‹ la guerre d'escadreChapitre 7 sur 26 · CUIRASSÉS D'ESCADRE · texte numérisé non relu

CUIRASSÉS D'ESCADRE

PBantSB PARTIE. - HATIRB8 A BATTBRIB.

ill«s«wlr«. — Temtrûirt. — DivuMUm. — CmIosm. — Tegelholf. — KaUer. MtêoodUh. — Nootrttieh, * Cofflpanisoo entre ces différents navires.

Lies navires cuirassés à batterie forment encore actuellement la portion la plus importante des escadres cuirassées ; ce n*est qu*avec une très-grande réserve, comme nous le verrons plus loin, que les différentes marines entrent dans la voie des navires à tourelles tournantes, avec ou sans mâture. Tous les na* vires que nous aurons à décrire dans cette première série portent leur artillerie dans une batterie fermée avec sabords d'angle, permettant, dans des limites plus ou moins étendues, les tirs en chasse ou en retraite, donnant plus ou moins de facilité pour assurer sur un point donné la convergence des feux, puis, sur les gaillards, quelques pièces également de gros calibre, en général pourtant d'un calibre inférieur à celui des pièces de la

batterie, mais ayant, comme celles-ci , leurs mécanismes protégés par une cuirasse contre les ravages des projectiles ennemis ; il n'y a pas encore parmi cette classe de navires, cuirassés d'escadre ou de premier rang, de tentative faite en vue du décuirassement de l'artillerie.

Albxandra. ~ VAlexandra (ex-Superb) appeurtient au type Invincible agrandi ; pour passer de l'un à l'autre, on a augmenté le déplacement de plus de moitié (i). Grâce à cela, on a substitué, à dix pièces de 18 tonneaux (2S^) et quatre pièces de 64 (16^^), deux canons de 25 tonneaux (30^) et dix de 18 tonneaux (25<'). La cuirasse à la flottaison a été portée de 203 à 305 millimètres ; il faut remarquer toutefois que cette cuirasse décroit trèsrapidement du milieu aux extrémités ; ainsi la ceinture de flottaison est composée de trois virures, ayant au milieu (en commençant par la virure supérieure) 254 millimètres, 305 millimètres et 203 millimètres ; les épaisseurs aux extrémités sont respectivement 203 millimètres, 254 millimètres et 152 millimètres. Le matelas est très-peu épais : 25 centimètres sous les plaques les plus fortes, avec un skin-plating de 38 millimètres (deux tôles de 1 9 millimètres chacune) ; le pont blindé placé audessus de la ceinture a 51 millimètres d'épaisseur de plaques. L'artillerie {fig. 1), disposée dans deux réduits, comme sur les frégates du type Inflexible^ se compose, dans la batterie basse, de huit canons de 25 centimètres (18 tonneaux), dont deux peuvent tirer en chasse directe et croiser même leurs feux un

■ (1) Déplacement de WwùWfMt^ 6200 tonneaux ; de XAltiAMta^ 9640 tonneaux:

peu sur l'avant; ta batterie haute renferme deux canons de 30 centimètres (25 tonneaux) tirant par le travers et un peu en dedans de la parallèle à la quille, et deux canons de 25 centimètres (18 tonneaux) tirant parle travers et en retraite directe. Gomme od le voit, le tir en chasse directe est

assuié par quatre canons, dont deux de 30 centimètres et deux de 25 centimètres (poids de bordée : 906 k'); le tir en belle d'un bord, par un canon de 30 centimètres et cinq canons de 25 centimètres (poids de bordée : 1177 k*); enOn le tir en retraite, seulement par deux canons de 25 centimètres (poids

de bordée : 362 k»). Ce dernier tir est donc très-sacrifié ; cela tient probablement à ce qu'on n'a pas voulu modifier les dispositions intérieures de la batterie, y pratiquer cette coupée si gênante pour tous les emménagements qui existe, par exemple, sur les petites corvettes turques, telles que le Avrii-Illah et le FethUBulend ; nous retrouverons la même disposition sur le cuirassé autrichien Custozza. Ces deux batteries superposées sont protégées par un réduit formé de plaques de 203 millimètres et placé un peu en dedans du contour extérieur du navire à la flottaison.

