SLAVES ET GERMAINS IW
le prix <fo 868^ lomgtÊf efforts et à qm se fermait la route de TAiiatcdie et de la Mésopotamie, après que les Tictoires du Japon avaient rendu plus que proMématiques ses espérances de succession chi^ noise*
. Une expérience de yfia^ ans lui arait prouvé que son dessein d'Empire unÎTersel n'avait aucune chance de succès tant qu'elle n'aurait pas détruit ralliance franco^russe, renforcée depuis 1^4 par Fentente franco'^anglaise. Elle se trouvait vraiment à un tour^ nant déiàsif de son histoire. Se contenCerait-elle de la situation magnifique quelle avait cohquise et que personne ne lui disputait? Engagerait-elle une partie dont l'enjeu était l'Empire du monde, mais qui, en cas d'échec, mettrait peut-être en question l'existence même de l'Unité germanique, telle qu'elle était sortie des mains de Bismarck?
11 ne isemble pas qu'dile ait eu un moment d'hésitation. La guerre balkanique n'était pas terminée que M. de Bethmann-HcHw^ préparait la loi qui augmentait dans des proportions énormes les forces mflitaires de rAllemagne, et il la justifiait par des paroles significatives :
— Une chose est certaine : s'il ee produisait jamais une conflagration européenne qui mtt en fece le Slavisme et le Germanisme» ce serait alors pour nous un désavantage évvdent que, dans la balance des forces, la position que tenait jadis la Turquie, fût maintenant en partie occupée par des Etats slaves.
(Tétait le vieux cri de guerre, celui que poussaient Albert l'Ours et Henri le Lion, quand, au xm« siècle, ils menaient les Saxons de l'Elbe à la croisade contre les Slaves de l'Oder. Peut-être l'Angleterre n'interviendrait-elle pas, puisque ses intérêts ne seraient pas directement en jeu et qu'on prétend que la
diplomatie anglaise, si énergique et si prompte dans les incidents quotidiens de la vie, manque souvent de prévoyance et se soucie assez peu des périls lointains. Dans tous les cas, c'était un risque à courir, et les généraux allemands ne s'en effrayaient pas. On disait jadis à Pétersbourg que le chemin de Constantinople passait par Vienne; on pensait maintenante Berlin que ce chemin de Constantinople passait par Paris. Guillaume !•' avait été sacré Empereur d'Allemagne à Versailles, Guillaume II y ceindrait la couronne d'un nouvel empire de Charlemagne. Une fois la France réduite à merci, la Russie serait facilement battue et rejetée vers l'Orient : il serait alors aisé de soumettre cette poussière de principautés slaves qui n'étaient que le reflet de la force moscovite.
Le vote de la loi militaire fut accompagné d'une violente campagne de presse dirigée contre la Russie d'abord, puis contre la France, quand celle-ci répondit à la loi militaire allemande de 1913 en rétablissant le service de trois ans. En même temps, on cherchait à gagner l'Angleterre en essayant de l'amener à un partage des colonies portugaises. Le Cabinet britannique, sans se départir de sa réserve, s'efforçait cependant de ne pas décourager les bons sentiments qu'on lui manifestait. Il pensait que ses intentions nettement pacifiques seraient contagieuses, et qu'une fois convaincue des dispositioùs amicales de Londres, l'Allemagne reviendrait elle-même à une politique plus modérée. Une escadre anglaise se rendait à Kiel quand le meurtre de François-Ferdinand fournit à la politique austro-allemande le prétexte qu'elle attendait.
Clausewitz écrivait : Der Krieg ist tint blosze Foriseizung der Poliiik mit anderen MUteln^ la guerre n'est qu'une continuation de la politique par
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des moyens différents. Moltke avait repris cette définition en 1868 dans une séance de la Diète. — Puisque l'Europe ne se soumettait pas de bonne grâce à rhégémonie allemande, il fallait bien la lui imposer. La lutte actuelle n'est ainsi que la conclusion normale et nécessaire de toute la politique de Guillaume II.
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