‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 85 sur 124 · LES LIBÉRAUX ALLEMANDS · texte numérisé non relu

LES LIBÉRAUX ALLEMANDS

Voreille de la Chambre; leur popularité les compromet près du souToram. Le Reidistog a le droit d^initiative; seulement, il n'en use pas, parce que ses propositions se heurteraieat au Teto oq au silence dédaigneux du Bundesraih. Il TOte le budget; mais s'il le repoussaôt, les anciens naipôts eontinuenôent légalement à être perçus comme par le passé. En somme, ses droits,, purement négatifs, se bornent à s*oppo6er aux lois nouvddes et. aux surtaxes.

La fonction crée rorgane, l'inaction détermine rairophie. Gononent une iangveur impuissante n'en- ▼ahirait-elle pas les plus virils amMits de la liberté, mués par une constitution calmante en gardiens du sérail? On s'en est aperçu en 1908, lors de la crise qui suiTÎt la publication par le Dailg Telegraph des discours que l'Empereur avait tenus en Angleterre à dirers personnages politicpies. Us étaient au moins bizarres et souleyèrent un ioÛé général. L'indignation publique eut son écho dans le Reichstag, vers la sod-nptembre, dans la temmne noire de la monarchie pivssienne. Guillaume H j entendit de dures apcMS^ trophes : — Entre lui et la mitioa un abtme se creuse, car, dans toutes les circcaiatances de sa vie, le Kaiser ne pense pas comme un Allemand, iè» parle pas

comme un Allemand Le coi doit dtre le premier

serviteur de l'État, et si un sénateur de l'Etat, mi fonctionnaire, faisait qurique chose de semblable, le Tribunal d'Empire le mettrait en accusation; etc.

Et le résultat? — Des fwopositions de révision de lé constitution que le gouvernement néglige et que la majorité abandonne {Hvsque aussitôt, k retraite de M. de Bûlow qui avait répondu avec trop de complaisance aux interpellations, et la proclamation par son successeur, M. de Bethmann-HoUweg, avec plus d'insolence que jamais, de la royauté de droit divin : « Ce n'est pas le peuple qui s^est donné une royauté»

Les rois de Prusse sont rois par leur propre droit. Le gouvernement des partis serait la fin de la Prusse historique. Elle ne se laissera pas égarer dans les eaux du parlementarisme, et à la puissance de sa royauté on ne touchera pas. »

Les députés baissèrent la tête, leur algarade leur laissait une certaine honte, et de leur courte ivresse il ne leur restait qu'un fort mal aux cheveux. Ils reprirent le piétinement moutonnier de leurs délibérations futiles et, comme épuisés par cette levée de boucliers, ils recommencèrent leurs petits marchandages avec les bureaux. Us se vantaient d'être des réalistes en politique, entendez qu'ils sacrifiaient leurs principes aux avantages sonnants et trébuchants et qu'ils ne voyaient dans leurs programmes qu'un article d'échange. Gomment dès lors se seraient-ils élevés à de hautes combinaisons de politique internationale, auraient-ils réfléchi aux dangers que préparaient à l'Allemagne les roueries de ses diplomates, les inepties de ses journalistes et les criailleries de ses flagorneurs l D'ailleurs, eussent-ils trouvé en euxmêmes assez d'énergie et d'intelligence pour s'opposer au courant, qu'ils n'auraient pas été suivis par leurs électeurs. A diverses reprises le Reichstag avait montré quelque répugnance à voter les taxes militaires nouvelles ; chaque fois, il avait été dissous et l'opposition avait été écrasée. Le Chancelier, quel qull fût, n'avait qu'à battre la charge pour que les ' majorités dociles répondissent à son appel; afin de conserver leurs sièges, les députés, instruits par de pénibles expériences, hurlaient avec les loups, hurlaient à la mort.

Les moins ardents n'étaient pas les catholiques. L'Allemagne est un Empire protestant qui présente

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