Dans le réduit inférieur, les deux pièces de l'avant, dont les sabords sont percés dans la traverse avant, sont séparées du reste de la batterie par un pare-éclat, cloison cuirassée avec des plaques de 102 millimètres. Cette disposition, que l'on rencontre sur plusieurs autres cuirassés nouveaux, est due à la préoccupation du rôle que les navires d'escadre sont appelés à jouer dans les combats futurs. Le combat en pointe est considéré comme devant se présenter le plus souvent, et, dans cette prévision, on cherche à se préserver contre les coups d'enfilade; on protège le plus de pièces possible contre les éclats d'obus pouvant pénétrer par les sabords de chasse ; on dispose au besoin des soutes à charbon transversales sur l'avant des appareils évaporatoires.

Les entreponts sont très-vastes et très-élevés; les formes du navire à l'arrière, par suite des dispositions prises pour assurer le tir en retraite seulement aux gaillards, sont un peu bizarres et analogues à celles de nos garde- côtes du type Cerbère. Des quilles latérales doivent amortir les roulis.

Le navire, construit dans le bracket frame system, est décomposé en compartiments très-nombreux, d'abord par neuf cloisons transversales, puis par deux grandes cloisons longitudinales en abord et une cloison médiane ; cette dernière divise les chambres des machines en deux parties distinctes, et remplacement des chaudières en quatre groupes ayant chacun leur chambre de chaufie ; enfin , dans les compartiments extrêmes, plusieurs cloisons horizontales très -rapprochées limitent les dangers d*avaries. Un bordé en bois de teak peu épais est appliqué sur la carène en fer au moyen de boulons à écrous à Tintérieur ; il n'est pas calfaté et est doublé en zinc. C'est là encore une de ces dispositions imitées du système de V Inconstant et qui présagent en cours de campagne des avaries fréquentes et bien difficiles à réparer.

Le navire est mû par deux hélices ; les machines à trois cylindres et à pilon doivent réaliser 8000 chevaux et permettre d'atteindre une vitesse de 14 nœuds; l'approvisionnement de 508 tonneaux de charbon correspond à 1440 milles à toute vitesse (1).

La voilure, en trois-mftts barque, a une surface de 2346 mètres carrés, soit environ 17,9 fois la surface du maître- couple. On a remédié à la résistance que présentent dans la marche à la voile les* hélices, surtout quand elles sont en abord, en installant une petite machine auxiliaire destinée à les mettre en mouvement à une vitesse correspondante à celle des navires à voiles.

(1) Ed supposant une consommalioo de I kilogramme par cheval et par heure.

Tbmbrairb. — Le Téméraire représente avec VAlexandra les deux seuls navires de ligne à batterie que TAmirauté ait mis en construction dans ces dernières années , mais il diffère de ce navire et de tous les autres cuirassés actuellement construits par des points si importants, quUl est nécessaire de le décrire un peu en détail. En lui donnant lOUO tonneaiix environ de moins qu'à VAlexandra^ on a pris principalement sur la puissance défensive l'économie à réaliser. La' cuirasse a été réduite à 279 millimètres au maximum ; les virures supérieure et inférieure ont la même épaisseur que sur VAlexandra; les réductions aux extrémités sont du même ordre. La cuirasse du pont atteint 50 millimètres au pont du réduit.

L'artillerie [fig. 2) se compose de quatre canons de 30 centimètres (25 tonneaux) et quatre canons de 25 centimètres (18 tonneaux) (1), mais son placement est le caractère le plus particulier de ce navire : à la batterie, un réduit octogonal analogue à celui de VAlexandra^ divisé, comme celui-ci, par un pare-éclat, protégé par une cuirasse de 203 millimètres, renferme deux canons de 30 centimètres, tirant en chasse et par le travers, et quatre canons de 25 centimètres, tirant uniquement par le travers. Sur les gaillards, deux tourelles fixes complètent le tir en chasse et assurent le tir en retraite. La tourelle de l'avant, cuirassée à 254 millimètres, renferme, avec le poste de combat du commandant, un canon de 30 centimètres ; celle de l'arrière, cuirassée à 203 millimètres seulement, renferme également un canon de 30 centimètres. L'une et l'autre sont de forme oblongue, pour

