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LES CANONS, LES MUNITIONS », EN RUSSIE

X'hiver était arrivé, entraînant comme toujours, dans ces contrées, un ralentissement dans les opérations militaires. La Russie se trouvait ainsi avoir

Et

devant elle quelques mois pour parachever, intensifie comme la France et TAngleterre, les grands effor qu'elle avait déjà mis en train pour remédier à ; pénurie de canons, de munitions et surtout de fusil

Elle avait été surprise, comme nous, par la loi >. gueur, la violence des opérations de la guerre, par développement gigantesque et la durée de bataill» i où se^ consomment des profusions inouïes de mue i tions et qui font disparaître brisées, abandonnée h usées, tant d'armes de toutes espèces. Elle n'avai : pas plus que nous, songé à assurer le remplacemoi de cette énorme usure, à prévoir la fabrication, pendai ' la guerre même, des munitions, de Farmcment, c i l'équipement de rechange. Comptant sur son stock d i temps de paix, elle avait laissé enlever par la mobil * sation les ouvriers indispensables à ses usines c I guerre; et elle se trouvait, comme la France, bie-î plus encore que nous, complètement désemparée, ai son stock était plus faible que le nôtre, sa puissance industrielle bien moindre, et dans sa population qiî est surtout paysanne, le nombre des ouvriers éta^ beaucoup plus restreint que dans les pays de l'Ouest « du centre de l'Europe. :

Pour remédier à ces lacunes, la nation russe a fai| preuve d'un admirable patriotisme. Dans toutes 1« provinces, toutes les industries ont été mises à 11 disposition de l'armée et ont produit en abondance <^ l'habillement, de l'équipement, des chaussures, dp véhicules de toutes sortes; mais la chose a moins facile pour les canons, les munitions cl surtof pour les fusils. La Russie a été obligée de recouriri l'étranger et elle n'a pas tardé à trouver de puissant ressources aux États-Unis, au Canada et surtout Japon, qui s'est empressé de lui fournir de nombrei d'excellents canons, avec leurs munitions. L'Angletei et la France l'ont aussi aidée de tout leur pouvoir.

La grande difficulté à vaincre était le transpo^ l'arrivée en Russie de ce matériel. Il n'v avait rien

■ par les voies de terre, pas plus que par la Baltique

a mer Noire, qui étaient bloquées par rennemi.

s les arrivages devaient se faire parTocéan Glacial,

■ar le Pacitique et le chemin de fer transsibérien.

ur Tocéan Glacial, le port d'Arkangel est bloqué par

irlaces une grande partie de Thiver et ne peut être

isé que pendant quelques mois de Tannée. Afin de

'dier à cet énorme inconvénient, la Russie s'est

c d'achever la construction d'une voie ferrée,

1 eliant Pétrograd à la mer Glaciale, au nord-ouest

I l'Arkangel, sur la « côte Mourmane », vers Kola où se

I ait encore sentir le « gulf-stream », et où la mer reste

■' ibre toute Tannée. Cette voie ferrée de salut n'a pu

;tre mise en exploitation qu'à la fin de 1916.

Par contre, sur le Pacifique, le port de Vladivostok

)eut être rendu abordable, tout l'hiver, à l'aide de brise-

i j^laces. En outre, on peut faire intervenir Port-Arthur;

le sorte que, grâce au chemin de fer transsibérien qui

; i été très amélioré, les communications si importantes,

i le la Russie avec le Japon et le Canada, ont pu être

f issurées à toutes les saisons de Tannée.

! En somme, Teffort russe pour Tarmement et les

munitions était en bonne voie, à la fin de 1915, et tout

aisait prévoir qu'au printemps de 1916, dès que Tétat

lu terrain permettrait de reprendre les opérations, nos

alliés se trouveraient dans de bonnes conditions pour

utiliser leur formidable puissance en hommes, en

soldats exercés.

En attendant, le haut commandement austro-allemand profita de ces mois d'inaction forcée, sur le front oriental nord, pour activer les opérations, qui jusque-là avaient traîné en Serbie, dans les Balkans et

Iurquie.

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