‹ la guerre d'escadreChapitre 6 sur 26 · LES FLEUVES · texte numérisé non relu

LES FLEUVES

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En achèvement..

Independenda,

Set&de-Septembro (i)

Marines argentine^ përnvienne, chilienne, chinoise et japonaise.

— La république Argentine vient de faire construire en Angleterre deux monitors cuirassés, el Plata et los AndeSj d'un déplacement de 1800 tonneaux.

De l'autre côté de TAmérique méridionale, le Pérou compte

settj Niobe, Shawnee, Suncook, Yuzoo, Hero^ Minnetonkay Modoe, Napa, Oldego, Piscaiagua, Wassuc, porte -torpilles.

(1) Construit au Brésil. Cuirasse de 10 centimètres. Un réduit sur le pont pour 4 canons rayés de 150 kg*

une frégate cuirassée de quatorze canons, deux monitors achetés en 1869 aux États-Unis et trois batteries flottantes (1).

Le Chili a commandé en Angleterre YAlmirante Cochrane et le Valparaiso, cuirassés à batterie dont nous aurons plus tard à décrire le type; il possède de plus deux batteries flottantes, MagalUmes et Tolten.

Enfin, si Ton ne peut encore parler des navires cuirassés de la Chine y représentés uniquement aujourd'hui par quelques coques mal construites, où Tartillerie est abritée derrière des plaques de tôle superposées, il faut citer les débuts de la marine japonaise, qui compte actuellement deux petits cuirassés, un bélier construit autrefois à Bordeaux pour les confédérés, et une frégate achetée en Angleterre (2).

Comme on le voit, le besoin d'avoir des navires cuirassés s*est fait sentir de toutes parts ; des millions se sont transformés en plaques de blindage (3), et, s'il ne faut pas accorder à un grand nombre de ces navires une importance réelle aussi considérable qu'on pourrait le supposer à première vue, il n'en est pas moins vrai que, dès aujourd'hui, il faut prévoir le moment où, dans les opérations militaires sur des plages lointaines, on devra compter avec les puissants canons et les épaisses cuirasses.

Indépendamment des navires qui, par circonstances de mer

(1) Fn^te, Indeptndencia; monitors, Victoria et Loa; batteries, {/«ton, Aîa- Imalpa et Mancoeapac {e\-Huaicar) ( 3 canons dans une tourelle).

(2) Ga bélier porte sur le pont deux réduits : celui de l*aTant est armé d*un canon de Si centimélres, celui du milieu de deux canons de 16 centimètres; c*est un navire très-fieux et presque pourri. La frégate est cuirassée à la flottaison seulement, à 12 centimètres au maximum; elle ne porte que des cauons de petit calibre.

(3) En estimant à 1200 fr. le prix du tonneau du navire complètement armé, les

ou par accident iinprévu, disparaissent peu à peu des rangs de la flotte de combat, un certain nombre sont mis chaque année hors de service, condamnés ou affectés à des destinations autres que celles de la guerre ; c*est ainsi que, malgré le soin avec lequel on cherche dans beaucoup de pays à conserver inscrits sur les listes de la flotte des navires qu'il serait bien difficile d'utiliser, on peut se rendre compte, en comparant les tableaux ci-dessus avec ceux qui ont paru il y a quelques années, des vides qui se sont produits. Certaines nations ont, en outre, cherché à se débarrasser de leurs navires démodés, et si l'Angleterre n'a pas encore compris dans le matériel mis en vente ses navires cuirassés, il n'en est pas de même de l'Italie et des États-Unis, qui ont cherché dans la cession d'un matériel inutilisable une partie des ressources nécessaires à la construction de navires mieux appropriés aux exigences actuelles. En Italie, par exemple, on a décidé la vente des cuirassés Re di Portogallo, Principe di CarignanOy frégates construites en 1863 ;

différente naYiros cuirassés représentent actueUement une somme de 1 230 000 000 de francs environ, comme Tindique le tableau suivant :

Angleterre 320000t>

France 190000

Russie 95000

Turquie 70000

Allemagne 65000

Italie 60000

Autriche 40000

Espagne...... 35000

Brésil 35000

Hollande 25000

Danemark 25000

ÉUts-Unis 25000

Suède et Norwége 15000

Marines diverses 25000

— iodes trois canonnières Audace ^ Faa di Bruno et Alfredo Capellini^ construites en vue de Tattaque de Venise, en 1866 ; enfln de deux batteries flottantes de 1866, Voragine et Guerriera.

Cette manière d'agir se comprend, du reste, facilement, quand on considère les dépenses qu'entraînent non-seulement les réparations, mais encore les transformations de tout ce matériel. Les progrès de l'artillerie ont nécessité des changements considérables : pour ne pas laisser les navires privés du supplément de puissance ofi*ensive que permettent d'obtenir les nouvelles pièces, il faut modifier les emménagements, agrandir certains sabords, en fermer d'autres ; pour assurer aux machines une partie des avantages réalisés par les progrès de la science mécanique, il faut faire des transformations continuelles, changer les systèmes de condenseurs, etc. : tout cela coûte très^ cher. Sur le Minotaur, par exemple, qui vient d'être réparé à neuf et dont l'artillerie, composée de vingt-huit canons de 6 1/2 tonneaux, a été remplacée par dix-sept canons de 12 1/2 tonneaux (1), la transformation d'un seul sabord, une opération pourtant insignifiante, a coûté 6300 francs. Partout il a fallu faire de môme : changer sabords, circulaires de chargement, soutes à poudre et à projectiles, et pourtant on ne réussit pas ainsi à produire ce tout satisfaisant qui ne peut sortir que d'une conception d'ensemble bien mûrie et bien réfléchie; aussi comprend-on que l'on cherche à utiliser le plus longtemps possible

( 1 1 L*«rttllerie do Minttawr se composait aatrefois de 28 canons de 6 1/2 tonneaux en batterie et 6 petites pièces sur les gaillarvfs; elle comprend anjoord'hoi U canons de 42 f /2 tonneaux en batterie, 3 du même calibre sur les gaillards, dont 2 sur le gaiOard d*annt et I à Tarrière, sur plates-formes tournantes, 6 pièces de 20 lifres pour les saints et 2 canons-torpilles.

les anciens cuirassés à 12 ou fS centimètres, avec peu de dépenses, sans transformation coûteuse, à tirer parti, sinon de leurs qualités défensives, actuellement hors de proportion avec la puissance de Tartillerie, du moins de leurs qualités ofiensives, encore très-utiles vis-à-vis de la plupart des cuirasses. Utiliser le matériel dont on dispose, mais chercher à réunir toutes les ressources dans la construction de navires neufs, sur lesquels on accumule la plus grande somme de qualités, en tenant compte de ce qu'on peut dépenser et des avantages relatifs de la valeur propre d'un navire ei du nombre de ceux qu'on peut produire^ tel parait être le principe qui doit présider actuellement à la construction du matériel d'une marine.

Nous décrirons d'une manière générale les principaux navires cuirassés construits depuis 1873, en passant successivement en revue les navires d'escadre, les cuirassés sans mâture, les cuirassés de station et les garde-côtes ; puis nous chercherons à tirer de cette description quelques renseignements généraux et à rechercher les avantages et les inconvénients des dispositions adoptées.

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