(1) £lle comporte eo outre 4 canons de 20 livres (95 millimètres) sur les gaillards.

renfermer les passages des poudres et projectiles ; ces passages se continuent d'ailleurs comme une sorte de tube assez faiblement cuirassé jusqu'au pont blindé. Les tourelles se trouvent donc placées au-dessus d'une bande non protégée, et un projectile éclatant après avoir traversé les tAles des œuvres mortes

pif. 1. — mrfju/j»

pourrait détruire par la partie inférieure le matériel des tourelles, absolument comme si elles n'étaient pas protégées.

Les canons sont, comme dans les tourelles barbettes de nos cuirassés types Océan ou Aima, placés sur des plates-formes tour^ nanles manœuvrées & l'abri derrière l'épautement ; mais une

disposition spéciale, un affût analogue à celui qui avait été proposé par le regretté amiral Labrousse, permet, en outre, de charger la pièce à Tabri, disposition plus essentielle encore avec les pièces anglaisés se chargeant par la bouche qu'avec nos canons se chargeant par la culasse. Des pavois en tôle protègent, enfin, les servants contre la fusillade.

En résumé, ce navire peut mettre en ligne :

En chasse .... 3 canons de 30 centimèt. (â5T>] . Poids de bordée, 816 kiiogr. De chaque bord j 2 • 30 » (25 t»). . ^ ^

Par le travers.. ! 3 » 25 » (18^*) { " " ' •

En retraite 1 canon de 25 » (18T>). » 181 «

Avant toute autre remarque, il est essentiel de noter que ces deux tourelles pesantes, placées aux extrémités du navire, sont de nature à amoindrir beaucoup ses qualités nautiques.

La construction et les dispositions intérieures sont presque identiques à celles de VAlexandra. Gomme ce navire, le Terne-raire est mû par deux hélices, mais la réduction des dimensions a permis seulement de placer à bord une machine de 7000 chevaux; on espère néanmoins réaliser une vitesse de 14 nœuds. Ceci conduirait, pour le coefficient d'utilisation, au chiffre de 3,73, qui paraît un peu fort pour un navire doublé non en cuivre, mais en zinc; sur VAlexandra^ on n'a admis que 3,56.

L'approvisionnement de charbon de S08 tonneaux correspond à une distance franchissable de 2000 milles à 10 nœuds, en supposant de 1 kilogramme la consommation par cheval et par heure.

La voilure est très-faible ; mais l'inconvénient le plus grand

qu*elle présente, c'est d'être répartie sur deux mâts, que la disposition des tourelles a forcé à rapprocher beaucoup du milieu ; il en résultera pour ce navire de bien faibles qualités de manœuvre.

En résumé, le Téméraire ne paratt pas être un progrès sur VAlexandra^ et les types plus petits que nous étudierons dans le quatrième chapitre nous semblent répondre plus complètement^ dans cet ordre d'idées, aux exigences de la guerre maritime.

DÉYÀSTÀnoN. — La Dévastation française appartient au type Redoutable, agrandi de manière à permettre un accroissement notable de la protection. Elle porte {fig. 3) quatre canons de 32 centimètres, dans un réduit protégé par des plaques de 240 millimètres ; ces pièces tirent en chasse ou en retraite au moyen d'une rentrée considérable pratiquée dans les œuvres mortes à l'avant et à l'arrière de la batterie ; les deux pièces tirant par le travers d'un même bord peuvent croiser leurs feux; les pièces de l'arrière ont leur tir en retraite limité à 15 degrés de l'axe. Les deux pièces de 27 centimètres placées en demi-tourelles sur les gaillards, tirant en chasse ou en retraite directe, n'ont d'autre défense qu'un abri contre la fusillade et les mitrailles, pour les mécanismes de pointage et les servants. Enfin huit pièces légères de 14 centimètres complètent l'armement.

