TE DEUM LAUDAMUS
Franklin reçoit une dépêche de M. de Vergennes (19 novembre 1781;. — Arrivée de la Surveillante à Brest. — Lettre du général de Rochambeau à M. de Ségur et à M. de Maurepas. — Lauzun à Versailles. — G. de Deux-i'onts s'embarque sur YAndromaque. — Lettre de Washington à Franklin. — M. de Ségur et M. de Vergennes à Rochambeau. — Le roi Louis XVI félicite le général. — Taris illumine (27 novembre 1781).
Le 19 novembre 1781, on se livrait, dans certaine maison de Passy, entourée d'un grand jardin, non loin de la demeure de la sémillante madame Helvétius, aux commentaires les plus sinistres. On désespérait. Franklin était consterné. Peut-être la flotte anglaise avaitelle prévenu la jonction de M. de Barras et du comte de Grasse. Crainte partagée par les personnes qui, ce soirlà, visitaient le docteur. L'excès appelle l'excès. Après l'espoir, que rien ne trouble, un sentiment tout contraire. Le ciel bleu s'obscurcit et s'assombrit. Les amiraux anglais ont débarqué des troupes dans la baie de Chesapeak. C'est certain : Cornwallis est sauvé, Wahsington est perdu.
Les amis de Franklin, fort peu bruyants, regagnèrent Paris.
Le lendemain, 20 novembre, aux premières lueurs du jour, ils recevaient de Passy, envoyée par des exprès
diligents, une circulaire tirée sur une machine qui laissait pressentir la lithographie.
Et bientôt les intimes, les désespérés, en écartant beaucoup les rideaux, lurent une note datée de Versailles, 19 novembre 1781, sept heures du soir, adressée par le comte de Vergennes à « Son Excellence » Benjamin Franklin.
Le ministre des affaires étrangères avait reçu souvent d'importantes communications de l'ambassadeur américain. Il pensait ne pouvoir mieux témoigner sa reconnaissance qu'en réservant à son correspondant cette fraîche nouvelle : « Le duc de Lauzun arrive à l'instant, et nous annonce que l'armée combinée de France et d'Amérique a obligé Cornwallis à capituler. »
La maison de Passy, un peu délaissée la veille, fut bientôt trop petite. Le bon docteur, animé, guilleret, expliquait que les choses ne pouvaient se passer autrement; que l'histoire n'offrait pas d'exemple d'une armée combinée, comme celle d'Amérique et de France, réduite à une extrémité malheureuse.
Le délégué du Congrès n'avait jamais eu d'humeurs noires. Sic semper. Lorsque revient le soleil, on se plaît toujours à se persuader qu'aucun nuage ne s'est montré à l'horizon.
Rochambeau, à Yorktown, fit appeler Lauzun et lui dit:
« Vous porterez la grande nouvelle en France. »
Le duc objecta :
« Peut-être serait-il préférable d'envoyer M. de Charlus. Il est en délicatesse avec le duc de Castries.
Occasion toute trouvée de rétablir la bonne harmonie entre le fils et le père.
— Vous avez, insista le général, dirigé la première action devant le fort Knyphausen. Guillaume de Deux- Pontsa commandé la seconde, dans la nuit du 14. Vous partirez le premier, avec la nouvelle. Deux-Ponts vous suivra sur une autre frégate, avec le rapport complet de nos opérations en Virginie. »
Lauzun, à bord de la Surveillante, vit disparaître les côtes d'Amérique (24 octobre). La traversée fut courte. Le vingt-deuxième jour de mer, on avait à tromper la folle curiosité des bourgeois de Brest.
Le voyageur fut bientôt à Versailles. Il devait remettre cette lettre à M. de Ségur, de la part du comte de Rochambeau.
