‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 48 sur 69 · EN TURQUIE, AUX DARDANELLES — 1914 A OCTOBRE · texte numérisé non relu

EN TURQUIE, AUX DARDANELLES — 1914 A OCTOBRE

Déjà avant la guerre, la Turquie était entre U i mains des Allemands qui y avaient installé une fort i mission militaire, commandée gar le général Lima ^ von Sanders. Elle ne tarda pas à manifester se • hostilité aux Alliés, en achetant les croiseurs allemand i Gœben et Breslaii, et en les envoyant bombardi i des ports russes, sans la rpoindre déclaration c I guerre. Les ambassadeurs des puissances alliées qui I tèrent la Turquie, le 30 octobre 1914. Aussitôt, '. \ général von Sanders fut nommé commandant en ch> i des armées turques et Ton fit circuler en Allemagn \ et chez les neutres, des bruits de formidables opér \ lions turco-allemandes dans le Caucase, en Perse, c i Egypte, dans tout Tlslam.

Ces bravades n'aboutirent à rien. Dans le Caiicas j les Russes prirent le dessus dans de rudes combat i L'expédition d'Egypte fut tentée au commencement c i 1915; elle se termina par la déroute complète du cori ( turco-allemand, qui après avoir traversé le désert c j

OPÉRATIONS DANS LES BALKANS ET EN TURQUIE. l6l

^iriaï, vint se briser contre Tartillerie et les troupes mglo-égyptiennes.

Bientôt, éclatèrent les massacres des Arméniens : les uerîes faites sur place par les gendarmes kurdes, la léportation de troupeaux de femmes, d'enfants, de ieillards, qui jalonnèrent les routes de leurs cadavres, 'abandon de ces malheureux en plein désert, sans lucune ressource.... Ces monstruosités pèseront sur 'Allemagne, qui les a tolérées et peut-être encou- -agées.

Les Alliés ne tardèrent pas à agir énergiquement, nais sans préparation suffisante, contre la Turquie. Ils ommencèrent — du 19 février au 19 mars 1915 — par •ssayer le passage des Dardanelles, à l'aide d'une lotte anglo-française. Les difficultés étaient énormes, ;ar le détroit est bordé, surtout du côté européen, de alaises arides, hérissées de forts puissamment armés, it le chenal était défendu par des mines et des torpilles ncessarament renouvelées.

Plusieurs forts furent écrasés par les canons de la

lotte alliée; les mines furent draguées à maintes

éprises.... Mais les pertes furent très grandes : le

8 mars, quelques navires anglais furent coulés ou

ortement avariés; notre beau cuirassé le Bouvet

\ oula sur une mine flottante, engloutissant la plus

; :rande partie de son équipage; le capitaine de vaisseau

t les officiers périrent dans la catastrophe, debout sur

a passerelle de commandement, en criant : « Vive la

Tance I »

L'opération des Dardanelles fut suspendue, pour

tré reprise avec l'appui d'un corps expéditionnaire

i pérant par terre. Ce corps anglo-français fut rapi-

9 ement formé en Egypte. Débarqué le 25 avril 1915, au

y^ rix de très grosses pertes, il repoussa les attaques des

I 'urcs et s'installa sur une bande étroite, malsaine, à

I extrémité occidentale de la presqu'île de Gallipoli.

I >ientôt, secondé par la flotte, il attaqua, progressa,

^ lais péniblement, devant les Turco-Allemands, et fut

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amené à faire une guerre de siège, lente, méthodique, i entrecoupée de violents et sanglants combats et gênée i par Tétroitesse, Tinsécurité, Tinsalubrité de sa base. \ Les pertes furent considérables. Le commandant de i nos troupes, le vaillant et sympathique général Gouraud, . fut grièvement blessé et remplacé par le général j Bailloud. Et malgré Fénergie du commandant en chef j anglais, sir Hamilton, l'opération traînait, sans autre ^ résultat que de nous coûter beaucoup de monde, lorsque, au mois d'octobre 1915, intervint la poussée î allemande vers les Balkans et la Turquie.

DANS LES BALKANS — d'oCTOBRE A LA FIN DE 1915

A l'automne 1915, tout en résistant dans la presqu'île de Gallipoli, les Turcs réclamaient à l'Allemagne des secours, des canons, des munitions, dont l'envoi était impossible, car la Serbie interceptait la traversée du chemin de fer reliant Vienne à Gonstantinople.

D'un autre côté, l'expédition retentissante de l'empereur Guillaume contre la Russie n'avait pas tenu le.^ promesses de ses débuts, si heureux pour les Allemands, sur la Dunajec. L'armée russe était restée intacte et, désormais commandée directement par le Tsar, elle donnait, de plus en plus, les preuves de sa vitalité, de sa solidité, de son énergie. Le public allemand, qu) avait illuminé, pavoisé, pour tant de victoires, pompeusement annoncées sur les Russes, commençait à s'in quiéter de les voir sans lendemain, d'apprendre l'arrêi des armées qui devaient pousser triomphalement sui Moscou et Pétrograd. Il y avait tout intérêt, pour It haut commandement allemand, à détourner l'attentioi public de ce théâtre, où l'hiver allait interrompre le^ opérations, et à lui faire entrevoir de nouveaux hori zons de conquête et de gloire.

Ce sont là les raisons qui ont décidé l'empereu»

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