Le tir, en ce qui concerne la grosse artillerie, est donc assuré de la manière suivante :

En chasse 4 pièces lançant une bordée de 13S0 k^

Par le travers 3 pièces » 906

En retrûte directe. . . 2 pièces » 432

Les moyens d'action du navire sont donc accumulés particulièrement en vue du combat en pointe.

La cuirasse atteint 380 millimètres avec une réduction modérée au can inférieur (25 millimètres au milieu) et aux extrémités (30 millimètres à la flottaison) ; elle repose sur un matelas en teak

Piff. 8. — DénSTATION.

Vne longitndimle.

Dispoiition de Tartillerie.

Flta An gûllaHs.

PUn de U balteri*.

de 320 millimètres d'épaisseur; les ponts sont protégés plus sérieusement que sur la plupart des navires analogues, car, outre un plafond en acier de 30 millimètres, ils comportent une cuirasse de KO millimètres, reposant sur un matelas en teak de 14 centimètres. Il est question de supprimer la ceinture cuiras-

— aisée à l'arrière et de la remplacer par une cloison transversale, ea abaissant, dans cette partie, le pont cuirassé au niveau du can inférieur de la ceinture prolongée.

Les formes du navire {fig.Z et 4) sont du même genre que celles du Redoutable : l'avant porte un éperon; l'arrière se projette en

Fi(. t. — DÈTASTATIOH M BBBTACNB.

voûte, de manière à abriter le gouvernail autant que possible; le placement de quatre canons de 32 centimètres dans un réduit fermé a obligé à élargir considérablement le fort ; on a dû porter cette largeur jusqu'à i9",50 intérieurement, pour assurer aux canons les conditions esscntiettes du pointage. La conséquence

de cet élargissement a été la nécessité de placer le réduit en saillie sur la flottaison : c'est là un inconvénient très-sérieux, mais qui est certainement préférable à celui qui résulterait d'un élargissement de la flottaison et, par suite, d'un accroissement de la stabilité au delà de ce qu'exigent les qualités nautiques du navire.

La Dévastation est mue par deux hélices ; la force de la machine, 6000 chevaux, est supposée sufflsante pour lui imprimer une vitesse de 14 nœuds; l'approvisionnement de charbon correspond à 2800 milles à 10 nœuds (1).

Enfin une voilure d'une surface égale à 20,1 fois celle du maître-couple assure à ce cuirassé des qualités de navigation suffisantes pour lui permettre de tenir la mer s'il était privé de son moteur. Le tirant d'eau très-réduit de la Dévastation^ 7",60 à l'arrière, lui assure d'ailleurs, à certains points de vue, une supériorité incontestable et répond à un désir bien souvent exprimé.

Dans cette construction, à laquelle on a cru devoir conserver le type dit du bracket System, tout en s'efforçant d'atténuer les défauts inhérents à cette disposition, on a développé l'emploi de l'acier plus que sur aucun autre navire en chantier, et l'on est parvenu ainsi à des résultats vraiment remarquables conmie légèreté de coque; le poids de celle-ci, en efl'et, ne s'élève qu'à 4,0S4 tonneaux, matelas compris (2), soit 42 pour 100 à peine du déplacement.

(1) Pratiquement, cette distance franchissable se réduit à 2200 milles, en supprimant le charbon destiné aux services accessoires.

(2) Le poids du matelas entre pour une notable portion dans ce chiffre, envirou

CïïSTozxA, Tbgbtbopp. — Les navires cuirassés nouveaux de la flotte autrichienne appartiennent tous au type des navires à batterie centrale avec sabords d*angle ; les plans de M. Tinspecteur général de Romako, dont les essais du Custozza et de VErzherzag Albrecht avaient permis d'apprécier les heureuses dispositions, ont été de nouveau reproduits par lui sur le Tegethoff, avec les modifications nécessitées par l'augmentation forcée des qualités ofiensives et défensives. Le Custozza (1) porte, comme artillerie, huit canons Krupp de 26 centimètres, placés dans deux batteries superposées cuirassées ; chaque pièce (2) peut tirer par deux sabords permettant le pointage parallèlement à Taxe et par le travers; elle passe de l'un à l'autre de ces sabords au moyen d'une plate-forme analogue à celle des gares de chemin de fer. Sous ce réduit à deux étages, protégé par des plaques de 156 millimètres, prolongé aux extrémités par des superstructures en tôle, s'étend la tranche cuirassée de la flottaison, ayant 3*,57 de hauteur (2*,12 au-dessus, 1",45 au-dessous de la flottaison) ; la cuirasse a 21 1 millimètres d'épaisseur dans la partie correspondant aux machines et aux chaudières : cette épaisseur diminue rapidement vers les extrémités; la protection horizontale des ponts n'est assurée que par une tôle peu épaisse, comme d'ailleurs sur tous les navires construits à la même époque. Doué d'une