« J'ai l'honneur de vous envoyer le duc de Lauzun porter au roi la nouvelle de la prise de lord Cornwallis et de son corps de troupes. Le comte Guillaume de Deux-Ponts portera le duplicata et le mémoire pour les grâces. Ce sont les deux officiers supérieurs qui ont eu les deux actions les plus distinguées, suivant que vous le verrez parle journal, qui vous mettra au fait de tous les détails. Ma fièvre s'est guérie, moitié dans mon lit, moitié à la tranchée ; mais je réclame toujours un congé dans ma poche, au cas que ma santé ne puisse pas soutenir l'air de ce pays. J'espère que Sa Majesté recevra bien le duc de Lauzun : la nouvelle qu'il porte est, je crois, capitale, dans les circonstances actuelles. Depuis les généraux jusqu'au dernier soldat, il n'y a eu qu'un ton, de faire jour et nuit tout ce qui était danslapossi-
bilité pour le service de Sa Majesté, et chercher à plaire à un maître adoré dans cette petite armée. »
Le général écrivait au comte de Maurepas :
« Le principal ministre de Sa Majesté me permettra encore une lettre que je ne lui écris que dans les grandes occasions, de peur de l'importuner... »
Le 26 octobre, le comte Guillaume de Deux-Ponts mit en sûreté, sur VAndromaque, les rapports du général de Rochambeau et de l'amiral de Grasse. M. de Ravenel, capitaine de la frégate, avait accepté comme passagers MM. de Charlus, de Damas et de Laval, autorisés à retourner en France.
Vents contraires. Le lendemain 27, à deux heures, on est sur les bancs de Middle-Ground. On va doubler le cap Henry. Mais la Concorde reçoit de YHermio)ie, en croisière au large, un signal. La (lotte anglaise, qui possède le prince William Henry,, la flotte qui amène à Cornwallis le renfort tant désiré, apparaît.
\1 Andromaque fendit les eaux du James-River et mouilla dans une anse. Le 1er novembre, Clinton, acceptant le fait accompli à Yorktown, n'avait laissé à la hauteur de la Virginie que les traces d'un récent sillage. La mer semblait libre. A onze heures, M. de Ravenel, escorté par YHermione, quittait définitivement la baie de Chesapeak.
La Surveillante et YAndromaque emportaient des monceaux de lettres de fils, de frères, d'amis, d'époux et d'amants. Nous regrettons qu'une main intelligente, en temps opportun, n'ait pas recueilli ces documents précieux, que les années ont détruits. Ainsi, la véritable
histoire de la guerre de l'indépendance ne sera jamais écrite.
Aura-t-on, pour la guerre franco-allemande, une prévoyance patriotique? La troisième invasion nous a valu un grand nombre de récits plus ou moins attachants. Le public a reçu ces ouvrages avec bienveillance, et les a presque tous lus avec intérêt.
Eh bien, on réclame toujours, sur 1870-71, une histoire loyale, d'une entière bonne foi, qui plane au-dessus des partis, et qui rende hommage aux vertus obscures ou éclatantes que la France affaiblie a révélées. Les survivants de Reichshoffen, de Saint-Privat, de Bapaume, de Beaune-la-Rollande, de Champigny et de Buzenval sont seuls capables d'en fournir les matériaux.
Pour élever un monument qui défie l'avenir, et que la critique ne vienne ni renverser ni ébranler, il faut réveiller les souvenirs des soldats de l'armée du Rhin, de la Loire, de l'Est, du Nord et du siège de Paris. Le soir d'une bataille, chaque défenseur du sol national, calme et résolu, s'interrogeait. Le sang avait coulé. Que de cadavres sur la terre durcie! Au milieu d'un silence plein de menaces, on se représentait à l'esprit des scènes horribles. On n'avait vu qu'un coin du champ de bataille; mais ce coin- là, on l'avait bien vu. On savait les noms des camarades tombés dans les rangs où l'on était. On a même recueilli leurs dernières paroles.
Tout le monde a-t-il fait son devoir? N'a-t-on pas remarqué certaines défaillances? Et puis, le général a-t-il bien commandé?
,334 GUERBE DE L'INDÉPENDANCE.
