‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 41 sur 69 · Voir l'admirable livre de Gh. Le Gofflc : Dixmude · texte numérisé non relu

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. dl elle se poursuivit en augmentant d'intensité, de

I fureur pour les Allemands, de vaillance, d'héroïsme

iir.les Anglais, pour nos soldats, depuis les dernières

iiiaines d'octobre jusqu'au 15 novembre 1914.

Au début, dès que l'armée anglaise fut installée

luiour d'Ypres et qu'un nombre suffisant de corps

français fut sur les lieux, l'offensive fut prise par les

troupes alliées sous l'impulsion du maréchal French.

De nombreux combats eurent lieu, même pour les

troupes de cavalerie', et tournèrent à l'avantage des

alliés.

Alors, vers le 26 octobre, le « grand état-major » allemand résolut de frapper son gros coup dans la lirection d'Ypres. Les 4 corps d'armées du prince de Bavière furent renforcés. Un détachement de 2 corps d'armées, commandé par von Fabec, s'intercala entre l'armée du prince de Bavière et celle du duc de Wurtemberg. La garde prussienne et d'autres troupes furent appelées ^ la rescousse. L'empereur vint sur les lieux pour encourager ses armées et leur montrer qu'il

: s'agissait d'un eflort décisif, qu'il fallait enlever Ypres

I coûte que coûte.

i Le front des alliés, qui descendait du Nord au Sud, de Dixmude à Armentières, faisait autour d'Ypres un saillant en demi-cercle, bien fait pour tenter nos ennemis; c'est sur ce saillant que les Allemands firent leurs plus formidables poussées. Ils trouvèrent en face d'eux le corps anglais du général Douglas Haig, une

I autre division anglaise et plusieurs corps français que le général Foch fit accourir pour venir à l'aide de nos vaillants alliés au fur et à mesure des besoins, et qui s'enchevêtrèrent avec eux.

Les assauts des Allemands se succédèrent furieusement depuis le 26 octobre, et surtout les 30, 31 octobre,

î 1", 2 et 3 novembre. Ils attaquèrent en masses, souvent en colonnes serrées par division, au son des fifres et des tambours, les officiers à cheval comme pour la parade, les hommes coude à coude et chantant.... Nos

canons, nos mitrailleuses, nos fusils ont fait dans cesJ rangs serrés des ravages terribles. Ce furent des « bou-J chéries » épouvantables. |

Plusieurs fois, malgré des prodiges de vaillance, les lignes anglaises furent débordées. Le maréchal French eut même Tintention de les faire replier. Mais toujours le général Foch intervint et rétablit la situation avec un sang-froid, une hauteur d'âme admirables. Les entrevues qu'il a eues à cet effet avec le maréchal French ont fait l'objet de nombreuses légendes. L'histoire dira ce qu'elles ont été réellement et comment elles ont sauvé la grande cause des Alliés.

Le front anglais fut maintenu. L'empereur Guillaumo s'éloigna le 5 novembre. La bataille se ralentit pendant quelques jours, pour reprendre violemment du! 10 au 12 novembre, avec le concours de la garde prussienne qui livra plusieurs assauts très énergiques, trèsl] meurtriers, et fut décimée par l'artillerie alliée. Les?' troupes anglaises et françaises furent admirables de/i valeur et d'héroïque ténacité^ Le temps devint très': mauvais. La bataille s'éteignit. Elle avait coûté i 300 000 hommes à l'Allemagne. ■ ;

Pendant ce temps, au nord et au sud d'Ypres, les i corps de notre armée d'Urbal avaient repris l'offensive i et livré de nombreux combats pour « donner de l'air » J au saillant d'Ypres. C'est dans l'une de ces luttes, vers \ Drie-Grachten, qu'un zouave, poussé vers nos lignes i avec d'autres prisonniers, pour dissimuler une colonne ; d'assaut allemande qui allait se jeter sur nos troupes» \ sauva les nôtres en leur criant — au risque d'être tué I lui-môme : « Tirez donc, au nom de Dieu! »

Mille autres traits d'héroïsme seraient à citer. Bor- j nons-nous à mentionner le général Moussy, jetant sur ^ les Allemands, qui avaient crevé la ligne anglaise, un détachement formé en toute hâte avec des cuisiniers, des plantons, des ordonnances, des soldats d'escorte... et arrêtant net nos ennemis.

1. Voir l'admirable livre : la Mêlée des Flandres, de Louis Madelin.

REPRISE DE l'offensive ALLEMANDE. 143

Rappelons surtout Tinfluence énergique, heureuse du général Foch sur la marche de ces gros événements qui risquèrent de compromettre gravement la cause des Alliés, la hauteur de caractère de cet homme de guerre éminent, la sérénité, la justesse d'esprit aveclesquelles il a vu clair dans des circonstances difficiles et parfois terribles, la fraternité d'armes à toutes épreuves qu'il a su faire régner entre les Anglais, les Belges et les Français, l'esprit offensif qu'il a réussi à maintenir malgré tout dans nos vaillantes troupes.... Les services qu'il a rendus dans cette période si tragique, à la France, aux Alliés, sont inoubliables. Et depuis, il en a rendu jd'autres, plus grands encore.

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