300 Umnaan, ce qui réduirait, en se plaçant dans les conditions habituelles, à 39 pour tOO le rapport de poids de coque non matelassée au déplacement.

(1) LEriherzog Mrecki diilëre du CuttoxMa par la substitution du calibre de t3 centimètres à celui de Î6 centimètres et par une diminution dans la vitesse ; on a pu ainsi réduire le déplaeement de 1300 tonneaui.

(2) Les deux pièces de rarrière de la batterie inférieure ne peuYent tirer qu*à des alMfds de e6té; le tir en retraite directe est assuré uniquement par les deux canons de la batterie haute.

artillerie puissante par le nombre et par la disposition, le Custozza réunit à cette qualité offensive l'avantage d'une belle vitesse et de réelles facilités d'évolution; mais, quand ce navire fut terminé, en 1874, cet ensemble de qualités n'était déjà plus à la hauteur des exigences du courant d'idées régnant; on voulait avant tout une protection plus efficace, on réclamait un cuirassement aussi puissant que celui des navires anglais alors en construction, le Fury par exemple (actuellement le Dreadnotight), et l'Amirauté autrichienne se décida, tout en conservant le principe dont elle avait déjà pu constater les bons résultats, à entrer dans la voie suivie par les autres, marines : augmentation du calibre des pièces et surtout de l'épaisseur du cuirassement. Ainsi : placer à bord du navire six pièces de très-gros calibre, complète-ment à Fabri; n'avoir recours à aucune des dispositions compliquées de mécanisme qu'entraînent les tourelles mobiles et qui exposent, d'ailleurs, à voir deux pièces paralysées en même temps; protéger la flottaison et le réduit par des plaques aussi épaisses que sur les plus puissants navires d'escadre alors en chantier; atteindre une vitesse de 15 nœuds; assurer un appro* visionnement de charbon modéré, le navire devant opérer, en général, près d'un centre de ravitaillement; enfin, et surtout, ne pas dépasser un déplacement de 8000 tonneaux, condition essentielle, indiquée par des considérations budgétaires : telles sont les bases principales du problème que M. de Romako a résolu d'une manière si remarquable par le plan du Tegethoff.

Ce navire {fig. 5) reproduit, comme nous l'avons indiqué déjà, les dispositions générales du Custozza; mais, pour augmenter l'épaisseur des plaques en conservant un déplacement

peu différent, il a fallu Décessairemeut diminuer la suifaee protégée; c'est ainsi que ta hauteur de la bande cuirassée à la flottaison a été réduite de 3>,57 à 3-,74; que, à 10 mètres environ de l'extrémité avant, la cuirasse a été arrêtée et remplacée par une cloison transversale, ce compartiment étant

rempli de liège; que, enfin, le réduit ne comporte plus qu'un seul étage de feux, en diminuant même un peu la hauteur d'axe des canons de la batterie basse du Cuttozza (1); mus, d'un autre côté, l'épaisseur du cuirassement a été portée de 311 &

( I ) CmI Ik éfidumneat la plu pira «Ajection qu'on pniiM tén i et wnirt.

356 millimètres (1), et ceci non-seulement à la flottaison, mais encore au réduit. La protection horizontale, d'autre part, a été assurée par un blindage de 40 millimètres sur la partie des ponts située en dehors du réduit; ce sont là des conditions de protection des plus sérieuses et qui placent le Tegethoff parmi les plus puissants navires des escadres de combat.

