vit jamais gouvernement, stable ou provisoire, saper les bases les plus essentielles de l'organisation militaire aussi allègrement que l'a fait ou laissé faire celui qui renversa le tsarisme. La détestable moisson lève aujourd'hui, qui fut semée par des criminels ou des fous.
La perte de Riga est un des événements les plus graves qui se soient encore produits sur le front oriental. Deux jours ont suffi pour anéantir les effet d'une résistance qui avait duré deux ans. Là^ligne de
trop mous. Cette douloureuse affaire prive la Russie du meilleur point d'appui qu'elle eût dans la Baltique, et procure aux Allemands une base qui, après les avoir rendus maîtres de cette mer, leur ouvre peut-être la route de Petrograd.
Je dis peut-être, car on ne saurait affirmer qu'ils soient en état d'entreprendre ce voyage hasardeux de 500 kilomètres.
Pas plus ici qu'en Moldavie, ils ne semblent pouvoir, au moment où nous sommes, donner suite aux vastes entreprises que leur ambition a certainement entrevues un jour, mais auxquelles ils ont dû renoncer déjà. Leur action sur le font oriental est restreinte, incertaine, presque hésitante. Ce n'est ni par le nombre ni par la force que von Eichorn vient de conquérir la Livonie.
Lf-COLONEL ROUSSET
Il ne doit sa victoire qu'à la défaillance inexcusable d'un adversaire qui s'est effondré devant lui. Est-il sûr de n'en jamais rencontrer qui soit de meilleure trempe? Toute la question est là.
Mais, en tout état de cause, il est grand temps que ceux qui ont assumé la charge des destinées moscovites ouvrent les yeux à la lumière. Il ne s'agit plus maintenant de disserter avec plus ou moins d'éloquence sur des questions abstraites de philosophie sociale. Il s'agit de savoir si l'on veut, ou non, conserver l'existence. Primo vivere. Et pour vivre, il faut d'abord rendre sa solidité à un organisme que l'invasion du virus anarchique a fait tomber en décomposition. La tâche, j'en conviens, est
difficile. Elle est exclusive de toute faiblesse et de tout atermoiement. Mais elle s'impose avec une rigueur implacable. A la façon plus ou moins complète et rapide dont elle sera exécutée, nous jugerons si aux cloportes malfaisants de la bureaucratie autocratique a succédé une équipe appartenant à la race des grands révolutionnaires ou à celle des simples démolisseurs.
En ce qui concerne les autres fronts, les communiqués me paraissent pouvoir se passer de commentaires. Bien qu'énonçant une série de petites actions plutôt favorables aux armes alliées et de nombreux exploits accomplis par nos aviateurs, ils ne nous annoncent aucun fait qui soit de nature à modifier la situation-