Voilà ce qu'on se demandait le soir d'une bataille, après avoir compté les « outranciers » raidis par la mort. On prenait une plume, et l'on confiait ses impressions au papier. On rédigeait son journal, ou l'on écrivait une longue lettre à une mère, à une sœur, h une fiancée.
Ce sont ces mémoires et ces missives, éclos sous la première impression, à l'heure où l'on dépose devant sa conscience, où la partialité sommeille, ce sont ces éléments qu'on devrait se hâter de rassembler et de classer.
Et, si l'on veut donner à l'œuvre un caractère non équivoque d'authenticité, qu'on se persuade bien qu'aucun fait n'est à négliger dans les faits qui se déroulent du 2 août i 870 (journée de Sarrebrïick) au 28 janvier 1871 (capitulation de Paris). Ici, la vérité serait un bloc de granit formé lentement et patiemment, de la réunion et de la juxtaposition de parcelles granitiques.
Des milliers de collaborateurs, anciens élèves de Saint-Cyr ou de l'École polytechnique, ex-avocats ou hommes de lettres, paysans arrachés à la charrue ou travailleurs sortis de l'atelier , useraient , dans une large mesure, du droit qui leur appartient de louer les bonnes intentions et de blâmer les desseins criminels. Les uns conteraient les péripéties d'un bataillon ou d'une modeste compagnie; les autres ouvriraient les annales d'un régiment, d'un corps d'armée ou d'une armée. Le capitaine, le commandant, le colonel, le général, auraient peut-être beaucoup de partisans, peutêtre aussi de nombreux détracteurs : jugements contra-
dictoires. De ce choc d'appréciations jaillirait la lumière.
On pèserait l'opinion des hommes compétents. Paris pouvait-il se débloquer sans le secours d'une armée de province? La campagne de l'Est ne fut -elle point une faute? Tout désastre soulève une question; et que de désastres à noter !
Après les savantes dissertations sur Strasbourg, Metz ou Paris , des officiers et des soldats diraient ce qu'ils ont souffert sous le feu de l'ennemi et en captivité. Après l'exposé intelligent de la tactique de Faidherbe , des mobiles de l'armée du Nord parleraient de leurs souliers en semelles de carton et de leur pain gelé.
Le public , jaloux de connaître la somme des efforts tentés par l'Empire expirant et le Gouvernement de la défense, lirait un ouvrage écrit sous les inspirations de témoins nonrécusables. Il le lirait surtout s'il tenait à pénétrer dans la réalité des choses de la guerre, et à saisir sur le vif cet être que le monde a souvent admiré, et que l'on nomme le soldat français. Ses qualités éclateraient malgré les chefs incapables, et les sentiments qui l'animaient avant Wissembourg et après Sedan feraient toujours, assurément, honneur à la France vaincue.
L'idée nous semblait juste et pratique lorsqu'on nous cita l'exemple de la Russie. Après la guerre de Crimée, le grand-duc Alexandre Alexandrovitch fonda le « musée de Sébastopol » . Puis il adressa aux soldats de Totleben, de Mentchikof et de Gortchakof, un appel. Plusieurs volumes d'une histoire vraiment populaire ont déjà paru. Ce qu'un grand-duc, en Russie,
a su mener à bonne fin, un simple citoyen, sous le contrôle d'un comité, l'accomplirait en France, s'il trouvait la confiance et l'appui qui fortifient la résolution. Le 20 novembre 1781, \ Andr orna que était signalée à Brest.
Franklin n'est prévenu que par M. de Vergennes. Pourtant la Surveillante a une lettre de Washington pour l'ambassadeur américain. Lauzun a couru à Versailles, et a vu d'abord les ministres de son gouvernement. Le lendemain, quelques jours après peut-être, il a songé au philosophe de Passy, qu'une dépêche officielle a déjà tiré de l'incertitude.