L'artillerie [fig. 6) est composée de six canons Krupp de 29 centimètres ; on a supprimé les mécanismes des plates-formes tournantes du Custozza, exposés à être mis facilement hors de service, et chaque pièce ne peut plus tirer que par un seul sabord ; dans ces conditions, le tir en belle est assuré par trois pièces, le tir en chasse ou en retraite par deux; comme sur les navires anglais, un pare-éclat divise la batterie en isolant les pièces de l'avant et protégeant les quatre autres contre les projectiles ayant pu traverser par les sabords pendant le combat en pointe. L'artillerie de ce navire, d'ailleurs, présente quelques dispositions très-intéressantes : ainsi l'approvisionnement des pièces en projectiles est assuré directement au-dessous d'elles, ce qui évite les transports longs et difficiles de munitions dans les entreponts inférieurs. D'autre part, la marine autrichienne, qui, mieux que toute autre, a pu constater, dans ces hardis combats à l'éperon qui lui assurèrent la victoire de Lissa, le danger présenté par les volées de canon en saillie sur le bord, a préféré donner à la batterie une largeur un peu plus grande en découpant les sabords dans des parties de la muraille en retrait; grâce à cette disposition nouvelle, le réduit seul sera exposé

(1) Épaisseur maximum, mais se conservant pourtant, paratt-il, sur une grande partie de la surface couverte.

aux conséquences du choc, mais sa construction est consolidée de manière à n'inspirer, dans ce cas, aucune inquiétude.

Le déplacement du Tegethoff n'est que de 7600 toaneauz, en pleine chai^; sa longueur est de 87',49, chiffres peu différents de ceux donnés par le Téméraire ou le Deutschkmd; les formes

Fi(. e. - TKGtraOFP.

Vw iMfllidistl*.

du navire sont plus Ones que sur aucun des cuirassés construits depuis trois ans; seuls, les grands croiseurs russes se rapprochent de ce degré d'acuité (1) : aussi peut-on compter sur la

(t) Le npporl da (KplacemeDl lu ptntléifpipède drtoaicrit nrie eotre U,60 et 0,66 pour Ift inUei cninu^a d'escadre ; il esl de 0,37 pour tes gnndi Grabenn

vitesse prévue de 15 nœuds, qui correspond, pour une force développée de 7200 chevaux 9 à un coefficient d'utilisation de 3,90. Le tirant d'eau est un peu élevée mais c'est là un inconvénient très- secondaire dans les mers où ce navire doit être plutôt appelé à opérer.

L'approvisionnement de charbon a pu être porté à 670 tonneaux, ce qui, en calculant sur une consommation horaire de 1 kilogramme par cheval, assure une distance franchissable de plus de 3000 milles à 10 nœuds; c'est là une condition très-satisfaisante, supérieure à ce qu'on a pu obtenir sur la plupart des autres cuirassés ; il est vrai que la machine est le seul moteur dont dispose le Tegethoff, car la voilure, réduite à 1130 mètres carrés (soit dans un rapport de 9,4 avec la surface immergée du maître- couple), ne peut être considérée que comme un appui pour le navire.

Construite/!^. 7}, sauf pour le bordé, en acier Bessemer(l), le Tegethoff aura un poids de coque extrêmement réduit; sa protection contre les dangers des coups d'éperon ou des échouages sera assurée par huit cloisons étanches transversales, et, sur l'avant et l'arrière des machines et des chaudières, par un faux pont étanche.

En résumé, le Tegethoff réunit dans les conditions de déplacement les plus restreintes un ensemble remarquable de qualités offensives et défensives : c'est un des navires les plus

rosses, et de 0,S6 seulement pour le Tegethoff. Le rapport au cylindre circonscrit, de 0,67 pour le Tegethoff, s'élèye à 0,69 pour les croiseurs russes.

(1) Le Tegethoff est construit dans le type du brochet syttem; mais, comme sur les dermers navires autrichiens, M. de Romako a remédié aux inconvénients de ce système pas une heureuse disposition des lisses et des couples.

intéressants qui aient été mis en Cbantier dans ces dernières années.

Pl(. 7. — TECBTHOrr.

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