LES LIBÉRAUX ALLEMANDS
msme, et les barrières que Ton supposait assez sdides pour contenir la marée belliqueuse, ont été baayées comme fétus de paille. Ceux-là seuls s'en soit étonnés qui n'avaient de TAllemagne qu'une comaissance superficielle ou théorique et qui ne s'ét4ent pas ainsi assez nettement rendu compte de la rapidité avec laquelle les vaincus de 1866 s'étaient assimlé les méthodes et les conceptions de la Prusse.
Les libéraux de Touest et du sud ont oublié en quelques années la capitulation de Langensalza et les exictions des généraux prussiens à Francfort pour s« réjouir de la place éminente que depuis lors ils ont orise par procuration dans l'histoire politique du monde. Us n'ignorent pas que le prétendu Empire fédéral l'est en réalité qu'un royaume de Prusse agrandi, que c'est le roi de Prusse qui dispose des impôts qu'ils payent, qu'il commande à son gré les soldats q\iïls fournissent, et que seul, avec ses hobereaux, il fait la guerre et la paix. Ils se consolent de leur subordination, ou plutôt s'en réjouissent, parce qu'ils en ont trouvé la raison suffisante.
Pourqijoi l'Allemagne qui, au Moyen Age, avait fondé un Empire magnifique, a-t-elle croupi plusieurs siècles dais une anarchie qui l'a livrée sans défense aux invasions? C'est que les Dieux, qui l'avaient comblée à son berceau de leurs présents les plus somptueux, lui avaient refusé l'esprit politique. La splendeur même de ses qualités, en lui rendant odieuse toute subordination, la condamnait à l'anarchie, et elle épuisait ses forces exubérantes dans des dissensions mesquines et des querelles ruineuses. Le noble métal avait besoin d'un solide alliage, et c'est cet alliage que représente la Prusse. Elle est l'intendant un peu rogue et hargneux, mais inflexible et vigilant de la fortune publique. Elle défend avec âpreté et elle accrott le patrimoine national. Elle n'a pas toujours
la main légère^ mais une poigne moins lourde n'aumi pas étouffé les traditions centrifuges. Si elle sounet ses sujets à une dure éducation, la verge de fer arec laquelle elle les châtie lui sert aussi à les défeidre contre Tennemi toujours aux aguets.
La constitution fédérale de 1867 avait été dctée par die, c'est-à-dire qu'elle avait été combinée dans l'intention d'assurer à Berlin une prépondérance incontestée. Depuis lors, elle s'est développé» dans le sens de ses origines* Au moment où elle fut votée, les unitaires reprochai^it à Bismarck d'avdr trop ménagé les droits des souverains secon<iaires : l'avenir a prouvé la vanité de leurs craiites. En réalité, depuis 1867, le Bimdesrath, l'assemblée des délégués des États, n'a été enbre les mains des Chanceliers qu'un instrument docile et souple, dont ils joutât à leur guise pour ramener à l'obéissance l'Assemblée poimlaire, si elle se risque à des téniatives d'émancipation.
En réalité d'aill^irs, elle n'y songe guère. Le ^Reichstag est censérepréaenter la volonté de la natioA, mais cette volonté ne s'eiprime que pour abdiquer. En proclamant le suffrage universel, Bismarck n'a accordé qu'une satisfaction platonique aux libéraux dont il jugeait le concours nécessaire; il c'a renoncé à aucune parcelle de saa pouvoir. Après coinme avant 1866, la trinité prussienne se compose de la dynastie, de l'armée et de la bureaucratie. A côté, le Reichstag les regarde agir, et dans ses minutes de révolte, critique quelquefois leur œuvre, sans songer à modifief la ligne de route.
C'est par abus de langage que Ton parle de Parlement allemand. Le Chancelier n'est pi^ responsable devant les députés, et il ne se retire que s'U a cessé de plaire à l'Empereur : ils l'apprennent par les journaux. Il est dang^^ux pour les ministres d'avoir