Washington, s'adressant directement à Franklin, va manquer au respect qu'il doit- au ministre des affaires étrangères. Ainsi, Gates, informant jadis le Congrès, après la capitulation de Burgoyne , outrageait le général en chef, dont il relevait. Mais voyez comme le même acte, chez ces deux hommes, se nuance et diffère. Gates annonce au Congrès le succès de Saratoga, sans se douter qu'il existe, au-dessus de lui, un homme auquel l'Assemblée fédérale a confié le commandement de toutes les forces militaires des États-Unis. L'oubli, volontaire, prémédité, constitue la faute. La préoccupation de Washington, écrivant à Franklin, le .22 octobre 1781, c'est de bien constater qu'il ne cherche pas du tout à supplanter le ministre :
« Comme la transmission du document ci-inclus par le canal ordinaire du département des affaires étrangères souffrirait probablement, dans la circonstance
actuelle, un long retard, et que la connaissance des dernières opérations militaires doit intéresser nos ministres en Europe, dans l'état où se trouvent nos affaires, j'ai pensé qu'il serait agréable au Congrès, et à Votre Excellence, que la communication vous fût faite immédiatement par une frégate française détachée de la flotte du comte de Grasse... »
Oserait-on blâmer le vainqueur d'avoir confié à la Surveillante ces lignes où la joie du triomphe ne vient pas éluder le devoir ?
Le bon docteur, toujours si soigneux et toujours si exact, ne s'empressa pas de répondre. Sa lettre est du
2 avril 1782 : « Tout le monde accorde, s'écrie le
signataire , qu'aucune expédition n'a jamais été mieux conçue, ni mieux conduite. Elle a augmenté beaucoup la réputation militaire que vous aviez déjà acquise, et ajouté un nouveau lustre à la gloire qui entoure votre nom et qui le suivra jusqu'à la postérité la plus reculée. Aucune nouvelle ne pouvait me rendre plus heureux. Hercule, enfant, a étranglé les deux serpents qui l'avaient attaqué dans son berceau, et j'espère que son histoire future tiendra les promesses d'aujourd'hui »
Les deux serpents étaient les armées de Burgoyne et de Cornwallis. L'auteur, plus tard, se rappelant la comparaison, fit graver une médaille où l'on inscrivit : Noîi sine Dis ani?nosus infans.
Le roi Louis XVI reçut le duc de Lauzun et le comte de Deux-Ponts avec une satisfaction réelle. De longs mois s'étaient écoulés depuis l'embarquement des troupes du général de Rochambeau. Paris s'impatientait.
3!58 GUERRE DE LIMDÉPEIVDANCE.
Déjà, l'année précédente, lorsque Lafayette insistait pour qu'on attaquât New-York, on se plaisait à soutenir de loin, des salons parisiens, l'obstination du jeune marquis. Pourquoi n'agissait-on pas ? La fraction de la société qui discutait et qui se passionnait s'abusait. Le général, hiverné à New-Port, n'avait pas juré de vaincre à jour fixe. Il était prudent, et sa froide raison modifiait parfois les calculs trop hardis de Washington.
Ou reconnaissait aujourd'hui que les événements avaient suivi leur cours naturel et logique ; que si Rochambeau n'avait pas annoncé au gouvernement français, aussitôt après l'arrivée de la flotte du chevalier de Ternay à New-Port, ve?ii, vidi , vici, c'est que les circonstances ne l'avaient pas permis. En un mot, on avouait, avec une apparence de sincérité, que la marche suivie était excellente.
Pourquoi? Parce que Cornwallis était pris. Mais si un incident fâcheux avait ajourné le succès; si le comte de Grasse n'était pas resté maître de la baie de Chesapeak, et si Clinton avait secouru son lieutenant d'Yorktown, les mômes hommes auraient condamné et blâiné l'éloignement de New-York. Pourquoi être descendu en Virginie?
Les stratégistes en chambre ne manquaient pas en 1781. ^Vashington et Rochambeau discutaient, s'éclairaient et s'entendaient, sans se préoccuper de savoir s'il y avait derrière eux des critiques acerbes que la prolongation de la guerre irritait. En cela, les généraux sacrifiaient leurs propres intérêts aux intérêts des États-Unis.
Le 22 novembre , M. de Ségur félicite le comte de Rochambeau. Le roi, qui ne verra Guillaume de Deux- Ponts que le 24, a reçu le duc de Lauzun, et s'est intéressé beaucoup aux opérations militaires qui ont abouti à la reddition de tout un corps d'armée. Si, cependant, le soldat français, comme toujours, a fait des prodiges, le succès n'est pas moins dû aux soins et à l'intelligence du chef. C'est la main qui creuse les parallèles et qui bâtit les redoutes ; mais c'est la tête qui dirige la main. Ici, la tête s'appelle Rochambeau. La France applaudit et se réjouit.
Voilà ce que le ministre affirme. Sa Majesté, d'ailleurs, approuve le texte de la capitulation , et apprend avec plaisir qu'on a donné un supplément de deux jours de solde aux grenadiers et aux chasseurs de Gâtinais et de Deux-Ponts.
M. de Vergennes complimenta Rochambeau sans évoquer le mirage de l'illusion : « Il ne faut pas se flatter que la paix puisse être prochaine ; il n'est pas dans le caractère anglais de lâcher si facilement prise. Il cherchera à venger ses pertes. Votre sagesse, monsieur le comte, et l'heureux concert qui règne entre la terre et la mer nous rassurent contre les événements. »
Louis XVI tenait à remercier personnellement un général qui s'était guéri de la fièvre à la tranchée. Il traça, le 26 novembre, de sa royale main, les lignes suivantes :
« Les succès de mes armes ne me flatteront jamais que comme étant un acheminement à la paix. C'est sous ce peint de vue que je me plais a envisager la
suite d'événements heureux qu'offre cette campagne. En reconnaissant combien l'habileté du général Washington, vos talents, ceux des . officiers généraux employés sous les ordres de l'un et de l'autre et la valeur des troupes, ont rendu cette campagne glorieuse, mon but principal est d'exciter dans tous les cœurs, comme dans le mien , la plus profonde reconnaissance pour l'Auteur de toute prospérité, et c'est pour le prier de me continuer sa divine protection que je demande aux archevêques et évoques de mon royaume de faire chanter le Te Deum dans les églises de leurs diocèses, et je vous fais cette lettre pour vous dire que je désire qu'il soit également chanté dans la ville ou le camp où vous vous trouverez avec le corps de troupes dont le commandement vous est confié, que vous donniez des ordres pour que cette cérémonie s y fasse avec toutes les marques et réjouissances publiques usitées en pareil cas. »
Le pli de Sa Majesté fut expédié le même jour, 26 novembre 1781 , par le marquis de Ségur, au comte de Rochambeau.
Le généra], dans ses Mémoires, raconte : « Il arriva dans le commencement de cette année (1782), et à peu de distance l'une de l'autre, deux frégates portant de l'argent et des dépèches. Ces secours réduisirent le change ii peu près au pair. J'appris, par ces dépèches, l'arrivée en Europe de M. de Lauzun et du comte Guillaume de Deux-Ponts. J'y recevais les assurances, pour le général et pour l'armée, de l'approbation de Sa Majesté. Elle m'écrivait pour me donner l'ordre de faire
chanter le Te Deum à la tête de l'armée française , et d'y faire les réjouissances qu'elle avait ordonnées à Paris et dans toute la France. »
Paris1 et les principales villes de province illuminèrent.
La France, à ses fils qui versent leur sang aux États- Unis, ne marchande ni les acclamations ni les encouragements. Yorktown rendu, c'est, pour le peuple américain, la chaîne de la tyrannie brisée.
La France de 1781 le comprend. Elle voit juste et loin.
L'Angleterre a entendu l'écho des réjouissances publiques. Que vote le Parlement?
1. Le 2 7 novembre 17 81, les rares journaux de l'époque inséraient cet avis :